Crop circles du Wiltshire

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Manifestations de l’énergie sacrée de la Terre ou bien messages extraterrestres, résurgences d’un passé magique ou avertissements mystérieux, les crop circles ne laissent personne indifférent.

Agroglyphes ou cercles de récolte en français, les cropies sont des dessins géométriques souvent circulaires qui se forment d’avril à août dans les champs de céréales du Wiltshire depuis une vingtaine d’années.  Et alors ? Il s’agit d’art, un art éphémère mais très médiatisé, les artistes y gagnent la célébrité pour leurs oeuvres, et la région y gagne des touristes. Mais non, ce serait trop simple. Toute cette affaire est nimbée d’un mystère délicieux et potache comme les petits plats du Barge Inn.

Première circonstance mystérieuse au sein d’une longue liste : les « cropies » se forment de nuit comme de jour, sans qu’il ait jamais été possible de repérer leurs auteurs. 

D’abord marginal et limité au sud de l’Angleterre, le phénomène s’est accentué dans les années 90, et s’est répandu un peu partout dans le monde, sans égaler la production britannique. Chaque été, la célébration du solstice d’été amène dans le Wiltshire des personnages de contes de fées. Et des miracles champêtres ! Au fil des étés, on en a dénombré des dizaines, puis des centaines, jusqu’en Corée ou en Nouvelle Zélande. Leur complexité s’est accentuée dans la même proportion. 

 

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Les plus beaux sont des prouesses géométriques, artistiques et techniques. Ils fleurissent à partir du solstice d’été près d’Avebury et de son cercle de mégalithes, dans le Wiltshire (GB). Et parfois, quand passe le vent du surnaturel dans les blés de Marlborough, d’East Kennet ou d’Alton Barnes, on y croise des pèlerins vraiment mystiques. Non loin de ces hauts lieux se dresse l’imposante machine mégalithique de Stonehenge, où des néo-babas druidiques tiennent les stands de fish and chips.

Mais le visiteur avisé préfèrera, et de loin, la puissante énergie cosmotellurique d’Avebury à celle, faiblarde et polluée, de Stonehenge – le Mont Saint Michel d’outre-Manche, presque aussi fréquenté, très surévalué.

En tout cas, malgré nombre de thèses plus ou moins farfelues, l’origine des crop circles reste inexpliquée. Les néo-babas qui sont nombreux y voient l’oeuvre de sauveurs extra-terrestres. Assis en rond au milieu des cropies, ils lèvent les bras en chantant des hymnes hypnotiques. Ils y sont bien : les vrais crops vibrent autant qu’une église romane.*

 

Chemin aménagé par les visiteurs de crop-circles. Devant, on distingue la forme d'un Les professeurs Nimbus ont chacun leur théorie, ils en débattent dans le cadre haut en couleur de leur quartier général, the Barge Inn, l’Auberge des Barges si bien nommée. L’un d’eux pense que les mégalithes créent des champs électro-magnétiques qui se matérialisent dans les récoltes en y traçant ces formes curieuses. Un autre évoque de mystérieux lits de galets, d’artefacts enfouis sous les champs actuels,  qui laisseraient leur empreinte en surface par un mélange d’ondes de formes et de théorie des champs. Au sens physique du terme, et non au sens agricole ! 

 

Un troisième est frappé par l’apparence informatique des dessins : pour lui, les cropies sont faits par ordinateur. Possible, mais comment l’ordinateur dessine-t-il le motif dans les céréales ? La thèse qui revient le plus souvent, toujours conspuée, est celle d’artistes en herbe. Discrets, mais bien humains.

Shocking ! Pas question d’envisager une origine humaine à ce délire qui anime si bien la région depuis plus de vingt ans. Mais selon un fermier du coin, les crops existent depuis toujours…

Comme en témoignent les grand chevaux blanc des coteaux alentours, dessiner par terre est un sport local depuis le néolithique. Pourquoi s’étonner qu’il se poursuive aujourd’hui sous des formes plus contemporaines ?

 

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Le phénomène crop-circles, ou agroglyphes, n’a pas fini de défrayer la chronique au Royaume-Uni, et d’abord ici dans le Wiltshire où ils sont apparus il y a vingt ans et où personne ne veut admettre leur origine humaine…

Les cropiessurnom affectueux qu’on leur donne dans le Wiltshire ne sont que la résurgence actuelle d’une manie très british, absurde et poétique.« Ces cercles apparaissent dans les champs depuis que je suis gamin. On avait l’habitude de jouer là-dedans, c’était drôle. Ils revenaient presque chaque année. Et maintenant on en fait toute une histoire ! » (source)Le Plan pour Sauver la Terre de Christel Seval

Comme toujours dans ce genre de phénomène très médiatisé, des faussaires sont apparus à plusieurs reprises. Mais leurs réalisations restent de pâles copies des véritables, beaucoup plus soignées.

Et ces dernières n’ont jamais pu être attribuées à quelqu’un ni à quelque chose. Pourtant, voilà des siècles, peut-être même des millénaires que les habitants de ce petit coin du monde ont le goût d’orner leurs collines et leurs pâturages avec de curieux dessins de chevaux le plus souvent, mais aussi d’êtres humains parfois d’une impudeur de bon aloi au temps où les faux-culs sont la majorité. Si cette plaisante habitude existe, pourquoi s’étonner qu’elle prenne à présent une nouvelle forme, celle d’un art éphémère céréalier ?

