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Beaucoup de pharaons ont marqué l’histoire de l’Egypte antique. Leurs noms prestigieux sont associés à des pyramides, des temples, des cités. Leur histoire est connue, commentée par les plus doctes spécialistes, analysée jusqu’à plus soif, scrutée à la loupe depuis trois siècles. Pourtant, une des principales énigmes bibliques n’a toujours pas trouvé de solution.

 

Quel pharaon a poursuivi Moïse ?

Quel pharaon a retenu en exil le peuple de Moïse ? Sous quel règne ces événements notables se sont-ils déroulés ? C’est quand même énorme. Ce qui ouvre la porte à toutes les spéculations. Moïse est-il un personnage historique ou fictif ? L’exode a-t-elle vraiment eu lieu ? La captivité des Hébreux en Egypte fut-elle une réalité ? Des générations d’égyptologues s’y sont cassé les dents. La vérité est ailleurs.

Sous la plume du grand historien antique Manéthon lui-même,  on trouve la trace de la déportation d’Hébreux sous le règne de Thoutmosis 1er. C’est on ne peut plus clair. Evidemment, ce pharaon est beaucoup moins connu. Qu’en dit Wikipédia ?

 

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« Thoutmôsis Ier ou Djéhoutymosé Ier est le troisième pharaon de la XVIIIe dynastie durant le Nouvel Empire. Il prend le pouvoir à la mort d’Amenhotep Ier, avec qui il ne semble pas avoir de liens familiaux directs.

D’après Manéthon, Thoutmôsis Ier règne douze ans et neuf mois. On situe son règne aux alentours de -1504 à -1492. Sans doute d’un âge au moins égal à celui de son prédécesseur, Thoutmôsis Ier est déjà père lorsqu’il monte sur le trône. Durant son règne, il fait de grandes campagnes au Levant (jusqu’à l’Euphrate) et en Nubie, repoussant les frontières de l’Égypte plus loin que jamais auparavant. Il construit de nombreux temples en Égypte et fait vraisemblablement creuser, pour lui-même, le premier tombeau de pharaon attesté dans la vallée des rois et établit son temple funéraire à Deir el-Bahari.

Au même endroit, quelques décénies plus tard, sa fille Hatchepsout construira le sien. Cette dernière fut mariée à son fils et successeur Thoutmôsis II. » (source)

Ah, c’est le père de Hatchepsout la ténébreuse, la sensuelle, la prophétesse. Une grande reine, de surcroît, mariée à son oncle Toutmosis II, et régente de son fils Thoutmosis III.

 

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Pendant ces trois règnes, le principal souci de l’Egypte fut de repousser les Hyksos, qui occupaient la Haute Egypte depuis un siècle et demi. Certains historiens voient en eux les prédécesseurs des Hébreux. D’où venaient-ils ? 

De Touran, les cavaliers Hyksos avaient déferlé sur le Moyen Orient au galop de leurs chevaux rapides, comme leur victoire : originaire d’Europe centrale, le cheval était encore inconnu en Egypte. La frayeur des Egyptiens consomma leur totale déroute.  « Il fallut beaucoup d’audace pour oser se révolter contre les Hyksos, aussi durs que les Turcs ! Au musée du Caire, la momie de Saqnenré, prince de Thèbes mort au combat, est éloquente. « L’homme était grand, vigoureux, bâti pour vivre cent ans. Il se défendit résolument contre les assaillants, on dirait que les traits respirent encore la fureur » écrit Manéthon.

Ayant poursuivi les Hyksos au delà du Sinaï, les pharaons thébains décidèrent de protéger l’Egypte par des marches – provinces extérieures – en Palestine et en Syrie, afin d’empêcher le retour des conquérants.

Ainsi naquit l’Egypte impériale, que les Hébreux surnommèrent non sans exagération « la cruelle Mitsraïm » Quand le père de Hatchepsout prendra la  ville de Meggido (Galilée) après des combats acharnés, les scribes établiront le bilan suivant : 83 morts et 340 prisonniers ; pas de pillage systématique, l’état égyptien estimant qu’un peuple spolié serait impuissant à acquitter ses impôts au vainqueur. » (source)Manethon cité par J.L. Bernard, Aux origines de l’Egypte

Et c’est là que je me suis pincé pour être sûr de ne pas rêver : « Par suite de la famine qui régnait autour de Meggido, 1796 hommes, femmes et enfants furent emmenés en captivité en Egypte. On les nourrirait sur les domaines royaux, en attendant de pouvoir les rapatrier. Où est la cruauté là dedans ? » (source)J.L. Bernard, Aux origines de l’Egypte

On sait donc que 1796 Hébreux furent déportés en Egypte sous de le règne de… comment déjà ? Thoutmosis. Ben tiens ! Il n’y a qu’à lire son nom !! Mosis, comme Moïse ! Il a le nom de Moïse dans son propre nom, ce pharaon !

