La traite des Noirs

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Après la Conquista, l’Amérique était grande ouverte aux Blancs : un continent presque vide à mettre en culture et à exploiter. 

Les Rouges étaient rétifs à toute coopération avec les Blancs. Alors commencèrent à la fois les guerres indiennes et la traite des Noirs africains.

Pour régir les esclaves, la France du 17e siècle rédigea le Code Noir. Ce n’est pas un ouvrage à proprement parler ; c’est le nom d’un ensemble de textes juridiques réglant la vie des esclaves noirs dans « les îles françaises ».

Le Code Noir fut prévu à l’origine pour réprimer les abus et mauvais traitements des Noirs dans les plantations et aussi pour mettre fin au trafic illégal.  

Il eut pour effet de rapprocher la condition des esclaves de celles des autres catégories de personnes, mais aussi de rendre licites les pratiques de l’esclavage et du commerce des esclaves. 

Le Code Noir donne aux esclaves et aux familles d’esclaves des îles d’Amérique un statut civil d’exception par rapport au droit commun coutumier de la France de cette époque. 

Mais surtout, il donne aux maîtres un pouvoir disciplinaire et de police sur ses esclaves.

Ce pouvoir est proche de celui alors en vigueur pour les soldats, avec des châtiments corporels. 

Il exige des maîtres qu’ils fassent baptiser et instruire tous leurs esclaves, nègres, négresses ou négrillons, dans la religion catholique, apostolique et romaine, surtout romaine. Le Code Noir, comme la Loi Coranique, autorise les châtiments corporels mais il interdit de maltraiter les esclaves mâles ou femelles. Si une esclave est enceinte d’un homme libre ou pas, le fruit de cette union sera un esclave. Les esclaves peuvent se plaindre de mauvais traitements auprès des juges ordinaires et des gens du roi,  ils peuvent aussi témoigner en justice, se marier et se constituer un pécule pour racheter leur liberté. 

Cependant leurs enfants seront esclaves de plein droit, propriété du maître de la mère. 

Conçu à l’origine pour les îles françaises, le Code Noir ne concerne ni la Nouvelle France, ni le Canada français où l’introduction d’esclaves et l’esclavage resteront toujours interdits.

 

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La Déclaration des droits de l’homme et du citoyen de 1789 énonce l’abolition de l’esclavage, mais une restriction de dernière minute « ne l’applique qu’aux habitants de la métropole » où il n’y a jamais eu d’esclave et pas à ceux des colonies d’Amérique.

Autant dire du foutage de gueule. Les politiques en ont le secret. D’ailleurs, à peine empereur, Napoléon rétablit l’esclavage dans les îles, parce bon, vous ne voudriez pas que ce soit les planteurs blancs qui se tapent le boulot ? La traite négrière sera interdite en 1815, mais l’esclavage ne sera définitivement aboli en France que le 4 mars 1848. En France. Parce que dans les jeunes Etats-Unis d’Amérique, c’est une autre histoire. Le Code Noir inspire aux Etats- Unis une version spéciale, le Code Noir de Louisiane, adopté en 1806 et révisé en 1808, qui devient le plus dur des textes d’Amérique.

Et puis l’enfer a continué, même après la guerre de Sécession, pour les Noirs d’Amérique. Et le racisme a continué partout…

On ne fouette plus les esclaves noirs sur les rafiots négriers, mais on les assassine à main armée aux USA, on les exploite, on les égorge et on les viole en Afrique, et sans le dire, beaucoup de blancs sont encore persuadés de la supériorité de leur race sur toutes les autres.

Les jaunes croient la même chose. Et les noirs aisés payent des fortunes pour se défriser les cheveux et se dépigmenter la peau.

Ségrégation, ghettos, discrimination, humiliations institutionnelles, brimades et même exécution sommaire ou sacrifice humain avec les allumés du Ku Klux Klan…

Nous n’avons pas pansé nos plaies. Revisiter ce Code Noir avec les yeux du coeur est un chemin vers la réconciliation. Qu’y a-t-il dans ce fameux code ? Nous allons le détailler. 

 

 

Regardez-les passer ! Eux, ce sont les sauvages. Ils vont où leur désir le veut, par-dessus monts, Et bois, et mers, et vents, et loin des esclavages. L’air qu’ils boivent ferait éclater vos poumons.
Jean Richepin