Niveau 1 : La loi d'oubli

L'Or du Temple

Dernière modification le 09/05/2010 à 22h07

Croisés et templiers, par Pierre Joubert

"Non nobis, domine, non nobis sed nomini tuo da gloriam" (?)"Pas pour nous, seigneur, pas pour nous mais pour la gloire de ton nom", telle était la devise des Templiers


Urbain II prêche la croisade devant les prélats et les rois d'EuropeIl y a mille ans, les pèlerins se pressaient en nombre sur les routes et les chemins d'Europe. La grande peur de l'An Mille avait boosté leur dévotion. Ils allaient à Compostelle, à Rome, et surtout en Terre Sainte. Les routes d'orient étant peu sûres, il ne se passait pas de mois sans que des pèlerins soient dépouillés sinon tués par les Maures. Aussi, dès 1095, le pape prêcha la première croisade.  Urbain II demanda aux chrétiens d'occident de prendre les armes pour porter secours aux chrétiens d'orient.

Election de Godefroy de Bouillon au titre d'Avoué du Saint-Sépulcre en 1099Au cri de "Dieu le veut !" tous ceux qui prirent part à la croisade furent marqués par le signe de la croix, devenant ainsi les croisés. Le 15 juillet 1099, sous la conduite de Godefroy de Bouillon, les troupes chrétiennes prenaient Jérusalem. Acclamé par ses pairs comme le roi de Jérusalem, Godefroy de Bouillon prit possession du Saint-Sépulcre. Quelques gens d'armes se mirent alors au service du patriarche pour assurer sa sécurité. Bientôt le besoin se fit sentir d'une milice armée qui protégerait les pèlerins.

 

Sceau de la Milice du Christ

 

Hugues de Payns, fondateur et premier Grand Maître de l'Ordre du TempleAinsi naquit la milice du Christ, première version de l'ordre du Temple. Elle prit ses quartiers dans les bâtiments du Temple de SalomonCe grand roi possédait, dit-on, des engins volants. Voir Les trônes de Salomon à Jérusalem. Autour de Hugues de Payns, elle rassemblait sept valeureux chevaliers qui avaient nom Geoffroy de St-Omer, André de Montbard, Payen de Montdidier, Geoffroy Brisol de Frameries, Rolland de Provence, Archambault de Saint-Amand et le mystérieux Gondemare. Grâce à des contacts mauresques, Gondemare fit une folle découverte.

Papyrus copteUn érudit de ses amis lui remit une liasse de papyrus où des textes étaient rédigés en copte et en grec. A l'époque, la noblesse parlait latin et lisait couramment le grec. Les Chevaliers n'échappaient pas à cette règle.  Certes, l'antique calligraphie les rebuta un peu, mais le texte était trop captivant. Ils déchiffrèrent avec passion des récits de voyages sur des routes maritimes oubliées, vers un lointain continent où l'or, l'argent et les pierres précieuses se récoltaient à foison.

Carte marine de l'océan atlantique, aux environs de 1500.Jointe aux parchemins, ils déroulèrent une peau de mouton où était peinte une carte marine. Une véritable carte aux trésors. L'océan Atlantique y présentait ses deux rives, la route des Alizées y était bien indiquée, jalonnées de roses des vents aux changements de caps. Sur le continent d'en face, on voyait les emplacements de mines d'argent et de pierres précieuses. Les Chevaliers avaient lu Platon, ses dialogues fascinants du Timée et du Critias. Ce continent de Cocagne serait-il l'Atlantide du philosophe ?

Un "pauvre chevalier" déguenillé, de retour d'une mission en terre sarrasineLes chevaliers n'étaient pas intéressés par les richesses. C'est l'aventure et l'excitation de la découverte pour la gloire du Christ qui les grisaient secrètement. Pour l'heure, ils avaient d'autres urgences. Leur nombre était insuffisant, il fallait transformer leur milice en ordre religieux. Bernard de Clairvaux, le futur Saint Bernard, plaida leur cause auprès du pape, qui prit les Chevaliers sous sa protection directe. En 1129, le Concile de Troyes entérina la création d'une congrégation anti-charitable et surréaliste : des moines-chevaliers.

 

Les Pauvres Chevaliers du Christ et du Temple de Salomon taillaient en pièces dans la journée, pansaient les blessures le soir, et la nuit priaient pour le salut des âmes de leurs victimes.

