Ne vous rendormez pas

 

« Je me suis réveillé pour voir que tous dormaient encore. Alors je me suis rendormi » a dit le sage. La phrase est attribuée à Léonard de Vinci, grand initié devant l’Eternel. On ne prête qu’aux riches. Il n’y a pas que lui qui a pu se dire ça. Combien de fois me suis-je réveillé moi aussi, combien de fois me suis-je rendormi ?

 

Enfants du feu

Nous sommes les enfants du feu, issus de la lumière et pour toujours nous brillerons. Mais nous sommes aussi pétris dans la boue, plongés dans les ténèbres de la matière, confrontés à la souffrance, à la douleur, aux émotions négatives, ou pire, privés de nourriture et d’eau, cantonnés dans des villages de toile et de carton, ou sans logis, au vent des villes. Quel que soit notre sort, aussi tragique soit-il, nous avons le choix suprême. Un corps mutilé, malmené, violé n’empêche pas l’âme de vivre et d’aimer. C’est son rôle, quand l’âme emplit le corps, il survit. Qu’elle s’envole et le corps dépérit. L’âme est le bouclier du guerrier, l’inspiration de l’artiste, la lumière de la lampe.

Seuls les enfants du feu comprennent le bleu. (Carl Sandburg)

Nous sommes les enfants du feu, et notre heure est venue. Les marchands de peur et les vendeurs d’angoisse s’arrachent les dollars venus du pays des enfants, l’Europe répète l’Avare (source)Jacques Brel, ça va le Diable dans un décor couleur de sang. Peur des invasions, peur des autres, peur du changement. Mais la vie est changement. 

Qui ne change pas, meurt. Et son cadavre continue le cycle des transformations. Tandis que l’âme fait sa mue, tandis qu’elle change encore pour renaître à nouveau. N’ayez pas peur. Ce n’est pas la haine, c’est la peur qui est le contraire de l’amour. La peur, premier ennemi du guerrier. Qui peut aimer dans la peur ? On ne vit pas quand on a peur. Debout les aimés de la terre, debout les forces de l’enfin. Baissons les bras vengeurs. Oublions nos erreurs. Trouvons-nous les uns les autres. L’amour se crée à mesure qu’on le donne. Tous les soirs, à 21 heures, quelques dizaines de personnes, citoyens du monde, méditants volontaires, donnent à la terre tout l’amour qui lui manque. Ce monde a besoin d’eux, de vous, de nous. Il a besoin de notre amour, pas de notre peur. La peur ne mène qu’à la mort, seul l’amour donne la vie.

La bombe humaine, tu la tiens dans ta main. Tu as le détonateur juste à côté du coeur. La bombe humaine, c’est toi, elle t’appartient. Si tu laisses quelqu’un prendre en main ton destin, c’est la fin. La fin. (source)

Chacun de nous ne pèse pas lourd, te dis-tu. C’est faux. Allume les gaz, ton corps est un bolide, ton  énergie celle d’une comète hurlante. Tu ne le sais pas. Assume, deviens qui tu es. Réveille-toi sans retour en arrière. Lève-toi et marche. Bientôt nous reconnaître, aussitôt nous unir, notre addition nous multiplie. L’importance de la tâche n’est pas une raison pour la refuser. Que notre union ne soit pas celle des faibles. Assume ta nature divine, et le monde va tourner plus rond. Sois la flamme qui embrase le monde. Que l’amour soit l’oriflamme, le cri de ralliement. Qu’il se donne, qu’il se reçoive, qu’il tisse la grande toile des mains unies. Que sa Force soit avec toi ! 

Quand on a que l’amour Pour unique raison Pour unique chanson Et unique secours (source)

 

L’éveil pour tous

Si par malheur au coeur de l’accélérateur je rencontre une particule qui me mette de sale humeur, faudrait pas que je me laisse aller.  (source)

Les mégapoles, toutes les grandes concentrations humaines où vit l’essentiel de la population planétaire n’ont pas été conçues pour favoriser l’épanouissement individuel, et l’éveil encore moins. Les loisirs qu’on nous propose, télé, jeux vidéo, compétitions sportives sont abrutissants, démotivants, et malgré les apparences, étroitement fermés. Ils nous incitent à l’indifférence, ou à renforcer l’ego. Les deux sont catastrophiques.

Malgré ce diagnostic pessimiste, l’éveil progresse dans la population mondiale selon un rythme élevé. Nous sommes tous appelés à la grande fête des gens ouverts. Nous avons tous envie de comprendre ce qui se passe, décrypter la matrice, vivre en paix, en respect, en amour. Mais c’est dur. De plus en plus dur. On a l’impression que tout est fait pour nous détourner de la clairvoyance. Et ce n’est pas qu’une impression. Alors, forcément, un grand nombre d’éveillés se découragent. Gentiment, ils se rendorment.  Ils finissent par en avoir marre de veiller près du troupeau qui roupille. Pourquoi veiller, me disent-ils, ça ne sert à rien.

Il dépend de chacun de nous que l’éveil soit durable. Le nôtre comme celui des autres. Je sais que c’est dur, on se dit que l’intérêt perso ne justifie pas la somme d’efforts à faire pour nager à contre-courant, mais c’est une illusion, oui, une fausse perspective. Car le VRAI sens du courant est celui des éveillés, pas celui des dormeurs. Nous sommes des guerriers, des guerrières. Armons-nous d’amour. Nous sommes des diffuseurs de lumière. Notre lumière illumine le monde, toujours plus haut, toujours plus fort. Par tes yeux brillants le soleil de ton coeur d’enfant rayonne et fait vibrer la terre. 

Que peux-tu faire encore ? Garder les yeux ouverts. Garder le coeur ouvert. Garder l’esprit ouvert. Garder les bras ouverts. Ne pas te rendormir déjà, quand l’éveil est à portée. Ou pire, quand il est là. Garde vive sa flamme, pour qu’elle allume. La laisser filtrer par tes yeux, pour qu’elle éclaire. Et la laisser passer dans ta voix, pour qu’elle réchauffe. L’objectif, autant le dire, c’est l’éveil pour tous. Comment sauver le monde si les humains sont endormis ? Pas un de nous ne doit se sentir étranger à l’appel. L’éveil est ton but, et le mien, et le sien. Nous n’en avons qu’un.

 

Tout ce qui est matière retournera à la poussière, y compris notre ego, surtout notre ego. L’âme immortelle rejoindra son lieu, portant en elle un être éveillé, capable d’interagir avec les puissances du monde qui vient. C’est le seul but. S’éveiller ici et maintenant, au nom d’ailleurs, au nom de demain.

 

 Une petite impatience ruine un grand projet.
Confucius