Astral 14

 

Les colibris du Pérou — les vrais colibris de Nazca, pas ceux en couleur pour les touristes — sont de redoutables dragons, nos maîtres. Ils le sont encore dans l’ombre. Maintenant revenons avant la fin de la guerre. C’est stupéfiant  : tous vos rêves se rejoignent. J’hallucine !

 

Nuit du 10 au 11 septembre 2026

(A) – Aucun souvenir pour cette nuit.
Ton cas n’est pas unique. D’autres rêveurs ont eu une nuit sans rêve, ou plutôt sans souvenir.

(D) – Cette nuit avant le premier réveil pas de mémoire. Et pendant que je somnolais, j’avais des images qui se sont envolées. En rapport avec le château et le « GEN » du tanker… C’est fou tous ces rêves !
Oui c’est fou. Et le plus beau reste à venir.

(E) – Je me suis vu en extérieur dans une ville qui d’Allemagne ou de Suisse. Il fait beau. Les passants sont bien habillés comme avant guerre. Un gros véhicule décapotable est passé, à l’arrière un mec avec une sale gueule, patibulaire mais presque.aurait dit Coluche. Puis je suis dans un amphithéâtre, les gens sont debout, très énervés. Il n’y a que des hommes. Je suis mal à l’aise. Je crois que j’étais en Allemagne et que j’étais juif.
Tu es en Bavière, l’Allemagne qui ressemble à la Suisse. Tu vois passer un gradé nazi. Tu es juif dans un camp de concentration.

 

 

Nuit du 11 au 12 septembre

(K) – Je suis dans une station de montage, pas de neige, pas de touristes. Des bungalows de récup sont installés entre les barres d’immeubles, c’est la débrouille. Des gens filent leurs plans pour trouver ou récupérer ça ou ça. Mes enfants ados et moi descendons une colline, une montagne par des chemins creux guidés par des bergers peu loquaces accompagnés de chiens envahissants. J’arrive pas à garder mes gosses avec moi, faut toujours que je fasse demi-tour pour les retrouver.
— Surveillez un peu vos chiens, dis-je aux bergers qui s’en foutent.
On arrive en bas de la pente où coule une rivière, il faudra suivre la rive avec les pieds dans l’eau.
— Y a pas un autre passage ?
Il faudrait remonter tout en haut et contourner par un autre sentier. Bon, on entre dans une cabane en pierre où les bergers se retrouvent et parlent à mots couverts :
— C’est pas facile pour les revendeurs en ce moment.
Ça doit pas être des dealers mais leur revendeurs de fromages. J’ai encore perdu mes enfants. Je passe sous la maison pour sortir et tombe sur une épave de moto encore en bon état. Faudra que je leur demande si je peux la récupérer.
Que d’habillage ! Tu as tout mais dans le désordre. Tes enfants sont un groupe d’enfants juifs à qui tu dois faire passer la frontière allemande vers la Suisse. Les bergers sont des passeurs qui ne franchissent pas la frontière. Ils vous confient aux revendeurs qui vous planquent dans une ruine, la cabane en pierre.

 
(D) – Cette nuit, j’ai pris des notes parce que ça fusait. Je suis dans une procession de voitures. On passe dans une  forêt en grimpant une colline pour arriver à une église. Autre rêve : Il y a une attaque de lions dans un hangar et ensuite ils arrivent à l’intérieur de la maison sur le même terrain. J’essaie de repousser l’attaque pour protéger les gens et surtout Sophia. 3ème rêve : Dans un bunker avec des cartes du monde bien éclairées ou sur écrans, Manon et moi au milieu d’une foule assez pessimiste sur les dernières news du monde (guerres). Tous deux on parle de notre Sophia qui nous force à rester optimiste pour elle… on se confirme qu’on ne pourrait pas se passer d’elle. Toujours dans ce bunker, je remarque sur un meuble une réunion d’entreprise d’humains de petite taille avec d’autres encore plus petits et Janet de la série The Good Place qui aide un des employés à trouver une idée pour la Reine. Peut-être étaient-ils des agents de Grand Central en reconnaissance incognito sur le terrain dans le bunker de la seconde guerre ??
Sophia est ta fille actuelle, de même la série The Good Place vient de cette vie-ci. Mais ton rêve date de la vie d’avant. Sophia s’appelle סופיה, Sofia. Une petite juive qui doit passer la frontière entre l’Allemagne nazie et la Suisse, pays neutre. Pas de bunker, la foule n’y tiendrait pas. Tu as gardé ce détail seconde guerre pour donner l’époque.Vous êtes dans une salle d’accueil suisse où une carte papier (non électronique) disposée sur une grande table montre les mouvements de troupes en Europe. Les petits personnages sont des figurines qui représentent les différentes troupes.
Relis le rêve de (K) juste au dessus de celui-ci. On dirait que vos souvenirs sont en train de se mélanger…
 
 
 
 
(E) – Cette nuit changement de décor. J’étais au moyen âge, vêtu d’un justaucorps façon Robin des bois avec son petit chapeau. J’aidais à porter une énorme planche vers un édifice que je ne voyais pas. Je crois que la cité dans laquelle je me trouvais était attaquée. Je vois la pièce où je vis, un grabat au sol, pas de meubles, à priori je ne suis ni chevalier ni bourgeois. La ville est bruyante et ressemble à un décor de film.
L’image suivante, je suis au milieu d’une bataille, d’une mêlée métallique où tout le monde frappe sur tout ce qui l’entoure. A priori je suis à pied et je vois tout ça au travers d’un casque avec une grille devant les yeux. le bruit est insupportable, je veux la paix. Je suis assis à côté du vieil indien des premiers rêves. Il fait froid car il s’est couvert les épaules d’une couverture colorée. Nous ne parlons pas, nous descendons la prairie vers une rivière.

Voilà pour aujourd’hui. Je viens de lire Astral 13 et je pense à ce que tu as écrit sur les notes qu’il faut prendre. Les rêves que je fais dans ce cadre sont clairs et je m’en souviens parfaitement même plusieurs jours après, alors qu’habituellement c’est beaucoup plus vague et ça s’estompe très vite.
Tu n’es pas au Moyen-Âge, habillage. Tu es en tenue de parachutiste avec le béret, en 1943, dans un blockhaus des Alpes entre l’Allemagne et la Suisse neutre. L’énorme planche est un canon longue portée. Vous êtes nombreux à tenter de le mettre en position de tir. La pièce où tu vis est comme tu la décris. La bataille a bien eu lieu. La grille devant tes yeux est sur une fenêtre longue et étroite du blockhaus. Un guide de haute montagne (ton vieil Indien!) te permet de fuir l’approche des troupes nazies.

Tu te souviens bien de tes rêves réels, mais l’habillage fausse tes souvenirs. Lis les deux rêves précédents, c’est hallucinant. 

 

 

Ils ont des yeux, qu’ils regardent ! Ils ont des oreilles, qu’ils écoutent ! Ils ont un esprit, qu’ils s’en servent ! Ils ont une bouche, qu’ils la ferment !
Lao Surlam