Jour3

 

Je chéris chaque partie de toi, corps et âme. Tu es ma Femme, ma Dame de cœur et de gésier, moi ton Xavier crissant sous tes pieds nus. Je chéris ce que tu fais, ce que tu dis, ce que tu vois, ce que tu vis. Je suis heureux de ton bonheur, désespéré du moindre souci qui tend ton sourire et ternit ton aura.

…Ça reste vrai, mais c’est en second plan. Je cuve.

 

J’ai changé

Tout compte fait, j’ai passé deux jours de merde. Sans corps, sans bras, sans foie ni l’oie, au jugé, au figé, au hasard Balthazar, ni vu ni cocu j’t’embrouille. Et ça dérouille. Du coup, au réveil, j’ai pigé. Finie la galère qui prend l’eau : je prends l’air. Il fait beau. L’idée choc : une journée sans elle. Vide. 

Sans elle, ça se fait. Mais vide elle ne l’a pas été, la belle journée. La chaleur folle a disparu. Soit l’habitude, soit les nuages, suis juste bien. À poil comme d’hab. Je suis seul chez moi, ça choquera qui ? Les fourmis ? Matinée de rêve. Je ne me quitte plus. Empli de moi, de ma folie, tout plein d’amour pour la vie. Je n’en reviens pas. Tu le crois ? Difficile.

Si facile d’être ! Si tranquille ! J’ai un mail de la belle. Que veut-elle ? 

 

Son mail

Bonjour Xavier-Tichou
Je ne crois pas que la solution soit de te réfugier en moi. Regarde : hier soir tu me disais que tu ne savais plus qui tu étais. Tu n’as pas à être perdu. Est-ce que tu m’adores comme tu as adoré Flornoy ?
 
Oui, tu m’aimes, mais ne m’adore pas, je ne suis pas plus spéciale que toi. Si tu continues de m’adorer comme tu le fais, ça va me foutre en l’air, parceque tu es puissant.
 
Aime-toi et prends refuge en Toi. C’est la seule option viable, je t’ai déjà montré comment faire. Je préfère qu’on ne se voit pas aujourd’hui, j’ai besoin d’être seule.
 
 

Idem

— Pareil ! je lui réponds. Comme moi !!! Elle pense la même chose. On est tout le temps pareils, incroyable mais vrai. Hier ou avant-hier, son message m’aurait tué net. Je ne pouvais pas me passer d’elle. Oxygène vital. Aujourd’hui c’est l’inverse. Je dois me passer d’elle. Toth allemand. Sa seule présence me décentre, je suis mieux seul. Je suis moi.
 

Pour une fois !

Ce plaisir d’être enfin seul m’est inconnu depuis neuf ans. Elle non. Toujours ses filles sur les bras, être seule est plus qu’un plaisir : une joie rare. Pour moi, c’était l’enfer. La faute à qui ? Je ne suis pas liant. Je ne l’étais pas. Ça change vite !
 

Jour 3 

Aime-toi et prends refuge en Toi. C’est la seule option viable, je t’ai déjà montré comment faire.
Culot ! Elle a tout oublié !  Comme moi hier, mais dans l’autre sens. Je lui ai montré ça il y a huit ans. Trépidante, elle était. Ça l’a calmée. Et moi aussi. Je revenais du fin fond du malheur. Impensable. Indépassable. J’avais perdu la gigotomanie. La pause s’impose.
 
Car moi je ne suis plus. Je ne puis être. Face à ma faiblesse, la toute puissance qui m’habite vient d’ailleurs. Je le sais maintenant.
 
 
 
 
 
 
 

Poupée vivante

Le bonheur ! J’ai 15 ans. Scout de France à la 230e Paris.insigne sur le bérêt Chef de la patrouille des Castors. Flotsdeux rubans à l’épaule gauche qui figurent la patrouille marine et noir. Guérisseur déjà. Heureux d’être. Chaque instant son lot d’or et de lumière. Je vivais je le jure. Et ne me rêvais pas.
 
Puis les filles. Les fesses rondes et les seins naissants. J’y ai joué de tous mes doigts. Et pas que ça. Tout gamin dans les bras d’une grande qui joue avec moi. Je suis sa poupée vivante et j’adore. Ma première déesse aux doigts longs.
 
Je ne pouvais rester seul un moment. Autour de moi, les chéries dansent et j’aime leur pas léger. Sveltesse. Souplesse et grâce. Je voulais pour toujours vivre au milieu des femmes. Elles savaient comment se glisser dans mes jeux d’enfant. Et comment me laisser seul avec moi. Épanoui et content.
 

Elle est née fée

 

Devic, ami fidèle, plus frère qu’un frère, puis-je dire que tu me manques quand tu dors dans mon cœur ?
 
 
 
Il est indispensable que l’humanité formule un nouveau mode de pensée si elle veut survivre et atteindre un plan plus élevé.
Albert Einstein