Vercingétorix v César

Lionel Royer – Vercingétorix Jetant ses armes aux pieds de Jules César

 

Entre 58 et 52 avant notre ère, Jules César conquiert les Gaules, fait d’armes censé assurer sa gloire et sa richesse face à Crassus et Pompée. César lui-même, au fur et à mesure de la conquête, raconte la guerre pour établir sa réputation à Rome, dans le De Bello Gallico. Le début du livre s’ouvre par une très célèbre description des peuples de la Gaule. (Bibliotheque Nationale de France)

 

Toute la Gaule est divisée en trois parties, dont les Belges habitent une, les Aquitains une autre, et dans la troisième ceux qui sont appelés Celtes dans leur langue et Gaulois dans la nôtre. Tous diffèrent entre eux par la langue, les institutions et les lois.

Le fleuve Garonne sépare les Gaulois des Aquitains, et la Marne et la Seine les Gaulois des Belges. Les Belges sont les plus braves d’eux tous, parce qu’ils sont les plus éloignés de la culture et de la civilisation de la province romaine de Narbonnaise.  (César, De Bello Gallico, I, 1)Traduction de Maxime Cambreling, 2022

 

Vercingétorix d’Auvergne

Vercingétorix, né aux environs de 82 AECavant l’ère commune sur le territoire arverne, l’actuelle Auvergne, et mort à l’automne 46 AECavant l’ère commune dans une prison de Rome, est le chef et le roi du peuple celte des Arvernes. Il fédère une partie des peuples gaulois dans le cadre d’une révolte contre les forces romaines au cours de la dernière phase de la guerre des Gaules de Jules César.

Les Arvernes sont l’un des principaux peuples celtes de la Gaule indépendante, du  siècle av. J.-C. à la conquête romaine. Au cours de l’époque impériale, ils constituent les habitants d’une cité gallo-romaine portant leur nom (civitas arvenorum) et rattachée à la province de Gaule aquitaine.

Ils occupent dans l’Antiquité un territoire correspondant à la région de l’Auvergne qui lui doit d’ailleurs son nom. Les Arvernes les plus connus de l’Histoire sont les rois Luernos, Bituitos, son fils, et Vercingétorix, fils de Celtillos, qui fut l’un des adversaires de Jules César lors de la Guerre des Gaules.

 

César de Rome

César est né à Rome en 100 AECavant l’ère commune, dans la famille des Julii, aux moyens modestes mais d’origine illustre : ces patriciens prétendaient descendre de Vénus, ce qui n’était pas sans avantages, car cette déesse aimait à la fois les galipettes et les batailles.

Il suivit de solides études qui firent de lui un parfait bilingue latin-grec, ce qui lui permit d’accéder à une abondante littérature militaire. Plusieurs missions officielles lui servirent d’école d’application. Mais, comme tous ses semblables, il dut attendre longtemps avant d’accéder au pouvoir et vécut à crédit jusqu’en 59 AECavant l’ère commune, année où il reçut un commandement sur la Gaule. (National Geographic)

Sa véritable carrière commence donc quand il a 41 ans. Avant, noyé dans la masse des gradés anonymes, il a végété, attendant son heure. Mais dès qu’elle est venue, il a sauté dessus avec une fringale rendue dévorante par les années d’attente.

Et sa réussite va sceller un destin exceptionnel. Il fait une première campagne indécise, et les devoirs de la politique le rappellent à Rome. Sous peine de perdre l’avantage de cette guerre de conquête et d’être dégradé, il doit en effet prouver au Sénat que la Gaule mérite de devenir Province Romaine.

En effet, jusqu’alors, la Gaule comme l’Egypte étaient des pôles culturels riches d’un passé glorieux. Tous citoyen romain d’un bon niveau d’études se devait d’y séjourner, plus encore qu’en Egypte, sur le déclin, conquise par la Grèce. Le sénat romain était donc très choqué de voir un général inconnu décider seul de la conduite à tenir face à des guerriers gaulois furieux de cette intrusion et prêts à en découdre.

