On n’oublie rien

 

« Tu vois, je n’ai pas oublié » chante Montand. « On n’oublie rien du tout, on s’habitue, c’est tout » lui répond Brel. « Avec le temps… Avec le temps, va, tout s’en va » conclut Ferré. La Loi d’oubli efface tout, mais il suffit d’accéder à la carte-mère, tout ce qui a été vécu y figure à jamais. Malgré le mur de la mémoire, l’oubli n’est qu’apparent: une simple habitude qui crée un écran trompeur.

 

Le Nagual

Tous nos faits et gestes restent à jamais stockés dans notre inconscient … ou dans le cloud de l’aura. Pour y puiser les souvenirs perdus dont on a besoin pour progresser, des techniques existent. Certaines sont très anciennes, comme la récapitulation du nagual. Par ce biais, on peut se rappeler tout son vécu depuis la naissance. Mais pas seulement. Des vies antérieures sont accessibles, qui ouvrent l’accès au passé de notre espèce. Mémoire génétique ? Ou juste un saut aux annales akashiques

En fait, il s’agit d’un déplacement du point d’assemblage. Juste un brin de magie ordinaire. Difficile? Non pas. Il suffit de trouver la porte du nagual. Dans le vocabulaire de Castaneda et des sorciers du Mexique, Nagual est un mot-clé qui ouvre bien des boîtes. En premier lieu, le Nagual est le chef d’un clan de sorciers. Il possède une qualité innée qui fait de lui le Nagual, et les sorciers de son clan le voient. Un détail dans sa luminosité lui permet d’échapper à la pression de cette réalité-ci. Il passe très facilement côté gauche, c’est à dire en alpha — ou en astral, les deux étiquettes vont sur le même flacon.

Le nagual peut aussi y emmener d’autres sorciers. Cette réalité non-ordinaire se nomme aussi Nagual, mais on y met une majuscule. Nagual enfin, ce lieu de conscience dans notre bulle lumineuse, ou plutôt ce vaste ensemble de lieux de conscience qu’on appelle le côté gauche, et qui met en œuvre une partie de notre cerveau, l’hémisphère droit.  L’hémisphère gauche, celui de la raison raisonnante, nous permet d’évoluer dans le Tonal. Tout le monde connaît. En fait, on ne sait presque rien du Nagual dans notre monde occidental surprotégé par la raison et le doute.

Mais quant à toi, initié aux mystères sacrés, prends confiance car divine est d’origine la race des mortels et à ceux qui savent éveiller en leur âme le divin qui y sommeille, la nature dévoile toutes choses. (Pythagore)

 

 

Le temps de l’innocence

Le monde est tel que nous voulons qu’il soit. Ou plus exactement, tel que notre conditionnement veut qu’il soit. L’autre monde, le vrai, l’infini, c’est le Nagual. À la fois le pilote, le pays et le moyen de transport. À la fois l’aventure absolue, et la Règle implacable. L’horizon d’un trou noir qu’on appelle l’autre monde : d’autres univers parallèles. Visiter ces mondes, au moins les cinq qui nous sont accessibles, préparer une route pré-mortem dans ce quintuple infini, tel est le Nagualisme.

Nagual n’est pas chamane. Dans les sociétés tribales le chamane est le guérisseur, l’homme-médecine. Chez nous, le chamane est un sorcier, comme le nagual. Mais en France, la notion de sorcellerie évoque le côté noir. Il y a pourtant des sorciers blancs, voyez Gandalf. Et il y a des sorcières blanches, ce sont les fées. Jadis les sorciers blancs étaient des enchanteurs, des guerriers et des savants, comme Merlin. Les Gaulois les connaissaient bien, ils les appelaient des druides.

Et si on remonte encore plus loin, on trouve une époque où tous les hommes étaient magiques, où toutes les femmes étaient des fées.  Souvenez-vous du temps où des hommes tout-puissants et des femmes plus puissantes encore allaient et venaient dans les bibliothèques akashiques. « Time it was, it was time, a time of innocence… »C’était le temps de l’innocence  chantaient Simon et Garfunkel. Les couples convolaient en plein ciel. Lumière, né de la lumière, l’esprit planait à la surface des eaux. L’amour résidait sur les cimes.

 

Qu’est-ce qui a bien pu nous arriver ?

Tu ne me crois pas ? Va voir. La ligne de temps est un transport gratuit. La mémoire est intérieure : Cherche en toi. L’inconscient est un lac d’émeraude où dorment tous les souvenirs des mondes engloutis. En ce crépuscule déjà sombre, un bonus : nous n’avons pas seulement accès à tel ou tel souvenir de nos vies antérieures, nous avons accès à chaque lieu, chaque instant du passé. Revoir les grandes figures qui ont animé les âges lointains, en cette aube de l’humanité où le temps, le ciel et la terre étaient très différents.

Pour que le phénix puisse renaître de ses cendres, il doit commencer par se jeter au feu. Si tu veux sortir des flammes de l’enfer, va où les flammes sont les plus hautes, dit le coach de vie. Coche de vie. Qui veut renaître, doit passer de l’autre côté de sa douleur. Tourner son regard. 

Le guerrier qui voyage sur toute sa ligne de temps est un passe-muraille qui nous montre le chemin à suivre. (Lao Surlam)

 

 

 

Monade

L’humanité n’est pas un sac de billes, où chaque bille est indépendante de ses voisines. Ni une collection de « je » individualistes et fermés comme des monades. Qu’est-ce qu’une monade ? Le concept est de Leibnitz.

