Niveau 2 : Les Dieux d'avant

René Guénon

Dernière modification le 19/01/2012 à 16h10

René Guénon entre deux âges devant 20.000 nudistes à Mexico. Pourquoi pas ?

 

Course au profit, dettes souveraines, 7 milliards d'humains sur terre, encore plus d'impôts, toujours plus de pauvres, plus de famines et de malnutrition, plus de pollution, plus de catastrophes...

 

Plat thon, euh non, Platon. Gaffe à l'orthographe, tout de même, c'est vrai, ça la fout mal.Nous vivons sous le règne de la quantité, dit René Guénon.Voir aussi Le Roi du Monde, titre d'un autre de ses ouvrages C'est même devenu une dictature. Le nombre est roi, l'Unique est noyé sous le nombre... On ne dit pas "c'est beau" mais "combien ça coûte ?"  On a des chiffres plein la tête et des calculs plein les reins.lol La quantité a tout enseveli. De gré ou de force, nous devons en accepter le protocole et les édits régaliens. Merci papy Platon,Voir L'Atlantide de Platon merci tonton Descartes,Voir René Descartes eux par qui toute cette triste affaire a jadis commencé. Et c'est pas demain la veille d'en voir la fin.

 

 

 

René Guénon au Caire,   un Français soufi…Guénon est un chercheur de vérité du siècle dernier. Son parcours atypique l'a mené vers l'Inde et le Shivaïsme, comme son contemporain Alain Daniélou,Voir L'âge d'or et plus tard vers le soufisme et la pratique du dénuement,Voir Simplicité volontaire au Caire, sous le nom de Abdul Whalid Yayhia.Voir le sort comparable de Cat Stevens dans Cat Stevens René Guénon, au départ, est un universitaire comme Henri Bergson et Jacques Maritain ; on mesure l'importance de son arrachement et de sa révolution intime. Adversaire de la rigidité cartésienne, Guénon dénonce avec brio la dictature des chiffres.

 

René Guénon en 1932, illustration de Stéphane KervorL'agricultureVoir Il y a 12.000 ans a fait son apparition, nous disent les scientifiques concernés, il y a 10.000 ans en Mésopotamie. Non, répondent d'autres scientifiques, tout aussi concernés. C'était il y a 12.000 ans en Egypte. Tandis que des scientifiques non-alignés soutiennent qu'elle est apparue bien avant ! Difficile de trancher entre ces écoles et leurs émules. Si le fanatisme s'en mêle, le choix est encore plus épineux. Au fait, pourquoi daterVoir René Descartes? Pourquoi chiffrer ?

 

Platon vu par   Raphaël, le divin peintre au nom d'archangeCalculettomanie, quand tu nous tiens ! "Une belle maison", c'est moins parlant que "une maison à 5 millions €" (source) Ce penchant hérité du scientisme a gagné peu à peu toutes les sphères de l'activité humaine, polluant nos joies et nos peines, calquant nos pensées sur la logique binaire de nos pc. Pour Guénon, le règne de la quantité a été instauré par Platon, encore lui ! Avec sa célèbre sentence "Dieu géométrise toujours", l'incontournable Platon a mis la création entière sous le signe du nombre, et pour longtemps.

 

 Descartes aurait fait la pute dans le Quartier Rouge d'Amsterdam. On ne prête qu'aux riches...«Descartes,Voir page qui se trouve au point de départ d'une bonne partie des conceptions philosophiques et scientifiques spécifiquement modernes, a voulu définir la matière par l'étendue, et faire de cette définition même le principe d'une physique quantitative. » Ce n'était pas encore du matérialisme, c'était du moins du mécanisme ; « c'est l'étendue qui, étant directement inhérente à la matière, représente le mode fondamental de la quantité. » (source)

 

 

Nous vivons sous le règne de la quantité, dit René Guénon

 

Numéros gagnants, pipo obsédant, cocus pour longtempsLa quantité s'oppose à la qualité. La vision quantitative du monde et des êtres, qu'ils soient des groupes humains ou des espèces animales, s'oppose à une gestion qualitative de ces mêmes groupes. En d'autres termes, tant que nous ne serons que des numéros pour la Sécu, comment s'étonner qu'elle ait un tel trou ? La médecine occidentale est devenue mondiale ; avec sa copine la pharmacie, elles font couler des niagaras de dollars dans les poches de leurs actionnaires.

