Niveau 5 : Le feu de Dieu

Le don d'Isis

Dernière modification le 24/02/2012 à 14h47

Les dossiers de Nag Hammadi, où sont collés les fragments de papyrus

 

Découverts par hasard dans une grotte, miraculeusement préservés des ravages du temps,les manuscrits de  Nag Hammadi contiennent, entre autres merveilles, ce texte majeur :

 

La foudre, esprit parfait

 

Fresque du FayoumCe texte est très inhabituel dans le contexte de Nag Hammadi, car il ne contient rien de spécifiquement chrétien ni juif. Il ne peut pas non plus être classé parmi les textes gnostiques, dont l'esprit prévalait à l'époque où les manuscrits retrouvés furent écrits, à savoir entre le 4e siècle avant notre ère, et l'an 60 EC. Aussi les commentateurs sont-ils perplexes devant ce texte sans équivalent connu. "Dans son contenu, la Foudre (ou le Tonnerre) est virtuellement unique dans le corpus de Nag Hammadi.

 

 

Isis, l'esprit parfait, la réalisation de notre part féminine à travers la connaissance absolue, la grande déesse qui n'a jamais cessé de nous bénirC'est une révélation faite par un personnage féminin qui n'est pas particulièrement identifiée par ailleurs, à part peut-être dans le titre.." (source)George W. Mac Rae, Introduction à La Foudre, ou Le Tonnerre, in Pr James M. Robinson, Les manuscrits de Nag Hammadi Nous ne sommes pas de cet avis. Pour nous, la personne qui parle est clairement identifiée, non seulement par le titre, mais par tous les détails de son discours. S'il y a une seule difficulté à identifier ce narrateur, c'est qu'il ne s'agit pas d'un être humain, ni divin. Il s'agit de la foudre.

 

Isis, la déesse mère des Egyptiens, orne de très nombreux papyrus.La Foudre, ici, c'est l'éclair qui donne l'éveil, et c'est aussi, sous sa forme divinisée, Isis, la grande déesse des Egyptiens. La Foudre, donc, personnifiée en déesse, va s'adresser à nous dans un texte qui n'a pas été compris par le traducteur, celui du grec en anglais, M. MacRae. Pour pallier ce défaut qui rend le texte incompréhensible, nous en proposons la lecture qui suit. Nous y avons associé ce qui, à l'époque, était évoqué par les images et les expressions de la Déesse Foudre, Isis des Egyptiens.

 

Que la bénédiction d'Isis   soit sur vous et vous rendent les pouvoirs qui sont les vôtres

 

Un des papyrus de Nag Hammadi« Je suis la Foudre qui rend l'esprit parfait, la puissance m'envoie à ceux qui m'attendent. Ne m'ignorez pas, vous les Grecs, forts de vos nouvelles croyances. Car je suis la première et la dernière, la grande déesse et la plus humble des servantes. Car je suis celle qui est honorée dans la vieille religion, et celle qui est méprisée dans le culte grec. Je suis celle qui est stérile, car l'éveil ne se transmet pas par l'hérédité ; et nombreux sont mes fils, car j'en ai éveillé plus d'un.

 

Bucolique et apollinien, un temple grec semble surgir du passéVous qui m'avez connu, ignorez-moi, car l'éveil n'est plus à la mode des Grecs. Et vous les Grecs qui m'ignorez, connaissez-moi, recevez de moi votre éveil. Ne soyez pas arrogants avec moi quand je suis bannie de la terre. Quand la vieille religion décline, ne méprisez pas Isis l'esprit parfait. Je suis la pécheresse quand mon éclair prend la vie, et je suis la sainte quand mon éclair donne l'éveil. Je suis l'épouse quand je m'unis à l'initié, et je suis la vierge car aucun homme ne me possède.

 

La vestale d'Isis était à la fois la sainte et la prostituéeJe suis stérile car ceux que j'éveille ne transmettent pas l'éveil à leurs enfants et je suis féconde car nombreux sont ceux à qui j'ai donné la connaissance. Je suis la sage-femme car j'accouche le dieu qui est dans l'homme et je ne donne pas naissance car le mystère de la vie est plus grand que moi. Je suis la force, celle que je donne à travers mon esprit parfait ; et je suis la peur car mes adeptes redoutent mon baiser. Car autant qu'il peut tuer il peut diviniser. Je suis compatissante quand je donne la lumière de l'esprit parfait et je suis cruelle quand je foudroie l'imprudent ou l'innocent.

 

Déjà la nouvelle religion d'Apollon reléguait dans l'ombre l'ancien culte de Dyonisos et d'Isis. Ici, l'Apollon du Belvédère.Faites bien attention ! Je suis insensée et je suis sage.Sagesse des fous, folies des sages, dit le soufisme Pourquoi tant de haine ? Vous les Grecs, pourquoi me bannir de la table des dieux ? Parce que je suis une barbare parmi les barbares ? Mais je suis aussi bien la sagesse des Grecs que la science des barbares. Je suis le jugement des Grecs et des barbares. Je suis Isis, mon image est grande en Egypte, et je n'ai pas d'image ailleurs. Partout maudite, aimée partout, ils m'appellent la Vie, vous m'appelez la Mort. Je suis la Loi chez eux, je suis hors-la-loi chez vous.

 

Une des grottes de Nag Hammadioù furent trouvés les précieux papyrus dont fait partie ce texte, Foudre : esprit parfait

 

Je suis la connaissance absolueJe suis celle qui n'observe pas de fête, car je peux tonner tous les jours de l'année. Et je suis celle qui a des fêtes nombreuses, car on me vénère dans de nombreux pays. Je connais les premiers hommes car j'étais pour eux la grande déesse, et ceux d'après me connaissent, car un jour viendra où mon culte sera restauré. Je suis l'esprit de l'homme et le repos de l'âme. Je suis la connaissance absolue, la science infuse, la mémoire totale. Toute la puissance du monde arrive par ma connaissance.