 

Une bataille entre Templiers et Sarrasins



Navires marchands amarrés dans un port au 14e siècle.Les Chevaliers du Temple servaient aussi d'escorte et d'organisateurs de voyage pour les pèlerins, devenant les premiers G.O. de l'histoire de France. On pouvait les reconnaître de loin à leurs blancs manteaux frappés de la croix pattée rouge. Quand les pèlerins voyaient surgir de la poussière ces silhouettes familières, ils se savaient sauvés. Bientôt les Blancs-Manteaux possédèrent une flotte de navires marchands qui servaient aussi bien au transport des pèlerins que des marchandises.

La première croisade, dirigée par Godefroy de BouillonTout au long de la route terrestre ou maritime, à chaque halte, à chaque escale, il se trouva bientôt une commanderie templière, veillant à la sécurité des pèlerins, leur dispensant gîte et couvert, et même, au besoin, regarnissant leur bourse en bons écus sonnants et trébuchants. Comme les Templiers étaient implantés dans toute l'Europe, chaque pèlerin, avant de partir, avait soin de se rendre à la commanderie la plus proche, d'y verser une certaine somme, pour recevoir en échange un billet à ordre valable dans n'importe quelle templerie d'occident ou d'orient.

Chantier de construction d'une cathédrale médiévaleCes "chèques de voyage" épargnant le risque d'emporter de l'or, ils connurent vite un vif succès. Sur cette idée toute simple s'édifia le colossal empire du Temple, et se constitua son fameux trésor perdu. C'est ainsi que sans y songer, les Templiers ont inventé la banque. Ils furent aussi des bâtisseurs, et sur quelle échelle ! Sous leur impulsion, l'Europe se couvrait d'un blanc manteau de chapelles, d'églises, de commanderies, de basiliques et de cathédrales qui marqueront à jamais le paysage européen. Financés par l'argent du Temple s'ouvraient d'innombrables chantiers.

Compagnons sculpteurs, vitrail du 13e siècleLe 12e et le 13e siècles furent une véritable pré-renaissance des arts, ingénieries et artisanats ; cette lumineuse époque fut surnommée le printemps des cathédrales.Voir Le Printemps des cathédrales Besace au bout d'un bâton, outils en bandoulière, les compagnons maçons, charpentiers ou imagiers allaient de ville en ville, de chantier en chantier. Chaque chantier rassemblait de quelques dizaines à plusieurs milliers de compagnons. Ce qui fut un des plus grands chantiers d'Europe était d'abord une école traditionnelle de construction sacrée.

 

Compagnons maçons, vitrail du 13e siècleCar les compagnons, sous l'influence de la spiritualité templière, ont redécouvert par-delà les millénaires l'antique science mégalithique de la construction sacrée. Ils ont retrouvé l'art de bâtir avec l'énergie,Voir La géo-énergie l'art de canaliser dans la pierre les forces cosmo-telluriques,Voir L'oeil du labyrinthe l'art de changer le verre en lumière et la pierre en prière. Mais pour construire toutes ces nefs de pierre, il leur fallait toujours plus d'argent. Quoique confortables, leurs bénéfices bancaires joints aux dons des fidèles ne suffisaient plus à financer l'ampleur de l'entreprise.

Dans le Tarot de Marseille, l'arcane Le Mat est l'excuse du tarot moderne. Elle ne porte pas de numéro.Il n'est pas exagéré de dire que toute l'Europe était en chantier. Ce ne sont pas seulement des édifices religieux, ce sont aussi des ponts carrossables, des routes empierrées, semées de commanderies et de templeries autour desquelles se développent des bourgs prospères. Sur ces routes, les Chevaliers font la police. Ils ont aussi bâti des ports où leur flotte s'étoffe. Trois ports sur la Méditerranée pour desservir l'Orient, un port en Normandie pour desservir l'Angleterre. Mais à quoi leur sert leur plus beau port, celui vers lequel converge le plus grand nombre de voies templières ? A quoi leur sert La Rochelle ?

Templier en armes, fin du 12e siècleLes premiers fondateurs avaient dans ce port la flottille la plus nombreuse. A l'aide de la carte en peau de mouton, ils avaient réouvert la route transatlantique,Réouvert, car ce n'était pas la première fois, loin de là ! Voir L'empire en miettes ils avaient débarqué en Amérique, où les indigènes les avaient pris pour des dieux. La situation est récurrenteVoir Les Plumes du Serpent dans l'histoire… Sans vergogne, pour la plus grande gloire de Dieu, les Chevaliers du Temple ont montés des exploitations minières au MexiqueVoir Méso-Amérique et dans les Andes. (source) Bientôt les premiers gallions chargés d'or et de pierres précieuses ont fait route vers la Rochelle.  À la tête d'une fortune incalculable, le Temple devint la première puissance européenne… (suite)Cliquez sur +

 

L'Orient et l'Occident des Templiers. Il y manque l'extrême-occident…