Oudjat ou l’oeil d’Horus

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Il n’y a pas que la pomme de pin de la glande pinéale qui connote l’éveil dans les représentations antiques. Beaucoup d’autres symboles ont été utilisés selon les pays et les époques. En Egypte, l’oeil d’Horus ou plutôt l’oeil Oudjat remplit cette fonction.

On a noté que le dessin de l’oeil d’Horus évoquait à s’y méprendre la forme de l’épiphyse et du complexe qu’elle forme avec l’hypothalamus, le thalamus et la dure-mère au centre du cerveau. Tous les détails anatomiques sont à leur place et à leur taille, on ne peut plus parler de coïncidence – plus jamais d’ailleurs, car le hasard n’existant pas, les coïncidences non plus. 

« D’après le mythe, Horus, fils d’Isis et d’Osiris, aurait perdu un œil dans le combat contre son oncle Seth pour venger l’assassinat de son père.

 Au cours du combat, Seth lui arrache l’œil gauche, le découpe et jette les morceaux dans le Nil. Thot repêche tous les morceaux sauf un. Il supplée miraculeusement au fragment manquant pour que l’œil fonctionne à nouveau. » 

Voilà ce que la légende nous apprend sur Horus et son oeil perdu. Maintenant, qui a dit que l’oeil Oudjat était celui perdu par Horus ? Comme on va le voir plus loin, Oudjat signifie tout autre chose. Ce qui n’empêche pas Wikipédia de poursuivre sans commentaire :

L’Œil Oudjat avait une fonction magique liée à la prophylaxie, à la restauration de la complétude et à la vision de l’invisible.

Il fut représenté sur les sarcophages et sur les pectoraux. Les innombrables amulettes en forme d’Oudjat protégeaient leurs porteurs. Lors de la momification, les embaumeurs le plaçaient sur les incisions qu’ils avaient pratiquées. L’Œil Oudjat était aussi peint sur les proues des bateaux, leur permettant de « voir » et de tenir leur cap. » (source)

 

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Il est évident à la lumière de ce texte, que la similitude entre l’oeil Oudjat et le complexe cervical du troisième oeil est volontaire, et précieuse. Elle nous montre où ça se passe, et elle affiche du même coup les connaissances anatomiques et fonctionnelles des anciens Egyptiens.

Si d’aventure le docteur Melvin Morse vient à lire cet article, je suis sûr qu’il verra dans l’Oeil Oudjat, comme dans le dispositif cervical dit troisième oeil, la fameuse ligne directe avec Dieu, selon son heureuse formule.

Voici le début de l’article que Wikipédia consacre à l’Oeil d’Oudjat : « En translittération de l’écriture hiéroglyphique, irt signifie œil et wḏȝ signifie se préserver ou protection. Irt oudjat ou plus communément oudjat, en transcription signifie donc œil préservé, l’Œil d’Horus en l’occurrence. »

Comme elle a le mauvais goût de s’en vanter, l’encyclopédie en ligne Wikipédia a choisi de suivre la pensée dominante, et de négliger du même coup la prodigieuse somme de connaissances intérieures venue de la Tradition et de la science vive des mythes. Alors, en lisant le texte précédent, on se dit « tiens ? Wikipédia change son fusil d’épaule ? » 

Car l’oeil préservé doit les amener tout naturellement au Troisième Oeil préservé à l’intérieur du cerveau humain comme au creux d’un nid, par opposition aux deux yeux qui eux, sont en surface, non protégés sur le visage. Wikipédia comprendrait-il la langue des oisons ? c’est nouveau !

Mais notre joie est de courte durée, car voici la suite :   « Les égyptologues considèrent généralement que la figuration de l’Œil Oudjat est un hybride d’œil humain et d’œil de faucon : elle combine des parties de l’œil humain, conjonctive, pupille et sourcil, avec vraisemblablement les taches en dessous de l’œil du faucon. »

 

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On peut y voir le mode de fonctionnement universitaire : le doctorant Lambda a appris qu’il s’agit de l’oeil d’Horus, et aussi qu’Horus est un faucon. Sans remettre en question ces deux affirmations héritées de générations d’universitaires aussi naïfs que lui, Lambda en oublie l’essentiel, la transcription de Œil Oudjat = oeil préservé, pour ne considérer que l’interprétation universitaire, oeil d’Horus, donc oeil humain + oeil de faucon. Comme ses pareils qui se reconnaîtront, ce Lambda n’est pas un faucon, mais un vrai.

 

On rencontre souvent sa destinée par les chemins que l’on prend pour l’éviter.
Jean de La Fontaine