Astral 20

 

Cette balade, amis rêveurs de réalité, a été la meilleure et de loin. J’ai partagé chaque rêve avec huit rêveurs, et le décodage, quelle régalade ! Au fil des nuits vous êtes de plus en plus proches, sans vous connaître ni savoir vos noms. Et ce final !

 

Un bon génie est entré dans ce groupe et l’a tenu d’un bout à l’autre par le cœur. Sans compter vos habillages admirables, et l’exercice de décryptage qui a fait vos délices — et ceux des lecteurs, soyez-en sûrs.

 

Officiellement nos nuits se terminent ici… mais si vous voulez encore rêver, je suis votre homme. Mon intervention chirurgicale est aujourd’hui. Après quoi, mort ou vif, je reprends les rènes. Pensez à moi qui vous aime.

 

Nuit du 25 au 26 septembre

(K) – Hier soir ,3 émissions à 21 h traitant de la seconde guerre mondiale sur la TNT! Sûrement que ces reportages sont réalisés depuis longtemps mais qu’est-ce qui fait qu’ils soient programmés en même temps ?
Qu’est-ce qui fait que vous ayez tous rêvé de la même chose ? Ces idées sont « dans l’air » comme on dit. C’est à dire qu’elles sont présentes en astral. Tout le monde pioche dedans, sans le savoir ou en le sachant.

Un inspecteur financier me demande si j’ai influencé un commercial pour nous fournir des circuits électroniques neufs pour nos transtockeurschariots élévateurs en grande hauteur.
– Je ne l’ai pas influencé, je lui ai dit la vérité sur nos problèmes actuels.
– On ne fait pas de diagnostics sur des impressions. Si vous voulez nous équiper d’un analyseur de ligne, pourquoi pas ? Mais ce n’est pas à vous de décider.
Mes impressions n’étaient pas si mauvaises puisqu’il prend ces nouveaux circuits. D’autant qu’on a détecté une mauvaise soudure sur un des circuits.
Bon, on n’y comprend pas grand chose. Moi j’ai vu une prise de gueule entre un gradé allemand et toi. Tu veux remplacer les barbelés d’un camp de concentration qui présentent des faiblesses. 
– Ach ! Totalement inutile !! Les prisonniers n’ont ni le temps ni la force de s’échapper : on les gaze à peine arrivés !!
 
Un conducteur de machine trace un chemin dans la montagne, une sorte de concasseur à rochers. C’est un être tranquille qui sait choisir l’endroit sûr pour passer la nuit. On lui emboîte le pas comme s’il était un chasse-neige dans la tempête.
Le gradé se trompe, une évasion de nuit a lieu avant le gazage. Le conducteur de machine qui a volé un chasse-neige, c’est toi.
 
 

 
 
(A) – Cette nuit j’ai voyagé. Il y avait un homme eurasien. Je me suis trouvée dans une énorme orgie sexuelle, dans une grande bâtisse avec un énorme extérieur. Tous les invités à poil ou avec un accessoire.
Tiens ? Le sexe débridé fait son grand retour comme dans Astral 18 et Astral 19… Je note aussi la présence d’un eurasien. Plusieurs de vos rêves évoquent l’Asie, Japon ou Corée… Comme (D) la nuit du 24 au 25/09 dans Astral 19.
 
 
(G) – Tremblement de terre sur la maison de mon enfance, je suis à l’air libre, et vois plus loin les immeubles tanguer et s’effondrer, notre maison tangue mais semble résister. Tous les bâtiments hauts s’écroulent. Notre maison est réduite à rien, aucun gravat, pas de pan de mur debout. Ma sœur vient à ma rencontre : papa est mort. Grosse douleur au ventre et le chagrin qui reste au réveil. Il m’est venu : faire table rase des loyautés et allégeances.
La scène se passe en Asie, je penche pour le Japon. La 2e guerre mondiale s’est poursuivie là-bas, avec Hiroshima et Nagasaki.
 
Je suis sûrement influencé par le décès récent de ma belle mère et la lecture de l’Astal18, ta maman qui te prévient.
Possible. Mais tu étais vraiment au Japon, comme (D) la nuit du 24 au 25/09 dans Astral 19.
 
