L’art du trait

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L’art du trait, c’est la somme des connaissances géométriques et physiques permettant de dessiner et d’assembler les charpentes. C’est aussi la base de la connaissance sacrée qui permet de construire selon les lois de la géo-énergie, du vril et de la wouivre.

Les livres vous diront ceci : « L’art du trait est une façon traditionnelle de tracer les bois de charpente et leurs assemblages. » Eugène Viollet-le-Ducdans l’article : Trait (art du) de son Dictionnaire raisonné de l’architecture française du XIe au XVIe siècle, estime que le trait de charpenterie fut élaboré par les maîtres et les compagnons charpentiers à la fin du XIIe siècle, sur les grands chantiers de France, en même temps que la stéréotomie, qui est l’art du trait de la pierre, était inventée par les appareilleurs, maîtres tailleurs de pierre.

Ajoutons qu’en 2009 l’UNESCO a inscrit « la tradition du tracé dans la charpente française » sur la liste représentative du patrimoine culturel immatériel de l’humanité. (source)Wikipedia

 

viollet-le-duc-caricature-flickr-200poContrairement aux spéculations de Viollet-le-Duc, l’art du traitou la stéréotomie sa soeur jumelle  n’a pas été inventé au Moyen Age. Il participe d’un savoir-faire qui remonte aux antiques bâtisseurs des mégalithes, dolmens ou menhirs, qui couvraient jadis la terre occidentale.

Les dolmens à chambres, comme celui de la Roche aux Fées en Ille et Villaine, font circuler les énergies exactement comme dans les églises romanes : on y retrouve le narthex, la nef, et les chapelles latérales ou rayonnantes, comme dans les églises gothiques. 

 

La grande différence ne repose pas sur la façon de traiter l’énergie, identique dans les deux cas, mais dans la façon d’assembler les pierres, le propos même de la stéréotomie.ou art du trait pour le bois 

 

La Grande Jacquerie, 1378On peut se demander par quel mystère un tel savoir-faire a ressurgi en Occident des millénaires plus tard, au Moyen Age ? Sans doute parce qu’il ne s’est jamais perdu. Cet art fut longtemps l’apanage des Jacques ou cagots, savoir secret qu’ils se transmettaient de grand-père en petit-fils. Les Jacques étaient des maîtres de l’assemblage du bois, ils savaient réaliser les charpentes les plus solides en choisissant les meilleurs essences et en y taillant les meilleurs poutres. Ils savaient aussi – et surtout – comment tailler les différentes pierres, ils maîtrisaient la magie secrète des polarités et l’art subtil de l’assemblage.

 

Pour eux la maçonnerie ne se limitait pas à empiler des parpaings ou à couler du béton, comme aujourd’hui.

C’était savoir faire chanter les pierres, les rendre conductrices et dociles, savoir apparier les pierres amoureuses ou faire s’affronter les orgueilleuses, tirer leur secrète essence et déployer leur énergie.  Les pierres s’épanchent aux mains de ceux qui savent les parer. Les enfants de Maître Jacques ont soigneusement transmis cette connaissance à travers les siècles, voire les millénaires. 

S’il s’agit bel et bien d’une technique particulière de dessin et d’assemblage, c’est aussi un savoir plus ancien encore, et qui touche à la transmission de la géo-énergie. Pour bien entendre la langue des oisons, la langue des jars, la belle langue verte des enfants de Maître Jacques, il faut avoir l’oreille sensible aux contes de la Mère l’Oie. Le mot « trait » a de nombreuses significations dans notre langue, et il n’a pas été choisi ici par hasard – d’autant que le hasard, comme chacun sait, n’existe pas.

Le trait chez les Anciens, c’est d’abord la flèche décochée vers une cible, vivante ou non. C’est l’art de viser et d’atteindre son but. En architecture sacrée, le trait est l’effet reçu par le néophyte quand il entre en contact avec les énergies des voûtes et des piles. La pile, ou pilier, est constituée d’un empilage de pierres à polarité alternée, afin de transmettre l’énergie vril.

Parfois, comme dans le choeur de l’église Saint Pierre de Montmartre à Paris, le pilier est monolithe, c’est à dire constitué d’une seule pierre. Les règles de polarité alternée, dans ce cas, se retrouveront avec la base et le chapiteau.

 

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Le trait, c’est aussi l’action de traîner, de tirer à soi. Les bêtes de trait sont celles qui tirent les chariots. L’art du trait des Jacques, c’est aussi l’art de tirer de la pierre ses plus belles harmoniques.

C’est tirer vers le haut l’assemblée des fidèles grâce à l’effet de voûte, effet induit par la forme des pierres, et par leur conductivité soigneusement restituée par le bâtisseur sacré. Comme le cheval de trait transporte une calèche ou un omnibus, la nef emporte dans les cieux l’assemblée ravie des fidèles. C’est par cet effet de l’art du trait que chacun, pour peu qu’il soit sensitif, reçoit la sérénité et la joie intérieure par sa simple présence dans la nef.

L’art du trait, ou de la traite, c’est encore l’art de traire, c’est soutirer le lait nourricier. L’expérience des maîtres Jacques est un recueil des mille et un secrets qui permettent de traire la mémoire des pierres, de leur faire rendre l’énergie tellurique dont elles sont dépositrices, afin de têter jusqu’à la dernière goutte la lumière de la connaissance.

Voilà quelques exemples du bon usage de la langue des oisons, des jeunes oies et jars, et non pas des oiseaux comme on l’a trop écrit. Souhaitons qu’ils vous aient permis de pénétrer les arcanes de la construction sacrée.

Il existe bien des méthodes pour s’approprier ces techniques antiques. J’en connais quelques-unes. Plusieurs d’entre vous auront la chance d’en apprendre ici ou là. D’autres possèdent déjà ce savoir, profondément engrammé dans leur inconscient et tout prêt à servir. A ceux-là, je souhaite bonne chance. Le monde qui vient a grand besoin de leurs talents.

 

Deux hommes regardaient par les barreaux de leur prison. L’un vit la boue, l’autre les étoiles.
Idries Shah