Dernière modification le 17/02/2012 à 16h28

La mythologie grecque nous raconte d'étranges histoires, qui toutes ont un fond de vrai. La plus fabuleuse est sans doute l'histoire de la création de l'Homme.
Pour les anciens Grecs, l'Homme a été créé par Prométhée, un Titan, neveu de Zeus, dont le nom veut dire Dieu. Nous avons déjà conté cet épisode.Voir page Sauf que ProméthéeVoir page ne voulait surtout pas se fabriquer un alter-ego. Il voulait un serviteur, un esclave. Alors pourquoi l'embarasser d'une âme ? Cette créature servile n'en aurait nul besoin... Mais là, coup de bol, une déesse intervient. Dans la mythologie sumérienne,Voir page elle s'appelle Ninhoursag,Voir page l'infirmière en chef, responsable des couveuses.
Dans la mythologie égyptienne, elle s'appelle Isis,Voir page c'est aussi notre mère bienfaitrice. Et dans la mythologie romaine, c'est Minerve, fille de Jupiter...

Athéna la rebelle affronte Prométhée, son oncle, le puissant Titan.
Prométhée, comme Zeus, est un Titan, c'est à dire un surhomme venu des étoiles avec les pouvoirs et l'armée d'un empereur conquérant. C'est lui le patron dans la boutique Terre. C'est à lui qu'on a confié la délicate mission de fabriquer un travailleur de force. Parce qu'il est le patron, et aussi parce qu'il est le meilleur généticien de toute la bande des dieux d'avant.Voir page Et l'infirmièreDans la version antérieure sumérienne, Athéna est Ninhoursag, l'infirmière en chef responsable des couveuses. Voir page ose braver le patron. N'écoutant que son bon coeur, elle donne à l'homme une âme immortelle.
Les dieux d'avant ne voulaient pas de rivaux.Voir page Prométhée se doutait bien qu'en donnant une âme à sa créature, AthénaMinerve allait déchaîner les foudres de son père, le dieu des dieux, Zeus l'Olympien.Voir page Mais Prométhée aimait bien taquiner son tonton Zeus.Voir page Il accepta l'idée d'Athéna, entérina l'ajout d'une âme à sa créature de matière. Et ça, mes tout beaux, ça, mes toutes belles, ça, c'est un sacré coup de fion. On n'imagine même pas dans quel sordide état de bassesse et de vilenie nous gémirions sans ce cadeau divin.

AthénaMinerve ô divine bienfaitrice du genre humain, merci de nous avoir donné cette porte vers l'ailleurs, cet espoir pour un autre demain. Sans toi, ô divine Athéna, nous ne serions que des singes efficaces. Notre habileté et notre discernement nous placerait peut-êtreVoir page au sommet des êtres vivants qui peuplent cette planète. Mais sans toi, l'homme ne serait qu'un animal supérieur. Ce qu'il n'est définitivement pas. Sans toi, sans ton coeur qui bat pour nous, il n'y aurait pas d'amour, pas d'art, pas d'eden-saga.
Sans toi, nous ne serions que des numéros dans les fichiers de la Sécu. Sans toi, nous travaillerions tous les jours de notre vie pour gagner de quoi ne pas la perdre. Sans toi, nous nous préoccuperions uniquement du plan matériel. Puisque nous n'aurions pas d'âme, pourquoi se soucier d'autre chose ? Sans toi, nous aurions fini par ne plus croire qu'en une seule valeur, l'argent. Sans toi et sans cette âme que ton coeur généreux nous confia, nous ne serions que de la matière destinée à disparaître.

Sans toi, nous adorerions toutes sortes de dieux différents.Voir page Nous serions bien capables de nous entretuer pour eux.Voir page Nous pourrions même nous trucider pour des questions purement matérielles, nous lancer dans des guerres du pétrole, polluer notre mère la terre comme si c'était la dernière des putes, affamer la majeure partie de l'espèce humaine, refuser les soins et les médicaments à ceux qui en ont désespérément besoin, estropier des enfants, exciser des fillettes ou trousser des soubrettes…

"Protège le petit peuple de la terre et le grand peuple de la mer, car tu es le gardien de leur zoo," a dit Zeus qu'on appelle aussi Elohim,Voir page ou YahvehVoir page ou encore Ea-Enki,Voir page s'adressant au pauvre Noé, qui sentait le costard bien trop grand pour ses épaules. Oï weg ! Pourquoi moi ? se répétait-il sans fin, oubliant que bien d'autres avant lui avaient connu semblable mésaventure : devenir le jouet de l'arbitraire divin. On pense au ravisseur de la ravissante Hélène de Troie, le beau Pâris. Qui en chia.


Bref, une bande d'extraterrestres sans scrupule est venu mettre un peu d'ordre sur notre planète qui n'était pas finie. Il y manquait des jardiniers, des terrassiers, des éleveurs, des architectes. Et des soldats : comme les extraterrestres avaient des rivaux venus d'ailleurs, il leur fallait aussi de la chair à canon pour leurs sales bagarres entre eux. Et puis comme leurs déesses de femmes n'avaient pas que la gaudriole en tête, il leur fallait aussi des soubrettes à trousser après la guerre.
Ces dieux trop humains ont créé l'homme et la femme. Avec une graine divine à l'intérieur. Tant mieux pour nous, parce que sans ça c'était mal parti. Merci Maman Athéna, la rebelle au coeur tendre.

"Et si vraiment Dieu existait,
comme disait Bakhounine,
ce camarade vitamine,
il faudrait s'en débarasser."
Léo Ferré