Dernière modification le 25/01/2012 à 12h15

Depuis toujours, les civilisations se sont développées sur le littoral. Nos premiers ancêtres, n'en doutons pas, étaient des marins. La fameuse Atlantide elle-même était un empire maritime, que la montée des eaux a submergé dès la fin du dernier âge glaciaire.
Il y a dix ou douze mille ans, en effet, le niveau des mers s'est mis à monter rapidement : 130 mètres en l'espace de quelques millénaires. Bien sûr, cette montée n'a pas été régulière. Dans maints endroits, la rupture de digues naturelles a provoqué des déluges locaux qui ont marqué les mémoires et qu'on retrouve dans les légendes. On ne peut rien faire contre la montée des eaux. Quand les digues ne suffisent plus à endiguer le flot, il faut bien abandonner la terre à l'océan.
Au fil des siècles, ceux du bord de mer ont dû maintes fois renoncer à leur terre ancestrale avalée par la mer salée. Le traumatisme fut terrible et durable. Pourtant vieille de plusieurs milliers d'années, le souvenir de cette inexorable montée des eaux trouve encore des échos dans de nombreuses légendes de nos côtes atlantiques, qui attestent l'antique présence de cités englouties. "Des quantités de villes côtières furent submergées récemment,
tel que la ville d'Ys dans le golfe du MorbihanL'auteur confond Ys au large de Douarnenez dans le Finistère avec une autre cité engloutie dans le golfe du Morbihan... Quelle importance ? Les villes englouties, justement, sont légions ou celle de Tartessos à l'embouchure du Guadalquivir.

On peut y ajouter la fameuse et opulente cité de Dorestad en Hollande, qui disparut sous les flots en l'an 864 de notre ère, ou bien Vinéta sur la Baltique, qui fut fondée en 950 et submergée par un raz de marée en l'an 1100. On peut également citer le site archéologique de Halieis, petit port du Péloponnèse, au large duquel on a découvert sous dix mètres d'eau une cité grecque très ancienne datée de 5600 ans, à une époque où il n'y avait pas encore de Grecs, mais des Crétois ou des Mycéniens." (source)Maurice Chatelain, A la recherche de nos ancêtres cosmiques, 1978
En Bretagne, les villes englouties sont innombrables et fleurissent nombre de contes et de chansons traditionnelles. Chaque région côtière a ses souvenirs de chers disparus, à l'aube du monde, dans des terres lointaines qui sont maintenant le fond de leur baie. Les Morbihanais se souviennent de la première Gwened, Ville Blanche, désormais au fond du Golfe. Les Finistériens se souviennent de la ville d'Ys au large de Douarnenez, dans la farouche baie des Trépassés.

Ornée d'une pyramide tronquée, la cité d'Ys était la seconde capitale des Tuatha.
Elle gît sous la mer d'Iroise à quelques encâblures d'Ouessant. Les Costarmoricains se souviennent de la cité de Nazado, engloutie au large d'Erquy, qui n'était alors qu'un hameau minuscule, destiné à devenir quelques millénaires plus tard le port romain de Reginea. Vers 6000 BP Nazado était une puissante cité néolithique construite autour d'une grande pyramide blanche. Elle était située sur la rive sud de l'estuaire d'un gigantesque fleuve à une vingtaine de kilomètres au nord de Guernesey.
Ce méga-fleuve a trouvé son lit définitif vers 8000 BP, lors de la grande déglaciation du Würm, et ce lit est la Manche actuelle. Avant la montée des eaux, le grand fleuve avait pour affluents majeurs la Seine, la Tamise, le Rhin, la Somme et la Solent. Il se jetait dans l'Atlantique entre Brest et l'Irlande. Près de son embouchure à la pointe sud de l'Angleterre s'élevaient quelques promontoires, les îles Cassirétides des Celtes, aujourd'hui noyées au large des îles Scilly ou Sorlingues.

Ce secteur a lui aussi connu de graves bouleversements. "Les îles Cassirétides, qui fournissaient en étain la plupart des fondeurs de bronze de la Méditerranée, s'effondrèrent dans les flots il y a au moins cinq mille ans, et la pointe de Cornouailles, où se trouvaient jadis la ville de Dunwich, s'enfonce lentement sous les eaux depuis des milliers d'années. Dans cette région, les pêcheurs remontent souvent des ossements humains ou animaux, des débris de maisons et même des arbres entiers.

D'après les auteurs antiques Pline et Ptolémée, d'autres îles Cassirétides se trouvaient jadis à une centaine de kilomètres au large de la pointe nord-ouest de la péninsule ibérique, ce qui n'est d'ailleurs pas invraisemblable car on a retrouvé plusieurs sea mounts dans ce secteur." (source)Maurice Chatelain, A la recherche de nos ancêtres cosmiques, 1978 Le terme anglais de sea mount désigne une montagne sous-marine, vestige possible d'une île ancienne. Il faut savoir que de nombreux sea mounts parsèment l'atlantique nord, qui peuvent évoquer les vestiges d'anciennes îles atlantes...
"D'après Strabon, il existait deux îles appelées Héra et Gadir à environ cent kilomètres à l'ouest du détroit de Gibraltar. Elles ont disparu aussi, mais il existe encore des sea mounts à cet endroit.

Le célèbre port de Tartessos, à l'embouchure du Guadalquivir en Espagne, a disparu également, ce qui n'a rien de surprenant quand on se souvient du tremblement de terre de Lisbonne en 1775 qui rasa complètement la ville en faisant plus de cinquante mille victimes, et fit disparaître le port dans un abîme sans fond. Il se peut que les ruines de Tartessos se trouvent maintenant à plus de 100 kilomètres au large, au bord du plateau continental de l'Espagne.
On pense maintenant que toutes les îles décrites dans les textes anciens, et considérées jusqu'ici comme imaginaires, ont réellement existé dans un passé récent avant de s'enfoncer lentement dans les flots. Et ce sont précisément toutes ces îles qui pourraient nous fournir les renseignements les plus anciens sur nos ancêtres lointains, cosmiques ou non, et sur les origines de notre civilisation" (source)Maurice Chatelain, A la recherche de nos ancêtres cosmiques, 1978 Comme par un fait exprès, toutes les preuves archéologiques sont à l'eau. Et pas seulement chez nous !
Sur les cinq continents, des cités englouties témoignent de la montée des eaux, phénomène que tant de traditions nomment le Déluge. Ainsi, la pyramide sous-marine de Yonaguni au Japon pourrait appartenir à l'empire englouti de Mù,Voir page comme les cités englouties de l'Inde pourraient être des reliques de l'antique empire de Rama.Voir page L'archéologie sous-marine a obtenu durant les dernières décennies des avancées spectaculaires et des résultats prodigieux, même si certains universitaires les contestent.
Bientôt l'évidence s'imposera même aux historiens. L'accumulation des ruines, de plus en plus anciennes, de plus en plus magnifiques,Voir page confortera une vision plus juste de nos origines. Nous venons de loin. De très loin. Et ceux qui nous ont précédés en savaient beaucoup plus long que nous. Nous les avons oubliésVoir page comme on nous oubliera.Voir page