Bon, il y en a d’autres, des pharaons dont le nom contient mose ou mosis. Cela signifie « né » en Egyptien. Ainsi Thoutmosis signifie « né de Toth ». Et Moïse était né des eaux.

« Thoutmosis II est l’un des candidats les plus populaires pour le Pharaon de l’Exode. Alfred Edersheim propose dans son «Ancien Testament Bible Histoire » [31] que Thoutmosis II est le plus qualifié pour être le pharaon de l’Exode basée sur le fait qu’il a eu une brève, règne prospère et puis un effondrement soudain sans fils pour lui succéder. Sa veuve Hatchepsout puis est devenu le premier Regent (par Thoutmosis III) puis Pharaon dans son propre droit. Edersheim stipule que Thoutmosis II est la momie du Pharaon seulement pour afficher des kystes, possible preuve de fléaux qui se propagent à travers les empires égyptiens et hittites à cette époque. »

 

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En tout cas, l’exode a bien eu lieu, mais pas de la façon dont l’a contée Hollywood. Pas si grand. Quelques centaines de fugitifs dans le désert derrière Mosis / Moïse, qui était membre de la famille royale, tandis que le pharaon Thoutmosis les poursuivait avec toute son armée.

La Bible nous apprend que le vieux pharaon est mort avant que le peuple hébreux ait retrouvé sa liberté. Exit Thoutmosis Ier. L’exode eut donc lieu sous le règne de l’héritier, Thoutmosis II, frère du précédent, et mari de sa nièce Hatchepsout. Mais son règne n’a pas duré assez longtemps. Voilà pourquoi plusieurs égyptologues penchent plutôt pour le règne de son fils et successeur, Thoutmosis III. Des arguments sérieux semblent étayer cette thèse.

Plusieurs éléments d’origine biblique militent en faveur de l’identification de Thoutmôsis III avec le « pharaon de l’Exode ». Ainsi, des calculs de date sur ce que l’on sait de la mort de Thoutmôsis III au travers de la biographie d’Amenemheb (qui servit sous plusieurs pharaons dans la marine de guerre égyptienne) fixerait cette mort à l’an -1450, vers le mois de mars ou avril, ce qui coïncide bien avec les indications bibliques.

Un autre aspect intéressant concernant Thoutmôsis III concerne la datation de sa momie, qui a conduit à une estimation de son âge au moment du décès compris entre 40 et 45 ans. Or, Thoutmôsis III a régné 54 ans, et il aurait donc dû avoir au moins 60 ans lors de son décès… 

Il est donc possible qu’un autre corps lui ait été substitué, ce qui se comprendrait s’il avait été impossible de donner une sépulture à son corps, disparu dans la mer Rouge. » (source)Wikipedia 

Quoi qu’il en soit, ça se tient. Thoutmosis I, II et III faisant des misères à Mosis Moïse. Thoutmosis Ier a déporté en Egypte le petit peuple hébreu qui ne comptait alors que 1800 personnes, enfants et vieux compris. Les enfants d’Abraham seront plus nombreux que les étoiles du ciel, avait promis l’Eternel. On n’y est pas encore, mais ça prend tournure.

Je pense que Thoutmosis Ier est bien le pharaon biblique qui a protégé Moïse et lui a donné une éducation et une initiation digne d’un prince héritier. Je pense que son frère Thoutmosis II ou son neveu Thoutmosis III a été le pharaon de l’exode, celui qui avec toute son armée a poursuivi Moïse et les Hébreux fuyards.

Quelle histoire ! Un moment donné, j’ai même cru que la femme de Moïse, la belle Séphora la Madianite, n’était autre que la reine Hatchepsout elle-même. Reine d’Egypte, elle pourrait tout à fait venir de Madian, vu que personne ne sait où est fourré ce pays voisin de l’Egypte.

Je ne peux clore ce chapitre sans enquêter encore sur la troublante Hatchepsout. Un nouvel article vous attend page suivante.