Quand César rentre à Rome, son destin militaire est moins que certain. Il s’est fait de nombreux et puissants ennemis, et son origine familiale somme toute modeste ne lui assure aucune protection. Il commence seul un combat douteux à l’issue incertaine…

La rumeur courant que César, occupé à Rome par les querelles de partis, ne reviendrait pas avant longtemps, les Gaulois programment une nouvelle révolte. C’est à cette nouvelle guerre qu’est consacré le très long livre VII. Vercingétorix, un Arverne, soulève toute sa clientèle et rassemble la majorité des peuples de Gaule sous ses ordres. Investi des pouvoirs suprêmes, il se montre un commandant rigoureux et efficace. Le projet gaulois de prendre Narbonne fait partir César pour la Province. (wikipédia)

La Province romaine en question, c’est la Narbonnaise, qui a une valeur stratégique car elle relie Rome à la péninsule ibérique, qui sera romaine. À terme, toutes les zones blanches sur cette carte d’Europe ont été conquises et développées par les Romains.

 

Carte de Narbonnaise

 

Le siège de Bourges

Au prix de gros efforts, il traverse les Cévennes en plein hiver et lance sa cavalerie attaquer les Arvernes. Après une marche record remontant Rhône et Saône, il rejoint Labienus et le gros de l’armée à Agedincum, châtie Cenabum, se porte au secours de Gorgobina assiégée, puis contre Avaricum (Bourges).

Les légions romaines, qui commençaient à souffrir de la faim, mirent le siège devant Avaricum, capitale des Bituriges Cubes. Vercingétorix avait mis en place une politique de la terre brulée. Mais les Bituriges n’avaient pas incendié leur capitale qu’ils croyaient imprenable. 

Les premiers assauts furent une série d’échecs pour les Romains : de nombreuses tours de siège furent incendiées ; les assiégés creusèrent également des galeries souterraines qui provoquèrent l’effondrement des rampes de siège. De son côté, Vercingétorix s’appliqua, avec sa cavalerie et son infanterie légère, à détruire tous les convois de ravitaillement destinés aux Romains. Mais après plusieurs jours d’échecs, les Romains, profitant du mauvais temps, parvinrent à entrer dans la ville et à s’en emparer. (wikipédia)

Vercingétorix fait brûler tout ce qui pourrait servir aux Romains. Le siège est très dur et se termine par le massacre de la population. L’armée finit l’hiver en cantonnement à Bourges. C’est le moment d’appliquer à César la devise de Vauban : « Toute ville assiégée par César, ville prise. Toute ville défendue par César, ville imprenable. »

 

Reconstitution du siège d’Avaricum (Bourges) – Maquette de Rolf Müller

 

Le siège de Gergovie

Au printemps, une élection contestée chez les Éduens appelle César comme arbitre à Decize. Puis il partage ses forces. Il envoie Labienus à Lutèce et part pour Gergovie en remontant l’Allier. Vercingétorix, mobile sur la rive gauche, échoue à lui interdire la traversée, et le devance à Gergovie. César envisage d’assiéger la place. Une révolte chez les Éduens oblige César à quitter Gergovie : il réussit de justesse à les maintenir de son côté et revient aussitôt.

Contre Gergovie, il a l’idée d’une ruse : tablant sur l’impulsivité des Gaulois, il cache une légion au pied de la « deuxième colline » qu’il voudrait conquérir, envoie la cavalerie se montrer sur l’arrière de la ville où les Gaulois s’activent aux fortifications et monte furtivement en force à l’assaut de la ville dégarnie par-devant. Mais ses soldats attaquent vraiment la ville. La contre-attaque massive des Gaulois les culbute. Une légion sort du petit camp pour les soutenir, ils arrivent à se replier, mais les pertes ont été lourdes. Les Gaulois ne les poursuivent pas. Quelques jours plus tard, César se retire, retraverse l’Allier, la Loire en crue, à un passage où personne ne l’attend et rejoint Labienus. Devant Lutèce, après un premier succès de Labienus, les Gaulois sont ragaillardis par la défaite romaine de Gergovie ; les Romains cherchent alors à se désengager, y réussissent en choisissant le terrain et retournent à Sens. À Bibracte, Vercingétorix est confirmé dans son commandement à la tête de la ligue gauloise. (Wikipedia)

 

Reconstitution du retranchement de Gergovie

 

Le siège d’Alésia

César, après avoir regroupé toute son armée et reçu un renfort de cavaliers germains, rencontre la coalition gauloise, en bat la cavalerie et la poursuit à Alésia.