 
(D) – Cette nuit, un premier rêve : un jeu vidéo. On dirige Batman pour sauver une nana qui devient un batman à son tour. Elle se déguise, elle change sa voix qui devient ridiculement plus grave… Dans le menu du jeu on peut changer les équipements du « vrai » Batman. Sauf qu’en fait même le vrai ne fait pas si vrai. Il est équipé simplement d’un t-shirt avec le logo, d’un short, d’une ceinture à gadgets, du masque et de la cape (tout de même) ! Donc celui qu’on dirige et qui paraissait vrai n’est pas le Vrai !
Batman homme et femme. Un cavalier et une cavalière telle « une reine ou une déesse ». Le Batman masculin n’est pas le vrai…
 
Je me revois dans une foule immense. On attend un cortège ou une parade de carnaval ou de fête nationale. Une belle femme mannequin et sportive monte un cheval blanc et le dirige droit sur nous. On dirait une reine ou une déesse. Puis un homme qui semble son jumeau arrive à cheval de l’autre côté. Ce sont les personnes les plus importantes du cortège, et c’est vers nous qu’elles sont venues !
Oui, tu nous parles des déesses d’avant. Supérieures aux hommes en tous points.
 
Un autre souvenir dont je n’ai plus les détails, mais il était question de dieux.
Les dieux d’avant ou les Déesses d’avant eux ?
 
Avec Pégase, aucun pet, ça gaze. 

 

Nuit du 27 au 28 septembre

(K) – R.a.s cette nuit.
Dommage, c’est (presque) la dernière…

 

(G) – Ce matin, rien à déclarer.
Dommage… (bis)

 

(A) – Cette nuit encore je me balade dans des lieux que je ne connais qu’en rêve. Avec deux autres personnes, nous faisons le tour des boutiques de fringues. On nous en donne tant, j’ai plein de sacs. À la fin, je n’en ai plus qu’un. Que sont devenus les autres? Perdus? Volés?
Cherches-tu la fortune matérielle ? Veux-tu renoncer au statut social ?

Je suis à la fac, j’ai un apparte pas loin. J’héberge plusieurs personnes. Un soir je rentre, mon lit est occupé. Et j’ai reçu une facture à payer : mauvaise nouvelle !
Habillage couleur matière et pognon. Tu perds des sacs qu’on t’a donné. Tu n’as nulle part où dormir. La facture à payer sera lourde. Ce qui est vrai là-dedans reste caché : tu vas être gazée dans un camp de concentration. Lourde facture pour héberger des Juifs et/ou des résistants…

 

(D) – Cette nuit, j’ai déménagé des bureaux dans une chambre avec ma femme, mon frère et un cousin (habillage j’imagine). Les bureaux sont pour mon frère, mon cousin et moi. On déplace d’abord celui de mon frère, puis celui de mon cousin et enfin le mien. Pendant le rangement, on vide les tiroirs.

Dans celui de mon cousin, il y a plein d’animaux en caoutchouc. Ils sont en tenue militaire, avec treillis et béret portant tous des armes et autres accessoires guerriers. Il y a un morse qui traine une cargaison sur le dos, une baleine ou un phoque qui fait pareil, un requin aussi… Ça tourne autour des animaux marins — la Marine peut-être ? Moi je les trouve bizarres et rigolos. Je les trie par catégorie et je les aligne sur le bureau.

Cet habillage me dit que je suis de retour en 39-45 avec un cousin et un frère pour vider des caisses d’armes et d’équipements volés à l’armée allemande. Ou alors c’est tout autre chose, mais là je ne vois pas quoi ! 

C’est nous les gars de la Kriegsmarine !  Bravo (D) tu vois juste. Tu décryptes tout seul, tant mieux ! Continue comme ça.

 

(E) – Cette nuit était la dernière : je m’attendais à un dénouement apocalyptique, mais ce fut très très calme. Comme j’en attendais trop, le lâcher prise n’a pas été suffisant.
Tu t’attendais ? On ne s’attend à rien dans un rêve réel. Tu vois juste, le lâcher prise n’a pas été suffisant.

Longue séquence où je roule dans une limousine de dignitaires allemands. Assis à l’arrière, je contemple le paysage. Je ne sais pas si je suis dans la bonne équipe ou dans celle des méchants. Je n’éprouve aucune émotion. J’observe.
Pour rouler dans une limousine allemande, serais-tu des leurs ?

Au terme de ces quatre semaines, ce qui m’étonne le plus : l’absence d’émotion. Ni peur, ni colère ni joie. Rien. J’observe, c’est tout.
Oui, tu effaces les émotions de tes rêves : c’est par l’habillage du réveil. Non, tu ne vois pas tout, toujours la faute à l’habillage. Tu es un gradé allemand ou un prisonnier allié dans cette limousine ? T’emmène-t-elle dans un camp où tu seras gazé ? Es-tu gradé allemand, captif Juif ou résistant ? Choisis. 

 

 

Images de mort. Cette sale guerre nous aura menés jusqu’au gazage mortel. Je vous quitte mes amis, la chirurgie m’attend. Si je m’en sors, ça sera grâce à vous, votre gentillesse, le réconfort. Où que j’aille, je ne vous oublierai pas.

 

L’enfer, c’est les autres.
Jean-Paul Sartre