 

La puissance de mon éclair donne la mort ou la lumièreLa puissance des anges est issue de ma parole, car ils sont les fils de la foudre.Est-ce une allusion à l'épée flamboyante des Chérubim ? Lisez page  Et je fus la puissance des premiers dieux.Tels Baal, Yahveh et tous les autres. Lisez Zeus et aussi maîtres de la foudre Et je suis la puissance des esprits qui se sont unis à moi.Allusion aux annales akashiques, la mémoire de tous les vivants qui est de nature électronique, comme la foudre Je suis le contrôle car l'éveillé sait se maîtriser lui-même et je suis l'incontrôlable car la toute-puissance de mon éclair dépasse les forces humaines. Ecoutez-moi dans la douceur et apprenez de moi la rudesse. Je suis celle qui s'écrie et qui tonne et je suis jetée à la face de la terre. Je suis l'ouïe qui est à la portée de tous, quand je fais gronder mon tonnerre.


Et je suis la parole qui ne peut être saisie,

quand l'initié se sert de la tierce oreille.Voir Nos pouvoirs perdus 

 

 Geb, pharaon-dieu de la terre, aux pieds de Nout, déesse de la nuit et de la voûte étoilée

 

 

Viracocha (détail) Brooklyn Museum

O Isis ô foudre qui rend divin, étends ta bénédiction sur les hommes de ce temps. Qui es-tu, ô sainte Isis, la mère et la soeur des hommes, la grande déesse, la première et la dernière, toi qu'on a appelé la déesse aux dix mille noms ? A l'origine, tu es la fille de Geb, dieu de la Terre, et de Nout, déesse de la voûte étoilée. Fille de la terre et du ciel, sous ta forme de foudre, tu fais preuve de ta double origine en unissant tes deux parents dans ton étreinte. Tu es la vraie bienfaitrice des hommes, la mère divine.

 

Horus, fils d'Isis, roi-pharaon, lumière de l'amourContrairement aux autres déesses qui boudaient le séjour terrestre, toi Isis tu as longtemps séjourné parmi les hommes pour leur apprendre à cultiver le blé, à faire la farine et à cuire le pain. Tu leur a enseigné une foule de choses, filer le lin, tisser, tailler, coudre les vêtements ; pétrir l'argile et cuire les poteries. Tu savais aussi façonner l'argile pour lui donner vie, tout comme Prométhée.Voir Notre Père Prométhée Mariée à Osiris, tu auras de lui un fils posthume, Horus, avec qui tu vas diriger le monde pendant des millénaires paisibles et lumineux.

 

Statuette en or d'Isis

 

Le don d'Isis, c'est le don d'amour de notre Mère Première, le don de vie, de lumière et de puissance qui est notre destin divin.On t'appelle souvent la Déesse Magique et Celle qui Donne la Vie, mais tu es aussi le Baiser de la Mort. Tu as gardé des adorateurs à travers toute la période gréco-romaine, mais ceux-ci ne pouvaient pas toujours exercer librement leur culte, qui a pris de nombreuses apparences pour protéger ses zélateurs. Pour les Grecs du 4e siècle av. EC, l'époque où a été écrit La foudre, ton culte avait beaucoup décliné, tu étais malgré tout une figure aussi connue que le père Noël de nos jours.

 

Isis allaitant HorusChaque aspect de ta légende était familier même aux enfants, l'histoire d'Isis faisant l'objet de comptines et d'oeuvres d'art. Mais l'origine de ton culte vient de l'Egypte, et avant, sans doute, de l'Amenta, cette terre des ancêtres qui se trouvait au-delà des mers, loin vers l'ouest. (source)Albert Slosman, Et Dieu ressuscita à Dendérah Au quatrième siècle ECDe l'ère commune, tandis que le christianisme se répandait dans l'Empire Romain, les adorateurs d'Isis fondèrent le culte de la Madonne pour que perdure l'influence d'Isis.

 

Cette Vierge allaitant est un avatar d'Isis allaitant Horus.D'ailleurs, les vieilles images montrant Isis et le petit Horus ont inspiré tous les portraits de la Mère à l'Enfant durant des siècles, y compris ceux de Marie et l'enfant Jésus. Mais après le syncrétisme assez tolérant des Grecs et de Rome, la nouvelle religion chrétienne a jeté la Trinité aux orties, en remplaçant Isis, l'esprit parfait féminin des Atlantes et des anciens peuples, par une figure masculine, le Saint Esprit. Ainsi la Trinité Père Mère Fils, Osiris Isis Horus fut muée en Père Fils Esprit.Voir Eternelle trinité Machisme, quand tu nous tiens…

 

La constellation d'Orion vue par Hevelius. Est-ce l'origine d'Osiris ?Dans la tradition ésotérique, Osiris est identifié à Orion et Isis à Sirius. Est-ce à dire que ces dieux sont originaires de ces lointaines étoiles ? On ne peut exclure cette hypothèse, tant la présence d'Orion et de Sirius est éclatante dans les mythes d'origines très diverses : Amérique Latine avec les pré-Incas et les Olmèques, Afrique avec les Dogons, Moyen-Orient avec Sumer, Asie avec l'Inde, la Chine et le Japon, Europe avec les Tuatha Dé Danaan,Voir page le peuple de la Déesse Dana, autre nom de la grande Isis.

 

Statuette en or d'Isis

 

Ô Isis, ô sainte mère, fais pleuvoir sur nous ton éclat bienfaisant !

 

Ô Grande Isis, ô notre bienfaitrice, fais pleuvoir sur nous ta lumière bienfaisante !