Commence un long siège, dont César décrit minutieusement les travaux. Une armée de secours gauloise est mise sur pied grâce aux émissaires envoyés par Vercingétorix. Une fois parvenue à Alésia, elle tente une attaque de nuit, qui échoue. Elle lance par la suite une nouvelle attaque en colonne sur le point faible des Romains, leur permettant de franchir les lignes d’investissement romaines. La jonction avec les assiégés est imminente.

Sur place, Titus Labienus barre le passage avec un reste de légion. In extremis, César arrive en renfort à la tête des cavaliers germains. Il se produit alors une ovation immense, sur des kilomètres de rempart. Médusée, l’armée de secours se laisse culbuter et tailler en pièces. Vercasivellaunos capturé, l’armée gauloise se débande. Le lendemain, Vercingétorix se rend ou est livré à César, qui après la bataille décide de passer l’hiver à Bibracte et répartit en Gaule les cantonnements de ses légions. ~~Commentarii de BelloGallico, Julius Caesar (Wikipedia)

 

Comme on le voit, tout ce qu’on sait de la guerre des Gaules a été rédigé par Jules César, qui tenait à se faire mousser et à masquer quelques horreurs pour entrer dans les bonnes grâces du sénat romain. Nous n’avons aucune archive gauloise nous donnant un autre point de vue. Bien dommage pour notre fierté nationale.

Vercingétorix a été emprisonné dans le Tullianum à Rome pendant presque six ans avant d’être exposé publiquement lors du premier des quatre triomphes de César en 46 AECavant l’ère commune. Il a été étranglé après la cérémonie du triomphe au Temple de Jupiter Optimus Maximus.

 

Vercingétorix étranglé à Rome

 

Pourquoi avoir maintenu le chef gaulois en vie tant d’années après sa reddition, en52 AECavant l’ère commune? Un passage des Verrines, rédigés par Cicéron en70 AECavant l’ère commune, donne un élément de réponse : « Or même ceux qui vont recevoir le triomphe et pour ce motif gardent plus longtemps en vie les chefs des ennemis, afin que leur présence dans le cortège triomphal offre au peuple romain le spectacle et le fruit le plus beau de la victoire, les font conduire en prison, quand les chars commencent à tourner du Forum vers le Capitole, et le même jour voit finir le pouvoir des vainqueurs et la vie des vaincus » ~~Cicéron, Verrines.

Montrer Vercingétorix vaincu, probablement enchaîné, évoque non seulement la victoire de César, mais aussi celle du peuple romain tout entier contre l’ennemi gaulois qui inspirait la crainte (metus Gallicus) depuis le sac de Rome par Brennus en390 AECavant l’ère commune.

Une anecdote, racontée par Suétone, émaille le récit du triomphe sur la Gaule : « En traversant le Vélabre, César faillit être précipité du haut de son char, dont l’essieu s’était rompu et il monta au Capitole à la lumière des flambeaux que portaient dans des candélabres, quarante éléphants, à sa droite et à sa gauche » ~~Suétone, Vies des douze Césars. (source)

 

Rome et l’empire

 

Scoop

Les singes verts peuvent se tenir debout pour observer la savane

Ces primates sont assez communs en Afrique où il existe six espèces qui ont en commun un faciès sombre, un pourtour de poils clairs entourant le visage, une longue queue non préhensile et des organes génitaux colorés (fesses et testicules bleus, pénis rouge des mâles). Ils appartiennent à la famille des cercopithécidés, qui regroupe les cercopithèques et les cynocéphales comme le babouin et les macaques

Présents dans une grande variété d’habitats de l’Afrique subsaharienne, ces singes vivent en communautés hiérarchisées qui se donnent l’alerte avec des cris modulés selon la nature du danger. Ils sont aussi des proies pour divers prédateurs comme le léopard ou le chimpanzé qui les chassent pour consommer leur viande.

Comme leurs cousins baboins et macaques, ces singes verts sont sans cesse en train de se chamailler. Ils passent leurs journées à s’épouiller ou à se bagarrer dans des rixes anodines et interminables, ce qui est à l’origine du fameux proverbe : Vert Singe est aux rixes. Faut-il y voir l’origine du nom bizarre de ce gaulois ? Là, je n’en sais rien du tout. (*)

(*) Mais c’est peu probable.

 

 

Il n’y a pas de pessimistes, il n’y a que des optimistes bien informés.
Patrick Timsit