Dernière modification le 11/02/2012 à 20h12

Au début du siècle dernier un certain Hörbiger émit une hypothèse renversante, celle des lunes successives. Elle élucide bien des énigmes du passé de notre planète et pourtant on la néglige encore.

Ingénieur de formation, Hans Hörbiger est curieux de tout : inventeur, essayiste, théoricien, ce solide Autrichien émet des hypothèses trop originales pour son époque. Comme il ne fait pas partie du sérail, la science l'ignore encore. Cet esprit fort a pourtant découvert une évidenceLes vérités premières, disait Albert Camus, sont celles que l'on découvre en dernier. De même pour les évidences : il faut du temps et du talent pour les découvrir astronomique : les satellites sont capturés par les planètes, comme les planètes ont été capturées par le soleil.Voir page Ainsi la lune fut un jour détournée de sa trajectoire spatiale et piégée par l'attraction terrestre.
Depuis lors, elle tourne autour de la terre. Mais son orbite ne décrit pas une ellipse, pas tout à fait, car l'attraction terrestre s'exerce toujours sur elle. Le rayon de son orbite va donc en se réduisant, ce qui s'appelle une spirale...Voir page jusqu'au jour où la lune s'écrasera sur le globe. Qu'on se rassure, elle est encore à 370.000 km, il y a de la marge. Mais ça finira par arriver. Peut-être que ça ne sera pas la fin de l'humanité, en tout cas ça sera la fin du quaternaire, notre ère géologique.Quatre ères géologiques ? Aurait-ce un rapport avec les Quatre Ages ou Quatre Yugas ? Voir page
Hörbiger a montré qu'à chaque ère géologique correspondait un satellite différent, dont la chute signait la fin de l'ère en question. Dans la phase finale, la lune se trouve très près de la terre, son attraction se fait sentir sur les marées, qui deviennent des tsunamis, et sur les organismes vivants qui augmentent leur taille. Plus la lune s'approche, plus la pesanteur se réduit, plus ils grandissent. Et s'ils ne sont pas détruits par l'explosion finale, la pesanteur les exterminera.

C'est tout à fait ce qu'on observe en géologie : l'ère précambrienne a connu des végétaux géants, fougères arboricoles, arbres gigantesques, qui ont disparu brutalement. L'ère mézosoïque a connu les dinosaures - et les Cyclopes,Voir page ajouterais-je - qui ont disparu tout aussi brutalement. Enfin l'ère tertiaire a connu les mammifères géants - et les Titans,Voir page ajouterais-je - qui eux aussi ont eu une extinction rapide. Vint la lune quaternaire, qui brille encore au-dessus de nos têtes. Et pour longtemps, souhaitons-le.
Elle n'a pas encore fait de nous des géants, mais ça finira par arriver. En deux générations, on a déjà pris 13 cm en moyenne, et ça ne vient pas des régimes alimentaires.

Revenons sur le processus d'écrasement final. Comment se fait-il que notre planète ait résisté aux impacts de corps énormes comme ces lunes ? Qu'on se rassure, les planètes ne sont pas des autos-tampons. Diverses couches magnétiques et atmosphériques de plus en plus denses protègent la nôtre des chocs frontaux. Avant qu'un satellite ou autre astéroïde ne heurte la terre, il explose en heurtant la ceinture de Van Allen. Ses débris se satellisent à leur tour en formant un anneau comme celui de Saturne.

L'anneau se rapproche ensuite inexorablement et pendant très longtemps des débris plus ou moins gros tombent sur les gens. Les GauloisVoir page ou leurs ancêtres ont connu ça, d'où leur seule peur, celle que le ciel leur tombe sur la tête. C'est arrivé aux dinosaures, ils ont pris très cher : un bon croissant de lune s'est écrasé sur le Yucatan, adieu dinos. Fin du secondaire. Quelques-uns ont survécus tant bien que mal. Mais chaque fois c'est pareil, les survivants de l'ère précédente sont décimés par la pesanteur.
Car bien sûr, quand une lune disparaît, son attraction disparaît aussi, et notre planète restaure une pesanteur que rien ne tempère... jusqu'à ce qu'un nouvel astre errant soit capturé par l'attraction terrestre, et devienne la lune de la nouvelle ère. Et puis ça recommence à n'en plus finir. Jusqu'à ce que la terre elle-même finisse par se jeter dans le soleil, et le soleil dans un trou noir, ce qui ne manquera pas d'arriver aussi. Mais ce n'est pas demain la veille.

Cette spirale universelle,Voir page les anciens l'ont toujours connue. Les antiques VeilleursVoir page guettaient dans le ciel les signes de l'approche lunaire. Ce mouvement ne leur avait pas échappé, sans doute avaient-ils calculé la périodicité des chutes lunaires selon des cycles extrêmement longs, comme ceux du calendrier maya.Voir page La spirale inexorable de l'agonie était gravé sur de nombreux mégalithes. Sous le signe de Tintagel, les labyrinthes sont une leçon d'astrophysique pour nous montrer ce qui nous attend.
Tandis que le monde sombre dans les affres d'une récession programméeVoir page et les soubresauts imprévisibles des tyrannies moribondes,Voir page il est salutaire de garder en mémoire ce que cache le joli visage de la lune : un beau jour, on le verra de si près que les débris de l'alunissage étasunien s'étaleront sans fin sous nos yeux et dans nos cieux, cruel rappel de la déesse pollution qui nous tue. La pleine lune en sera moins romantique. Relax : avant qu'elle nous tombe sur la tête, tout peut très bien péter sous nos pieds...
Le passé, le vrai, nous explique ce qui nous attend. Pour mieux le comprendre, gardons en mémoire cet étrange processus, la captation des lunes et leur spirale descendante. La tradition nous enseigne que l'homme était présent dès l'ère secondaire. Les découvertes que l'archéologie refuse en attestent aussi. Si l'homme a déjà connu trois ères géologiques, il a vécu au moins deux phases de gigantisme bien distinctes, qui pourraient bien être à l'origine de tous ces contes sur les GéantsVoir page de l'âge d'or.

Parfois on se trompe
dans l'analyse d'un événement
parce qu'on reste figé dans le seul point de vue
qui nous semble évident.
Bernard Werber