Dernière modification le 11/02/2012 à 22h52

Les anciennes mythologies, unanimes, décrivent nos origines comme l'âge d'orVoir page des bons géants, créateurs et instructeurs des hommes. Si instruits, si puissants et si aimables qu'on les a appelé des dieux.Voir page
Quand la Bible nous dit que les dieux géants nous ont créés à leur image, c'est la vérité. Mais ce qu'elle omet de dire, c'est que l'image n'est pas la taille. Les bons géants nous ont voulu plus petits qu'eux. Beaucoup plus petits. A cause de la pesanteur énorme qui allait arriver et les condamner.Voir page Pendant l'âge d'argent,Voir page quelques géants sont toujours là, mais ce ne sont plus les dieux bons, instructeurs des hommes. Affaiblis par une pesanteur qui leur est insupportable, ils ne se préoccupent plus que de leur survie.
La Bible a raison quand elle affirme qu'ils nous ont créés à leur image. Ils voulaient survivre à travers nous. Ils nous ont fait à leur ressemblance exacte, mais en beaucoup plus petits : afin que nous soyons mieux adaptés qu'eux à l'ère qui commençait... En effet, nous avons comment les lunes successives,Voir page en se rapprochant de la terre, ont causé des phénomènes de gigantisme. Après l'écrasement, les géants survivants font peine à voir.
Ils deviennent vindicatifs, maladroits. Leurs gestes sont ralentis. Leur coeur n'arrive plus à envoyer du sang jusque dans les extrémités de leurs grands corps. On sait que la girafe, pour pallier ce phénomène, a un deuxième coeur à mi-cou qui sert de relais indispensable pour une bonne oxygénation du cerveau. Mais la girafe a eu tout le temps d'évoluer, tandis que nos géants, frappés par la chute de leur lune et l'irruption soudaine d'une pesanteur inconcevable, n'ont eu que le temps de se terrer dans des cavernes.
Sauf qu'ils avaient vu venir le coup.Voir page Dans leurs labos de génétique,Voir page ils avaient conçu une espèce nouvelle pour leur succéder, une espèce dont la petite taille serait parfaitement adaptée à la future pesanteur. C'est ainsi que ces géants prévoyants sont devenus les archétypes de nos dieux.Voir page De braves types, géants par la taille et par la science. Par la suite, hélas, sans la lune pour équilibrer la gravité terrestre, ils ont dégénérés au fond de leurs cavernes.

Ils ont fini somnolents, poussant ça et là des grognements pour entretenir la terreur. Sans les hommes, les géants décatis seraient morts de faim. Il leur fallait de grandes quantités de protéines... Ils ont instauré une règle - cruelle pour les hommes, mais vitale pour eux - la loi du sacrifice humain. Les dieux ont toujours faim... Nombreux sont les contes où les humains doivent nourrir ces ogres en leur offrant jeunes gens et jeunes filles vivantes. King-Kong est la résurgence moderne de ces vieux mythes.
Ces dieux qui deviennent méchants comme des teignes, tapis dans des cavernes profondes, sont sans doute l'archétype des démons aux enfers, ces anges déchus de la Bible ou dieux déchus de Sumer. S'il y a Dieu et le Diable, c'est parce que les géants si bons ont pu devenir si mauvais. Le problème du Bien et du Mal trouve ici son origine. La morale, c'est que les dieux n'ont pas supporté la gravité. Ils en sont morts, les pauvres diables.

La mythologie grecque nous en montre un fameux, le Minotaure, terré au bout de son labyrinthe. Notez que le mythe est généreux, il nous présente à la fois le géant déchu et la cause de sa déchéance : la spirale du labyrinthe est celle de la lune défunte, qui scella son triste destin. Le roi géant débonnaire est devenu un mangeur d'hommes. La fatigue de la pesanteur impose aux dieux d'avant un comportement gauche, ralenti, tel celui du cyclope Polyphème en face d'Ulysse.
On se souvient en effet avec quelle facilité le rusé Ulysse parvient à échapper, avec tout son équipage, à la poigne de Polyphème le cyclope maladroit. Polyphème, nous dit Homère, appartient à la dernière génération des Cyclopes, des bergers qui se nourissaient de chair humaine à l'occasion. Tandis que leurs ancêtres, les premiers Cyclopes, étaient les maîtres de la foudreVoir page et de la forge, des dieux bons, favorables aux hommes et alliés de Zeus. Le déclin est clair.
Sur ce point encore, la mythologie grecque s'accorde avec la thèse de Hörbiger.Elle a été exposée par Denis Saurat dans L'Atlantide et le règne des géants qui m'a inspiré cet article. Elle va nous faire de l'usage... Avec elle, tant d'énigmes trouvent une réponse, et tant de mythes modernes : Superman, les super héros des comix et des mangas, le Surhomme de Nietzsche, Gargantua de Rabelais, Gulliver de Swift, autant de souvenirs nostalgiques des super géants de l'âge d'or...

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Serge Gainsbourg