L'or pur des contes

Dernière modification le 07/02/2010 à 14h18

Les contes de fées de notre enfance bruissent de secrets anciens qui nous éclairent encore

 

Xavier Séguin, poète et scénaristeGalipette a mis sa robe

et du parfum dans ses cheveux

Dans les blés les coccinelles

font leur visite aux coquelicots.

 

(source)Xavier Séguin, Les seize ans de Galipette

 

Humpty Dumpty sat on a wall... Un oeuf qui n'était pas dur Est tombé du haut d'un mur Et toute la gendarmerie, maréchaussée, cavalerie N'ont pu rassembler à neuf Les morceaux de l'oeufCertains mythesVoir L'histoire d'avant l'histoire ont été écrits dans un lointain passé, ce sont tous les textes fondateurs des cultures anciennes, les livres sacrés des différentes religions ; il y sera fait constamment référence dans les pages qui suivent. D'autres mythes se sont transmis oralement sous la forme de contes ou de chansons populaires.  Plus familiers, sous leurs faux airs de rengaines puériles, ils n'en sont pas moins précieux. Quelques-unes de ces antiennes sont si anciennes qu'elles méritent à chaque époque une restauration soigneuse, à laquelle des lignées de conteurs et de conteuses se sont inlassablement consacrées.

La colombe de la paix rame un peu ces temps-ci

 

Les contes de fées sont initiatiques © Tony Diterlizzi -2006Issus d'antiques traditions initiatiques, les contes de fées décrivent des réalités intérieuresVoir L'enseignement soufi qui ne peuvent se transmettre autrement. Tous les contes sont des merveilles de double lecture, avec un contenu initiatique aussi puissant que celui du Tarot. Qu'ils parlent de fées, de géants ou de lutins, qu'ils parlent d'anges ou de djinns, d'oiseaux-rocs ou de dragons, les contes et légendes nous font revivre notre passé. Toute l'astuce consiste à faire ressurgir la vérité déguisée par le mythe.Derrière chaque mythe se cache une vérité, la découverte n'est pas d'hier. Voyez ce qu'en dit Platon en lisant Phaéton

 

Chat Botté chébranIci, la méthode comparative fait merveille. "Les érudits qui se consacrent à l'étude des folklores n'oublient jamais que ces récits doivent être interprétés.  A leurs yeux, ces contes  ne sont pas les produits ingénus et limpides de l'imagination des peuples, mais recouvrent un sens plus profond, quelque signification secrète. Les mythologies de peuples classiques et tout particulièrement des Grecs  font aussi partie du folklore," écrit Velikovsky.Immanuel Velikovsky, Mondes en collision, 1950. Trad. Jardin des Livres, 2003 Comme EliadeMircea Eliade, mythologue roumain, se découvre à vous  dans L'histoire d'avant l'histoire et jadis Platon, Velikovsky avait compris que les mythes et les contes sont de riches filons très exploitables par les historiens, qui pourtant les boudent encore.

 

La Barbe Bleue, vers 1895Les Contes de la Mère l'Oye sont un enseignement initiatique à l'attention des enfants. Ils sont la mère-loi ou  l'amère loi que les enfants devront suivre. Mis sous forme imagée, ces récits fonctionnent sur plusieurs niveaux, dont certains au-delà de la pensée logique, tout comme les histoires soufies.Voir L'enseignement soufi Au-delà des contes, le personnage de l'oie avait jadis une symbolique toute spéciale. L'empreinte de l'oie est celle d'une patte palmée. A ce titre, elle s'apparente à la palme, symbole universel d'excellence. Avant même que les lauriers n'honorent le vainqueur, avoir la palme marquait déjà une forme de maîtrise.

 

Edward Hughes, Midsummer Eve. La nuit du solstice d'été, le 23 juin, le petit Peuple apparaît à ceux qui ont le coeur purLa patte d'oie fut aussi le signe distinctif des Cagots, chez qui elle était le plus souvent jaune, et cousue sur l'épaule... les Nazis n'ont rien inventé ! D'ailleurs, en parlant d'oie, ils défilaient d'un pas spécial appelé le pas de l'oie. La palme de l'oie servit aussi à désigner certain langage codé réservé aux initiés,  la langue des oiseaux, aussi nommé patte-oie, le patois. Au Moyen-Age, le mot "oye" signifiait aussi "entends", qui se prononçait aussi comme "oui" au nord de la Loire. Pour les bâtisseurs des cathédrales, le pied d'oie, pédauque en langue d'oc, était un instrument de mesure et un signe de reconnaissance. La patte d'oie s'apparentera plus tard à la coquille St Jacques, dite aussi mérelle (Mère l'Oye ?).

 

Deux jacquaires, ou pélerins de Compostelle, 17ème siècleSur le chemin des Jacquaires ou pélerins de Compostelle, l'oie se retrouve dans une riche toponymie : Oca, Gansa, Ansa... De plus, le cheminement du pélerin ressemble au parcours du jeu de l'oie. Dans la spiraleVoir Spirale vitale du jeu, le Jacquaire  retrouve les difficultés du voyage, ses récompenses, ses espoirs, l'auberge et... la mort qui renvoie à la case départ ! L'oie est aussi un symbole important pour de très anciens peuples, qui signifie vigilance, prospérité matérielle, mais aussi pureté. L'oie est l'amie d'Aphrodite ; blanche comme la Voie Lactée, elle conduit également à la mort et, par le fait, à la résurrection de l'Esprit.