 

Photo du centre d'un crop-circle au solstice d'été 2008, près d'Avebury. On voit autour du centre les traces qu'une corde aurait pu laisserToutefois, si l’on plante un piquet au centre, en y fixant une corde on pourra dessiner les formes géométriques des cercles. Et la corde laisserait dans les blés, autour du piquet, des traces en étoile comme sur la photo ci-contre, que j’ai prise au centre d’un crop. Mais cette technique délicate demanderait trop de temps, les auteurs seraient vus à chaque fois. Or, comme on l’a dit plus haut, personne n’a vu ni photographié quelqu’un, humain ou martien, occupé à dessiner un cropie. Le rêve peut donc continuer. Il est vrai que si les gens du cru vendaient la mèche, la source de profits viendrait à se tarir.

 

 

Ce qui ne semble pas être le cas, bien au contraire. D’année en année les curieux, les sceptiques et les fidèles se pressent dans les champs mais aussi dans les inns, les campings et les B & B. Le secret est donc bien gardé, Polichinelle y veille.

Pour avoir souvent effectué des relevés, certains crop-circles vibrent très haut sur l’échelle bovis : entre 9000b et 11 000b, ce qui représente un joli score. On objectera que le site d’Avebury et ses environs ont un taux vibratoire assez élevé dans l’ensemble. C’est exact, mais nos mesures ont montré que les autres parties du champ de céréale n’ont pas la même charge, sans parler des imitations, qui vibrent un peu plus bas que le reste du champ. Le sensitif ne peut pas prendre des vessies pour des lanternes.

Ces curieux dessins dans les blés seraient-ils des chakras terrestres artificiels ? En tout cas, ils intéressent beaucoup les militaires.

 

Photographe de cropie. Une drogue dure. Et ce soir, il retrouvera ses potes au Barge Inn« Concernant le processus d’apparition du crop lui-même, des centaines de témoignages et des enregistrements vidéo font état de fameuses « petites boules brillantes » de 30 à 40 cm de diamètre discernables à l’oeil nu et en plein jour, qui apparaissent et se déplacent au-dessus des champs peu avant que n ‘apparaisse un cropie.

En 1990, S. Alexander en a filmé un près d’Alton Barnes. Si le lien entre ces boules blanches et la formation des cropies est aujourd’hui clairement établi, son interaction reste à imaginer.

 

Car il est exceptionnel qu’un témoin voit un cercle se former sous ses yeux. Le scénario est toujours le même : les boules vievoltent au-dessus du champ, puis disparaissent et quelques minutes plus tard, le crop est là. Quelques rares personnes témoignent avoir vu les blés se coucher en spirale en suivant les mouvements tournoyant de ces lumières comme s’ils étaient aspirés par une rafale de vent. » (source)Nexus n°52, sept-oct 2007, p. 51 Par leur taille et par leur comportement, ces boules de lumière évoquent des éclairs en boule.

Seulement voilà, les éclairs ne se manifestent que par temps d’orage. Voire ! On a cité des éclairs frappant très loin du nuage, dans une zone de ciel clair située parfois à plus de 10 km du cumulo-nimbus. D’autre part, qui sait comment se forment les boules de foudre ? Est-ce un phénomène électro-statique qui peut se produire en l’absence d’orage ? Ce qu’on sait sur les boules de foudre, c’est leur apparence de feu blanc, lumineux mais pas éblouissant comme l’éclair.

 

Le chêne des voeux jouxte le sentier qui mène à l'allée couverte de West Kennet, non loin de Silbury<br /><br /><br /><br /><br /><br /><br /><br /> Hill, sur la commune d'Avebury, Wiltshire

 

On connaît aussi leur façon de se déplacer,  erratique, comme guidée par une intelligence. Le géobiologiste suisse Stéphane Cardinaux est d’un autre avis: « Je pense que les boules de lumières que les gens ont aperçu sur les crops sont des Elémentaux. Quels qu’en soient les auteurs, humains, devas ou autres, ces dessins permettent à la Terre de se rééquilibrer et en même temps, celle-ci nous permet d’expérimenter ses énergies. » (source)Nexus n°52, sept-oct 2007, p. 54

A partir d’éléments si peu sûrs, et trop rares, on ne peut rien conclure. Mais il y a là une véritable piste de recherche, et un passionnant sujet d’étude. Hélas, le pays de Descartes, sans doute trop rationnel, est privé de ces fêtes champêtres que donnent les crop circles.  Le même Cardinaux a une autre réponse, pour ça aussi : « Vous n’avez qu’à en commander ! »  Il affirme en effet avoir commandé les crops apparus en 2007 en Suisse, selon des dessins précis qui ont été en grande partie respectés.

Les Suisses sont donc moins rationnels que nous. Mais plus riches.

Si aucun Français n’arrive à « commander » des crops à domicile, consolons-nous : le Wiltshire n’est pas si loin. Et le solstice d’été à Avebury est un rendez-vous à ne pas manquer. On en fait des rencontres chez les barges du Barge-Inn à West Kennett.

 

L'auberge des Barges, East Kennet, Wiltshire : le haut-lieu des   fans de crop-circles

 

Complément d’information, juin 2017 : ça y est ! Nous avons enfin des cercles de culture en France ! un crop-circle a été photographié près de Sancerre

Le hasard n’existe pas. Tout ce qui arrive est voulu.
Bouddha