
La guerre est en vous, amis rêveurs. Sous l’habillage du cerveau trompeur, elle exerce encore ses ravages. Rassurez-vous, ces souvenirs vécus sont peut-être empruntés à d’autres… Je ne crois pas aux vies antérieures. On n’a qu’une vie, mais beaucoup de vies parallèles.
Le revécu continue et s’amplifie. Je sentais comme un frémissement chez les cinq rêveurs absents. L’un d’entre eux est revenu rêver avec nous la nuit du 19 au 20. Et celle du 20 au 21 en a vu rappliquer un autre. Ce n’est qu’un début. En lisant Astral 16, les absents ont vu leur frisson se changer en impatience.
J’ai un seul souvenir de cette nuit — un souvenir perso je veux dire, et non un rêve partagé avec l’une ou l’un d’entre vous. J’ai vu des corps drossés dans des rapides. Ils étaient emportés par un torrent de montagne et filaient à toute vitesse vers la vallée. Voilà mon rêve. Maintenant place aux vôtres…
Nuit du 19 au 20 septembre 2026
(D) – Cette nuit, j’ai eu une très forte poussée d’énergie ! Je la sentais dans le ventre et la poitrine. C’est ce qui a dû m’empêcher de dormir. J’ai fait plein de rêves.
Un concours de cuisine télévisé dans un restaurant avec des « célébrités » inconnues. Ils devaient cuisiner une dinde grasse ou du caramel doré. Une des « célébrités » façonne des formes magnifiques avec ce caramel : une auréole autour de sa tête, puis une mandorle en coquillage autour de son corps, ça prend de la place dans la rue.
Repas familial avec plat dans une boîte de conserve et sachet. Je cherche mes couverts, ils sont juste à côté. Dans mon assiette, un plat qui n’a pas l’air comestible. Je ne sais plus ce que c’était.
Dans ma chambre en haut d’une tour gigantesque avec de grandes baies vitrées. Je fais un tri sur mon bureau avec ma femme. Des Lego et des vis, des écrous et des petits carrés blancs qui sont importants – dans le rêve je savais à quoi ça servait…
En triant, je mets de côté une carte d’abonnement Disney.
— Où est-elle passée ? On l’a jetée ? je demande à ma femme. On la retrouve à la poubelle.
En famille autour d’un triskel en fer forgé. Son créateur a tricoté le pull d’un cousin. Je range la carte Disney dans ma chambre. Par la baie vitrée, je regarde les nuages en contrebas. Ils sont glacés, gelés ! On dirait de la neige. Je m’affole :
— Ceux qui sont sous les nuages sont morts congelés !

(E) – Le rêve de cette nuit fut assez bref mais de très belles images « Full HD ». Je marche dans une forêt de sapins en montagne derrière deux jeunes femmes en tailleurs de tweed. De dos, elles font jeunes, des cheveux ondulés châtain clair, je ne vois pas leur visage. Le chemin est très vert, couvert d’herbe, de gros rochers éparpillés. À côté roule un véhicule kaki, un petit tank. Les demoiselles et le petit tank se dissolvent dans le paysage. Je randonne seul dans la montagne.
Nuit du 20 au 21 septembre
(D) – Pour cette nuit, aucun souvenir ce matin. Mais j’ai super bien dormi !
Plus on dort profondément, plus on a peur de ce qu’on rêve. Tu refuses de voir la vérité sur un passé… disons, un très lointain passé. Alors la vérité sur cette vie-ci, sur le sens de tes actes et de tes blocages, tu n’es pas près de la vouloir.
(A) – Un rêve en deux parties est revenu plusieurs fois pendant la nuit, très clair jusqu’à mon réveil où il m’a échappé. Je suis en Amérique, voyage en groupe, on dort tous ensemble dans un appartement. Le groupe se sépare dans une bouche de métro. L’homme qui m’accompagne se fait agresser. J’entends craquer ses os, multiples fractures.
Ton « rêve en deux parties » ne t’a pas échappé puisque tu nous le racontes : 1 – Voyage en Amérique avec un groupe. 2 – Tu restes avec un homme qu’on agresse.
(K) – Je suis dans mon lit et je peux plus bouger le buste. Avec un énorme effort, il décolle de 10 cm. Je lève les bras et je hurle en forçant encore plus. Je me redresse sur mon lit. Et je m’éveille. Encore pleins de souvenirs mais plus de seconde guerre mondiale ni de résistants, ni de rêves angoissants… à part cette nuit. *La Waffen-SS était la branche militaire de la Schutzstaffel (SS) du régime nazi, active de 1940 à 1945. D’où la date de ton rêve, courant 1944.

(K suite) – Hier je tombe par hasard sur une publication internet. Un type est attiré par les avions depuis son enfance et vois l’ intérieur et les commandes de bombardier américain de la seconde guerre mondiale. Il se voit abattre un Messerschmitt qui tombe dans un lac avec son pilote.
Fabuleux! Tu vois la chance que tu as, jusqu’au cou dans l’actualité de 39-45! Tu sais, on n’est pas sûr de l’avoir vécue, cette putain de guerre. Ce sont des souvenirs qui appartiennent à d’autres et qu’on a chopé en astral…
*Le mot vient du grec egrêgoros, qui signifie éveillé. Un égrégore est une entité invisible issue d’un groupe d’individus unis dans un but commun.

Il s’agit d’après moi du massacre de la grotte de Luire, les 27 et 28 juillet 1944 à Saint-Agnan-en-Vercors (Drôme), lorsque des troupes allemandes ont découvert un hôpital de fortune de la Résistance.