 

Courbes de températureLeurs caisses sont branchées sur la Sécu, dont elles augmentent chaque jour un peu plus le trou.  Et pas seulement chez nous, mais partout. Honoraires, posologies, dosages, calculs, courbes de température, analyses, effectifs, budget, déficit, impôts, voilà le règne de la quantité. Notre médecine tient dans des chiffres. A l'opposé, les médecines traditionnelles comme les médecines douces alternatives privilégient le patient, qui pour une fois passe avant les labos, et son mieux-être avant la rentabilité.

 

La liberté passe par la nudité. Pour contrebalancer l'effet "voile islamique", voici une revendication qui ne manque pas de toupet.Les grands anciens privilégiaient le qualitatif. Notre monde dit moderne se caractérise par le nombre de la population planétaire, très élevé, sans doute trop. Chacun étouffe, y perd sa culture et son identité. L'individu se noie dans la masse. Pour tenter d'exister, il court après son quart d'heure de gloire médiatique avant de retrouver une solitude d'autant plus effroyable au milieu de la foule. Des milliards de solitaires écrasés par la loi du nombre. Et combien d'assoiffés d'azur ?

 

Cours tout nu, mais   les policemen de sa Majesté courent plus vite.« Nous venons de dire que l'individu se perd dans la masse ; cette confusion dans la multiplicité quantitative correspond encore, par inversion, à la fusion dans l'unité principielle. » L'auteur veut parler de l'éveil,Voir page qu'il tient pour la seule quête digne de nous. Dans la fusion cosmique de l'éveil « l'être possède toute la plénitude de ses possibilités, le qualitatif y est porté à son suprême degré, en même temps que toute séparation a disparu ; dans la quantité pure, au contraire, la séparation est à son maximum. »  (source)

 

Eckhart von Hochheim, dit Maître EckhartLa fusion sans la confusion est le plus fabuleux état où l'être, dans ce monde de matière, puisse accéder. C'est le sens de l'expression d'Eckhart,Eckhart von Hochheim, dit Maître Eckhart, (1260 - 1327) est un spirituel, théologien et philosophe dominicain "fondu mais non confondu". La fusion dans l'unité principielle, qui est selon Guénon le but de toute destinée humaine, ne prive pas l'être de sa distinctivité. Fusion n'est pas confusion. Certains auteurs, voire certains éveillés comme le regretté Stephen Jourdain,De son propre aveu "éveillé par ses propres moyens, mais non initié" ont éprouvé cette distinction capitale, sans toutefois la comprendre vraiment.

 

Le regretté Stephen   JourdainL'éveil serait sans intérêt si l'être se confondait avec l'unité. Jourdain en a conclu que l'éveil ne vaut rien sans l'ego. Faux ! Il confondait l'ego et l'être, ce qui est dommage. L'Esprit est une composante de l'être. L'ego sert à nous construire dans ce plan de réalité. Quand il a fini son boulot, il doit s'effacer devant l'Esprit, infiniment plus puissant que lui. Car l'ego oeuvre dans la séparation, tandis que l'Esprit oeuvre dans l'unification. Non, M. Jourdain, l'être n'est pas soluble dans l'Esprit. Mais là où vous êtes, vous l'avez sans doute compris.

 

 

Oiseau de paradis

 

 


Henri Corbin, disciple de René GuénonL'Orient désigne le monde spirituel
où se lève le pur soleil intelligible,
et les Orientaux sont ceux dont la demeure intérieure

reçoit les feux de cette éternelle aurore.

Henri CorbinSpécialiste de l'islam, disciple de René Guénon