L’âge de glace

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Pendant cent mille ans, une calotte glaciaire couvrait la moitié de l’Eurasie et presque toute l’Amérique du Nord : c’est le dernier âge glaciaire. Si la science officielle en ignore les causes, il présente toutes les caractéristiques d’un hiver nucléaire. 

Pendant cent mille ans, des blizzards ont cinglé les immensités blanches, tandis que les hommes s’étaient enfouis sous terre. Ici ou là, les glaciers géants ont laissé leur signature. En Bretagne, à la limite des Côtes d’Armor et du Finistère, on trouve une curiosité naturelle appelée les gorges de Toul-Goulic. Un ruisseau minuscule coule sous un énorme amas de blocs de pierre. Certaines de ces pierres pèsent près de mille tonnes. Elles sont toutes arrondies et polies comme des galets. Quelle vague démente les a roulés jusque là ? Même surprise dans les Alpes : d’énormes pierres rondes sont posées au milieu des plaines. On les appelle des blocs erratiques.

Vestiges du déluge ? Non pas.  Les rochers de Toul Goulic et les blocs erratiques des Alpes ont  été poussés et roulés par les glaciers qui couvraient la plus grande partie de l’Europe actuelle durant le dernier âge glaciaire. Les blocs erratiques du Valais ou les galets géants des Côtes d’Armor ont bien été roulé par les eaux, leurs formes arrondies en témoignent. Ces mégalithes de cent tonnes ou plus, seraient les graviers roulés par un torrent dément, né de la fonte de kilomètres-cubes de glace bleutée, le grand dégel post-glaciaire. On se souvient que le Würm, notre dernier âge glaciaire, a duré plus de cent mille ans, de 115.000 à 10.000 BP. ce qui laisse tout le temps d’attraper la crève !

 

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Würm, tel est le nom du dernier âge de glace pour la zone européenne. En Amérique du Nord, il correspond au Wisconsin, approximativement aux mêmes dates.

Une calotte glaciaire couvrait la moitié de l’Eurasie, et presque toute l’Amérique du Nord, gagnant d’année en année pendant cent dix millénaires. Enfin, la voilà qui craque, se fissure, ruisselle et se répand, bouillonnante, en torrents démesurés. Commence un giga-printemps qui va durer dix siècles. Mais en attendant, nos ancêtres ont dû s’enterrer pour supporter ces froids terribles. Des millénaires durant, ce fut l’âge des hommes-taupes. Les vastes cités souterraines d’Anatolie en offrent un témoignage crédible. Partout dans le monde, grottes ou cavernes creusées témoignent d’un lointain passé où les hommes éprouvèrent le besoin – ou la nécessité vitale – de s’enfoncer le plus loin possible dans ces cavités ou sous la terre. Chine, Turquie, Egypte… on s’émerveille de ces bijoux d’ingéniosité et de travail souvent colossal. 

Et de nous interroger sur la vie de leurs habitants et ce qui les a poussé à devenir des hommes et des femmes « taupes ». C’est probablement cet enfouissement qui causa leur perte massive lors de la brutale montée des eaux d’un des nombreux déluges.

Comme bien d’autres structures sous-terraines très antiques, les cavernes d’Ajanta en Indevoir ci-dessous semblent beaucoup plus anciennes que la date de 3000 BP indiquée jusqu’à présent par les archéologues. Pour survivre aux rigueurs de l’âge glaciaire du Würm, nos ancêtres ont aménagé des tunnels et des grottes sur toute la terre. Dans les roches tendres, ils ont creusé des chambres et même des cités souterraines, comme en témoignent les habitats troglodytes de Touraine, les métropoles souterraines de Cappadoce, les grottes d’Egypte ou de Dordogne.

 

 

Ces refuges souterrains étaient sans doute très efficace contre le froid, mais moins sûrs contre les séismes, et tout à fait dangereux en cas de montée des eaux. C’est pourquoi les survivants d’Europe furent plus rares encore que les survivants d’Amérique ou d’Afrique. En Europe, ils n’avaient pas prévu la chose.  Sonnés par les séismes et les éruptions volcaniques, le tsunami les a surpris au gîte et noyés. Aussi l’Europe était-elle une lande déserte, marécageuse, où rôdaient de rares tribus nomades. Pêle-mêle, ces hordes rassemblaient des épaves humaines retournées à la sauvagerie

Difficile dans ces conditions d’envisager que des connaissances antérieures au déluge aient pu être transmises dans cette partie du globe.

Mais dans les montagnes du Kurdistan ou dans les cités des Andes, c’est une autre histoire. L’habitat troglodyte n’est pas, comme on n’a l’a fait croire, une coutume bizarre de peuplades primitives, mais la meilleure réponse à l’âge de glace. S’enterrer fut la seule solution pour survivre aux rigueurs d’un super-hiver qui allait durer trois mille générations. Les hommes d’avant l’âge glaciaire n’étaient pas des primitifs simiesques, puisqu’ils ont su, voilà cent trente mille ans, creuser des villes entières sous la terre en prévision de l’interminable hiver. Les légendes nous disent que les hommes n’ont pas trouvé ça tout seul, ils ont été prévenus par les  dieux d’avant

C’est à dire des hommes supérieurs, les rescapés de la civilisation de Mu. L’histoire s’est répétée avec les rescapés du déluge.

 

L’humanisme du 18e siècle a défini l’être humain de façon beaucoup trop restrictive : il l’a défini comme être pensant au lieu d’être vivant.
Claude Lévi-Strauss