Déchiffrer les hiéroglyphes

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Comment déchiffrer correctement les hiéroglyphes ? La question ne date pas d’hier et la Pierre de Rosette n’a pu apporter qu’une réponse locale, immense certes, mais limitée aux hiéroglyphes égyptiens.

Parce que des hiéroglyphes, il s’en trouve aux quatre coins du globe, autant de représentations aux styles divers, plus ou moins explicites. Ce type de caractères n’est pas l’exclusivité des anciens égyptiens, bien entendu, même si notre alphabet leur doit beaucoup.

Dans ses recherches, l’équipe de Klaus Dona a trouvé dans des pays forts différents la même écriture sur des pierres ou des objets en terre cuite. Faute de mieux, ils l’ont nommée pré-sanscrit. Ils auraient pu la nommer pré-celte ou pré-maya… Ils ont trouvé des similitudes entre cette écriture et d’autres hiéroglyphes, non déchiffrés, comme ceux de l’Ile de Pâques.

Le prof Kurt Schildmann était le président de la Société des Linguistes allemands. Il a été le premier à déchiffrer les textes vallée de l’Indus qui sont principalement écrits en phonétique archaïques ou proto-sanskrit. Depuis 1977, il a toujours affirmé que les Burrow Caves (Illinois, États-Unis) textes encore plus fascinants sont également Proto-sanskrit. Plusieurs des glyphes dans le Montana USA correspondent aux glyphes Burrows des cavernes, des crop circles, les symboles cymatiques et pétroglyphes de partout dans le monde. (source)Julie Ryder

Sauf que…

Sauf que, perspicace, Erhard Landmann a trouvé bien davantage. Ce qu’il a lu sur les pierres est tout à fait stupéfiant.

 

Erhard Landmannerhard-landmann-200po est un érudit allemand polyglotte. Il a permis à l’étude des langues anciennes de faire un bond considérable. Ses découvertes sont de nature à modifier de fond en comble l’étude des hiéroglyphes, d’où qu’ils viennent. Feuilletant un dictionnaire Espagnol-Maya, Landmann y vit que hiéroglyphe se disait vuothap ou buothap en Maya.  Aussitôt le déclic se fit au niveau du son. Landmann reconnut le vieil-allemand buchstap, devenu Buchstabe en allemand moderne. Ce mot signifie lettre ou caractère. Les hiéroglyphes sont à la fois des lettres, des sons, et aussi des images. Deuxième intuition géniale de Landmann.

 

Sous ses yeux, les hiéroglyphes mayas indéchiffrables sont devenus en un instant une BD en relief, parfaitement compréhensible. Aux images de personnages ou d’animaux, s’ajoutent des signes ou emblèmes qui sont des lettres ou des groupes de lettres. Sacrés. Les mots intelligibles ainsi formés ont pour la plupart un sens spirituel, que Landmann a pu immédiatement interpréter en vieil-allemand. Et il en a déduit la troublante consonance entre la langue quiché des Mayas et une forme ancienne d’allemand.

Encore le quiché ? Xavier Séguin a déjà souligné le parallèle entre cette même langue quiché et le gaélique ancien.  

Si Landmann a pu rattacher du son à l’écrit, c’est grâce à la langue maya, encore vivante, dont il a reconnu les sons. D’autres langues hiéroglyphiques, comme le hittite ou l’égyptien antique, ne peuvent plus jouer ce rôle, car ce sont des langues mortes. En l’occurrence doublement mortes, car privées de son.

Au commencement était le Verbe. Le son est à l’origine, l’oral seul est sacré, l’écrit est impur. Les hiéroglyphes ne sont pas des lettres mais les images d’une BD.

 

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Les tablettes en rongo-rongo de l’île de Pâques, par exemple regorgent de lettres, de mots, mal formés certes, mais qui peuvent aisément se déchiffrer à qui regarde d’abord l’image. C’est de cette façon qu’il faut ressentir les arcanes du Tarot de Marseille. L’intériorisation de l’image est la voie sacrée. L’intériorisation du son est la porte d’Eden. Notre passé n’appartient plus aux spécialistes, mais il est rendu à l’espèce entière.

Au commencement était le Verbe et le Verbe était dieu. (source)évangile de Jean Dieu, qui vient de thieut ou thiot, qui veut dire le peuple en vieil haut allemand. On nous apprend à l’école que dieu vient du grec théos, qui a donné aussi Zeus, mais on omet de nous dire que theos vient de thiot et veut dire peuple. Zeus est un contresens. Ce n’est pas le dieu des dieux, c’est le pouvoir du peuple. Quand je pense que l’extrême-droite tente de récupérer Landmann ! Au contraire, ce type était communiste.

En tout cas, il s’y entendait pour les coups de pieds dans la fourmilière de l’égyptologie. La pertinence des traductions hiéroglyphiques a été souvent remise en question par le passé. Albert Slosman a distingué trois niveaux d’interprétations des hiéroglyphes égyptiens : trivial, symbolique et sacré. Mais les égyptologues n’ont pas relevé cette intéressante avancée. Malgré toute sa science, Slosman n’avait pas la chance d’appartenir au sérail…

Au-delà des systèmes d’écriture très différents, il y a les sons, très semblables. Il y a les phonèmes qui se répondent d’une langue à l’autre. Tandis que la linguistique préfère l’écrit, Landmann choisit le son et l’image. Il constate ce qui lui saute à l’oreille : dans des langues aux racines différentes, de pays fort éloignés, il y a des phonèmes, des mots, des phrases qui sonnent pareil. Exactement pareil. On l’a vu pour Cuchulainn et Kukulkan, pour Baalbek et Balbec, pour Perun Aska et Perou Nazca. Xavier Séguin appelle ça la Langue des Oisons. La piste que je suis, un peu différente, serait plutôt la langue des origines, celle que nous ont enseigné les dieux astronautes d’Hyperborée.

Dans cette perspective, impossible de donner à langue allemande plus d’importance qu’aux autres.  Certains pourraient croire, et en faire mauvais usage, que le peuple qui parle cette langue est seul héritier des dieux d’avant. On sait où ces conneries ont pu mener il n’y a pas si longtemps. Le pangermanisme est mort et ne peut renaître. Alors ? La langue des Oisons nous tire l’oreille : avec un nom pareil, Landmann ne peut être que chauvin.

Si le vieil-haut allemand a su préserver de nombreux sons de la langue première, n’en est-il pas de même pour le breton, l’hindi, le slavon, le maya, l’hébreu, le grec, le latin ? La quête de l’origine est bien au-delà des querelles de clocher. 

 

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Ce qui importe, derrière ces sons d’une supposée langue première, c’est la permanence d’une histoire dont nous trouvons partout trace: la nôtre. Ce qui compte, c’est la quête de nos origines à laquelle vous êtes tous conviés. C’est de jouer à décrypter des messages secrets, ignorés depuis toujours, qui pourtant fourmillent dans les sons et les phonèmes de tous les dialectes du monde.

Ainsi la langue première rejoint la Langue des Oisons. Amis du monde, à vos langues !

 

West Kennet Long Barrow distille un charme puissant, palpable. A chacun de mes voyages à Avebury, je ne manque pas de m’y rendre.
Stéphane Kervor