Triskell et handspinner

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Le lecteur doit se demander ce qu’il me prend de fourrer dans le même sac le vieux triskell celtique et le dernier gadget à la mode dans les cours de récré. A première vue, à part la forme générale, ces deux machins n’ont rien à voir. Patience ! Vous savez bien que dans la Saga d’Eden, on n’est jamais au bout de ses surprises.

Une fois encore, la technologie antique va nous montrer les étranges chemins qu’elle a pris pour se transmettre jusqu’à nous. Car c’est bien de cela qu’il s’agit. Comment le sens originel s’est perdu dans la transmission, et comment il est devenu symbole. Les symboles, c’est ce qui reste quand on a tout oublié.

Quand un maître qui sait de quoi il parle transmet son savoir, on ne peut exclure que l’élève n’y comprenne rien du tout. Quand un maître qui ne sait pas de quoi il parle transmet son ignorance, on peut être certain que l’élève n’y pige que dalle.

Le handspinner tourne, tourne, tourne. Comme dans la chanson. Une frénésie s’est emparée cette année des lanceurs de mode que sont les bambins, j’y ai joué aussi, frappé par l’analogie qui se formait, inéluctable, dans mon esprit. 

Les roulements à bille sont très performants, ce qui explique la durée du mouvement, et les trois roues sont pesantes, suffisamment pour créer un effet d’entraînement, pas trop pour ne pas freiner le mouvement.

La méditation express, avec ce truc qui fascine les gamins par son spin rapide et qui n’a pas l’air de vouloir s’arrêter. On fait le silence intérieur en contemplant une si belle approche du mouvement perpétuel.

Le triskell, fameux symbole breton, représente dit-on la roue de la vie, ou la roue du destin. Pour que la roue de la vie tourne bien, il faut que s’équilibrent les trois branches de l’activité humaine, les trois collèges ou les trois castes de la tripartition fonctionnelle chère à Georges Dumézil.

 

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J’ai expliqué comment la tripartition celte est un déclin par rapport à la quadripartition ramaïque, je n’y reviendrai donc pas ici. Je m’intéresse ici à la figure géométrique du triskell et la signification qu’on lui donne.

Ce handspinner qui tourne sans s’arrêter m’évoque tout autre chose : un moteur perpétuel. Voyez-vous où je veux en venir ? Le triskell n’est pas un symbole, pas du tout. C’est le schéma d’un moteur divin. D’où la fascination des gamins, en écho avec celle de leurs très lointains ancêtres.

On a déjà rencontré le même cas de figure avec le symbole du Tao. Ce n’est pas la représentation abstraite du positif et du négatif, ni la complémentarité des sexes, ni l’alternance quotidienne de l’ombre et de la lumière, ni aucune des jolies fables qu’on nous a conté. Le Tao n’est pas un symbole, ni un logo, ni aucun truc planant. Ce n’est pas de l’abstrait, pas du tout, c’est du concret. Le Tao est le schéma exact d’un moteur polymétallique.

Attendez voir. Vous savez que la tripartition s’exprime par le triskell, et la quadripartition par la swastika. Usurpée par les Nazis, la swastika est d’origine indo-européenne, les spécialistes y voient un symbole solaire. Pas tout à fait. C’est le rotor qui entraîne les moteurs des terraformeurs, vous savez, ces gens divins qui vivent au-dessus de nos tête dans leur vaisseau-planète qui brille comme mille soleils.

On appelle les Hyperboréens « Fils du Soleil » parce qu’ils viennent de cet astre brillant, leur planète-vaisseau Hyperborée. On les tient pour des dieux, ils sont juste des techniciens de la terraformation. Et les messages qu’ils nous ont transmis sont tout sauf abstraits.

Ici, la swastika ou sa variante le triskell ne sont pas des symboles, mais des rotors. Ils représentent la partie mobile d’un moteur atlante, sans doute animée d’un mouvement perpétuel grâce à l’habile disposition d’aimants et de repoussants sur les branches.

 

 

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Un lecteur m’a indiqué une autre figure, le Disco Colgante, qui semble être lui aussi un modèle de rotor, sans doute moins simplifié que la swastika ou le triskell. Mais le principe reste le même.

C’est un système qui repose sur les ondes push pull, je sais que la mise en marche est un dispositif sonore, une vibration particulière de la gamme chromatique. Je sais aussi que le rotor émet un doux sifflement tant qu’il tourne, et plus il accélère plus le sifflement monte dans les aigüs. Le volume sonore du sifflement reste faible, et ne représente pas une gène. Au contraire, c’est à l’oreille que ces engins se pilotent. Il s’agit d’interpréter les modulations du sifflement.

Autre chose : il se peut que le mercure joue le rôle d’un carburant, ou d’un comburant. On a vu en effet que ce précieux métal, le vif argent des antiques, était utilisé dans les vimanas et stocké sous les pyramides tronquées qui servaient de pistes pour leurs engins, comme à Teotihuacan.

Je connais des ingénieux et des ingénieurs qui vont se pencher sur la question. Si vous trouvez quelque chose, n’hésitez pas à m’en parler. 

 

Qui est le plus libre ? l’être ou ses vêtements ?
Lao Surlam