Uluru

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Uluru ou Ayers Rock est un grand mont magnétique d’Australie tout comme Silbury Hill au Royaume Uni, mais pour d’autres raisons. Il est situé sur un chakra de la terre, comme la Grande Pyramide. Voici la légende d’Uluru droit sortie du Temps du Rêve.

La grande pierre s’est posée doucement au centre de l’île-planète. Poufffff. Dans un grand nuage de poussière rouge, de lucioles vives, la grande pierre venue du ciel s’est posée sans nid sur la terre sacrée d’Australie.

C’était le Temps du Rêve. Les Hommes VraisLa formule est de Marlo Morgan dans son livre Message des Hommes Vrais au monde mutant se sont rassemblés au coeur du monde, là où les vents prennent racine. La chose est rare chez les Hommes Vrais, car chacun va sa route, chacun puise dans le Rêve et dans son chant sacré le chemin pour son pas magique. Se réunir n’est pas l’usage, mais la pierre l’avait requis. Ils sont tous venus en temps et en heure et la chose est plus rare encore.

Car les Hommes Vrais ne suivent pas le temps borné des Mutants. Les Hommes Vrais vivent le Temps du Rêve.

J’imagine que pour les Mutants qui me lisent le Temps du Rêve n’a pas la moindre réalité. Pour les Hommes Vrais, c’est le monde des Mutants, le nôtre mes amies, qui n’a pas de réalité. Ce monde triste où l’on s’ennuie, notre monde de matière dure, de grisaille et d’injustice, de catastrophe, de vice. Inculture de la haine, de la peur, abrutissement, oppression, néant pour l’âme.

Rêve-eillés étaient les Hommes Vrais. Seul l’alcool des Blancs les a endormi dans les bidonvilles aux franges de l’outback.Ainsi nomme-t-on l’arrière-pays désertique

C’était le Temps du Rêve. Les Hommes Vrais sont venus des quatre directions, ils ont marché longtemps, ceux du Serpent Wagyl et ceux du Koala, le clan du Wombat et celui du Crapaud, ceux du Wallaby et le clan du Lézard, les Hommes Vrais sont venus dans la main du Hasard.qui comme on sait n’existe pas

Nuit après nuit, ils ont regardé la Terre s’arrondir. Ils attendaient son terme. Les Hommes Vrais avaient vu les signes, ils avaient longuement écouté les voix des vents, ils avaient lu la langue des étoiles, ils savaient.

Debouts, ils ont attendu. C’était le mois, c’était l’endroit. Modulant le chant de la Terre en fa dièse, ils ont chanté. Soufflant dans les antiques didjeridoos, les sorciers ont chamanisé. Et la pleine lune est enfin parue. La grande pierre arrive.

Les Hommes Vrais ont fait le cercle sur la vaste plaine, un cercle si grand qu’on ne pouvait le voir en entier. Les Hommes Vrais ont retenu leur souffle. Une étoile filante a déchiré le ciel vers l’est. La lumière rousse a enflammé les cheveux et la peau cuivrée des Hommes Vrais. 

Un jour triomphant s’est levé.

 

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Des étincelles vivantes leur couvraient la tête et les épaules. Tout le paysage a pris cette belle couleur rousse qui est maintenant celle du coeur du monde, la grande île australe des Hommes Vrais. Alors la grande pierre est venue.

Elle semblait portée par l’énorme soleil qui emplissait le ciel en ce temps-là. Un grand soleil blanc d’amour. Sa lumière et sa chaleur portaient tous les êtres comme les bras d’une maman portent son tout-petit.

La grande pierre rouge s’est immobilisée juste au-dessus des Hommes Vrais.

La grande pierre lévitait là, tranquille, juste au centre du cercle immense qu’ils avaient formé dans la plaine. Doucement elle s’est mise à descendre. Tout doucement elle s’approchait du sol fendillé, tandis que s’enfuyaient serpents, ratons, insectes et lézards. La plaine attentive, émue, souhaitait l’impact. Mais la pierre prenait son temps, portée par la chaleur du Soleil amoureux, elle faisait durer le plaisir, attendue depuis les origines par les Hommes Vrais debouts, silencieux, au bord du Temps du Rêve.

La grande pierre était guidée dans sa descente par les voeux unifiés des Hommes Vrais qui s’incarnaient dans les fées de lumière emplissant l’espace alentours. La descente majestueuse de la grande pierre rouge est un spectacle que les Hommes Vrais ne pourront oublier.

Elle est le cadeau du serpent Wagyl pour marquer la frontière entre le Rêve et notre monde, celui des Mutants que nous sommes aux yeux des Hommes Vrais. Le Temps du Rêve a soudain pris fin, le Temps qui court l’a remplacé; bascule !

La plaine émue a reçu la pierre dans son corps. Sans un soupir, sans écraser un seul brin d’herbe, sans déranger la moindre chrysalide, la pierre a épousé la terre.

Les Hommes Vrais se sont approchés, approchés… mais ils ne l’ont pas touchée. Leur cercle s’est resserré autour de la pierre.

Ils se tenaient par les épaules, leur cercle immense s’est transformé en une spirale dont la seule la première spire était contre la roche rouge, tout contre la grande pierre, sans la toucher, surtout sans la toucher.

 

Un long murmure a grandi dans le coeur des Hommes Vrais.

 

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Et le murmure disait : « ULURU… Ton nom est sacré pour nous tous. Tu t’es posée au coeur du monde pour être un temple divin. La main de l’homme ne t’a pas façonnée, la matrice de la Terre ne t’a pas portée, tu es le don sacré des étoiles.

Lumière rouge dans le ciel, lumière rouge sur la Terre Vraie, tu brilles à jamais dans le coeur des Hommes Vrais. Tu es rouge comme notre coeur, rouge comme notre sang, rouge comme notre peau. » Depuis lors, ULURU est le lieu le plus sacré pour tous les Aborigènes d’Australie.

Au mépris de leurs croyances qu’ils traitent de superstitions, les Blancs ont rebaptisé cette « curiosité naturelle » Ayers Rock, ils ont organisé des visites touristiques, avec construction d’hôtels à la con. Tandis que les derniers Abos, la mort dans l’âme et l’alcool dans le sang, soufflent dans leur didgeridoos entre une cuite et une séance photos payantes…

« Uluru est un grand mont magnétique qui n’est pas sans évoquer Silbury Hill en Angleterre. Il est localisé sur un chakra de la terre, tout comme la Grande Pyramide d’Egypte »  (source)

Nous sommes tous des visiteurs de ce temps, de ce lieu. Nous ne faisons que les traverser. Notre but ici est d’observer, d’apprendre, de grandir, d’aimer… Après quoi nous rentrons à la maison. (Sagesse aborigène)

 

L’âge d’or est comme le bonheur : on ne le reconnaît que quand il est passé.
Lao Surlam