D’après ce philosophe, chaque individu est enfermé dans une bulle privée de tout contact avec l’extérieur. Ces bulles aveugles et sourdes, il les nomme des monades. Chaque monade croit voir des choses, parler à des gens, écouter des sons, mais rien de tout ça ne vient de l’extérieur, ce sont de purs produits de son imagination. Prouvez-moi le contraire. 

Ça agace, ce genre d’idée, parce qu’aucun argument ne peut en venir à bout. Un peu comme le mythe de Matrix, un piège imparable ! Dans La monadologie Leibnitz explique :  « Il n’y a pas moyen aussi d’expliquer comment une Monade puisse être altérée ou changée dans son intérieur par quelque autre créature, puisqu’on n’y saurait rien transposer (…) Les Monades n’ont point de fenêtres par lesquelles quelque chose y puisse entrer ou sortir. » Implacable système qu’on ne peut réfuter. Comment prouver que le monde n’est pas une illusion ? Nos sens nous trompent, disait Descartes. Son disciple a poussé le doute à son point limite.

Pour atteindre la vérité, il faut nous défaire de toutes les opinions reçues et reconstruire tout le système de nos connaissances. (René Descartes)

 

Mon aide

Mais la vie est toute autre. Les êtres humains ne sont pas des monades. Ni les pièces 3D d’un puzzle holographique. Nous avons tous des ancêtres, personne ne s’est formé ex nihilo, nous sommes tous redevables à une foule de gens, grands ou petits, connus ou pas.

Pour moi tout a commencé avec les contes et légendes, les images, les BDs, les mythologies, les rêves éveillés. Je dois beaucoup à de nombreux auteurs, chercheurs et sorciers de tout poil : Edgar Pierre Jacobs, les Beatles, Platon, Bob Dylan, Robert Charroux, Hergé, Lou Reed, Jules Verne, Lob et Pichard, les Doors, Hérodote, Pierre Mac Orlan, Ridder Haggard, Pink Floyd, Louis Aragon, James Matthew Barrie, Tolkien, Saint Exupéry, Louis Ferdinand Céline, Hemingway, Faulkner, André Malraux, Jean Giraud et Moebius. Ils sont à l’origine de ma quête. Je l’ai écrite comme je l’ai vécue, selon leur bel exemple. Car les temps sont en train de changer.For the times they are a-changin’ (Bob Dylan)

For the times they are a-changin’ (Bob Dylan)

 

 

Interconnectés

Nous sommes les composants d’une grande toile vivante, interconnectés comme les cellules d’un même corps. Et je ne parle pas de technologie, mais de pouvoirs. D’ondes scalaires. De transmission de pensée, d’émotions, d’amour. Nous ne formons qu’un seul corps, le corps humanité. Nos disputes, nos mesquineries n’ont aucun sens. Seulement personne n’en sait plus rien. Et tout le monde s’en fout comme de l’an 40. Disciples de Mammon, les dieux de la finance et leur clergé, la puissante guilde des marchands, nous ont fourgué l’arme ultime : l’égoïsme absolu. Chacun pour sa gueule, on consomme et on jette, faute de savoir partager.

Et pendant qu’on se tire dans les pattes, les puissants nous tondent la laine sur le dos. « Diviser pour régner », Machiavel en avait fait le premier principe de sa science du bien gouverner. « Diviser pour régner », devise des religions, refrain des tyrannies. Poussez-vous les puissants, l’an 40 arrive. Quoi qu’on fasse, les lignes bougent. La nature humaine notre bien commun est comme une grande toile qui nous unit dans son canevas.

Tant pis si nous l’avons oubliée, la technologie nous en a tissé une autre. Le web. La Toile. L’esprit de Gaïa est dedans. Forcément. Mais aussi celui des Archontes.

 

Impensable

Tandis que j’écris ces mots impensables, j’hallucine et je me souviens. Il y a vingt ans, je me croyais à la fin du voyage. J’avais baissé les bras. Désarmé. Désabusé. Quand mes amis de toujours ont quitté ce plan, je me suis fait une raison. Ma solitude sur cette terre allait être aussi gaie qu’une marche funèbre. Et au bout, je voyais le cimetière. Si j’avais su! Je me suis lancé dans la préparation du présent site, sans trop y croire,  j’avais des notes partout, scotchées au mur, punaisées, griffonnées, raturées, il a fallu choisir, mettre de l’ordre. Je n’ai pas cessé depuis.

Moi qui me pensais seul au monde, moi qui me croyais fini, comme je me trompais! Depuis 2008, ce site est en ligne. Il a connu quatre versions délirantes, et des millions de lecteurs. Tant de rencontres, tant de changements, tant de conquêtes sur moi-même, ma paresse, mon indolence, mon manque de ténacité, ma faiblesse. J’ai été celui-là. Il a fallu tant de victoires, petites, quotidiennes, secrètes. Elles m’ont reconstruit. Le chemin montant m’a changé. Et je me souviens de cette parole magnifique qui ouvre un bouquin fabuleux, Histoires de Pouvoir, par Castaneda.

« Ce qui importe pour un guerrier, c’est de parvenir à la totalité de soi-même. L’homme moyen cherche la certitude dans les yeux d’un spectateur et nomme cela confiance en soi. Le guerrier cherche à être impeccable à ses propres yeux et appelle cela humilité. Le guerrier doit se pousser constamment au-delà de ses limites. Combien de choses fais-tu maintenant qui t’auraient semblé de la folie il y a dix ans ? »

 

Un artiste, c’est quelqu’un qui a mal aux autres. (Jacques Brel)

 

 

C’eravamo tanto amati. Nous nous sommes tant aimés.
Ettore Scola