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«Je crois que j’ai des sentiments religieux cosmiques. Je n’ai jamais pu comprendre comment on pourrait répondre à ces sentiments en priant des objets limités. L’arbre dehors est en vie, une statue est morte. L’ensemble de la nature, c’est la vie, et j’observe que la vie rejette un Dieu ressemblant à l’homme.

L’homme a des dimensions infinies et trouve Dieu dans sa conscience. Une religion cosmique n’a pas d’autre rôle que d’enseigner à l’homme que l’univers est rationnel et que son destin le meilleur est de méditer et de co-créer avec ses lois.

En face de la création, je me sens très humble. C’est comme si un esprit s’y manifeste qui est infiniment supérieur à l’esprit de l’homme. C’est par la recherche scientifique que j’ai connu les sentiments religieux cosmiques. Mais je ne tiens pas à être appelé un mystique.

J’aime faire l’expérience de l’univers comme un tout harmonieux. Chaque cellule a la vie. La matière, aussi, a la vie; elle est énergie solidifiée. Nos corps sont comme des prisons, et j’ai hâte d’être libre, mais je ne spécule pas sur ce qui va m’arriver au-delà. Je vis ici et maintenant, ma responsabilité est dans ce monde actuel. Je traite avec les lois naturelles. C’est mon travail ici sur la terre.

Le véritable scientifique n’est pas sensible à l’éloge ni au blâme, et il ne prêche rien. Il dévoile l’Univers et les gens affluent, sans pression extérieure, vers une nouvelle révélation: l’ordre, l’harmonie, la magnificence de la création !

Quand l’homme devient conscient des lois prodigieuses qui régissent l’univers en parfaite harmonie, il commence à réaliser à quel point il est petit. Il voit la petitesse de l’existence humaine, avec ses ambitions et ses intrigues, avec la règle du «je suis meilleur que toi».

C’est le début de la religion cosmique en lui; l’empathie au service de l’humain devient son code moral. Sans ces fondements moraux, nous sommes irrémédiablement condamnés. Le Dieu vénéré par Spinoza est aussi le mien : je le rencontre tous les jours dans les lois harmonieuses qui régissent l’Univers.

 

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Ma religion est cosmique, mon Dieu est trop universel pour se préoccuper des intentions de chaque être humain. Je n’accepte pas une religion de la peur; mon Dieu ne me tient pas responsable des actions que la nécessité impose. Mon Dieu me parle à travers des lois. Je crois en une chose, que seule une vie vécue pour les autres est digne d’être vécue. Il faut commencer par le cœur de l’homme -par sa conscience – et les valeurs de la conscience ne peuvent se manifester que par le service désintéressé de l’humanité.

Si nous voulons améliorer le monde, nous ne pouvons pas le faire avec la connaissance scientifique, mais avec des idéaux. Confucius, Bouddha, Jésus et Gandhi ont fait plus pour l’humanité que toute la science. Je crois que nous n’avons pas besoin de nous soucier de ce qui se passe après cette vie, aussi longtemps que nous faisons ici notre devoir d’amour et de service. J’ai foi dans l’Univers, car il est rationnel. Il y a des lois à la base de chaque événement. Et j’ai foi en mon but ici sur terre.

J’ai confiance en mon intuition, la langue de ma conscience, mais je n’ai aucune foi dans la spéculation au sujet du ciel et de l’enfer. Je suis préoccupé par ce temps, ici et maintenant. Vous devez avertir les gens de ne pas faire de l’intellect, leur nouveau Dieu. L’intellect connaît les méthodes, mais rarement les valeurs, qu viennent des sentiments. Si on ne joue pas un rôle dans l’ensemble créatif, on ne mérite pas d’être appelé humain. On a trahi son véritable but. Et les religions traditionnelles m’inquiètent.

Leur longue histoire prouve qu’elles n’ont pas compris le sens du commandement: Tu ne tueras point. Si nous voulons sauver ce monde d’une destruction inimaginable, nous devrions nous concentrer non pas sur le Dieu lointain, mais sur le cœur de l’individu …  »  (source)Albert Einstein, entretiens avec William Hermanns en 1930, 1943, 1948, et 1954