Auto-analyse

Devic, ami fidèle, plus frère qu’un frère, puis-je dire que tu me manques quand tu dors dans mon cœur ?

 

Tout gamin dans les bras d’une grande. Je suis sa poupée vivante et j’adore. Ma première déesse aux doigts longs. Autour de moi, les chéries dansent et j’aime leur pas léger. Sveltesse. Souplesse et grâce. Je voulais pour toujours vivre au milieu des femmes. Elles savaient comment se glisser dans mes jeux d’enfant. Et comment me laisser seul avec moi. Épanoui et content.
 
 

Pas le premier soir !

…disent les sérieuses. J’étais plus jeune qu’elles, bien plus jeune. Tout petit. Et toujours d’accord dès le premier soir. Prêt dès le premier instant. Pas sérieux.

Je débranchais tout de suite. Me sentant en danger, elles me nourrissaient. Leur énergie coulait dans mon corps subtil. Elles n’avaient devant elles qu’une poupée de cire. Un enregistreur qui n’en perdait pas une miette. Pour plus tard, pour maintenant ! Car au fur et à mesures de mes aventures, j’effaçais tout.

Il me fallait cette innocence, cette pureté soumise que toutes les femmes jugeaient irrésistibles. Je ne pouvais me montrer comme j’étais, un gosse dragueur, un bébé pervers. Il me fallait devenir celui qu’elles allaient aimer : l’enfant innocent, soumis, sexy…

 

40 ans plus tard

J’ai fait avec Elle ce que j’avais fait jadis avec mon benefactor. J’ai débranché mon alimentation énergétique. Toute l’énergie dont j’avais besoin venait de lui. Pas tout le temps. Seulement quand j’étais avec lui. Je me mettais plus bas que terre, il ouvrait en grand les vannes du don de soi et m’inondait de ses conseils que j’ai toujours suivis aveuglément. J’ai fait pareil avec Elle.

J’ai débranché mon énergie. Privé d’alimentation interne je devais me nourrir exclusivement sur Elle — qui s’est laissée faire avec gourmandise. Au début, je précise. Puis Elle a pris peur. « Pourquoi il m’adore comme ça ? Qu’est-ce qu’il lui prend ? »

Ce qui m’a pris, c’est une mémoire enfouie. Ma sexualité de petit enfant a refait surface. J’attirais les femmes comme des mouches. Chaque fois, pour les pousser à agir, je débranchais mon alimentation énergétique. Je me mettais ainsi à leur merci, totalement. J’étais un bébé qui leur servait de jouet sexuel. Et elles ne s’en sont pas privées, les grandes ! J’ai retrouvé mémoire d’une douzaine, je sais qu’elles furent plus nombreuses. Beaucoup plus !

 

 

Soumission démission

Elle, ces jours-ci, ça ne lui a pas déplu du tout. Elle me connaît trop bien pour me prendre au sérieux. Elle a cru à un délire, un jeu, je ne sais quoi d’innocent mais non.

Pour moi Elle était le témoin idéal. Pour mon inconscient. Sauf que les rôles s’étaient inversés avec les âges. Le gosse et la grande sont devenus le vieux et la gamine.

 

Démariés 

Mariés selon l’esprit et selon la chair, nous n’avons pas signé le livre en mairie. Tant mieux. Notre non-mariage fut un échec qui nous dispense du divorce. Rien à raturer dans le même livre imbécile. Allons, soyons gentil pour changer. Imbécile ou pas, faut bien que les bovidés aient leur nom dans un livre.

 

 

Un bœuf entre amis

Faire le bœuf est une bonne façon de fêter la musique. Pensez-y le 21 juin. Racontez la comptine.

Un bon bœuf entre amis
Tes soucis sont démis
La musique est un art
Qu’on fait le soir peinard
Avec deux ou trois potes 
Un morceau qui dépote
Et nous met tous d’accord
D’esprit de cœur de corps.
(sur l’air de : )Je me brûle l’œil au fond d’un puits

J’ai fait des bœufs plus souvent qu’à mon tour. Maintenant je suis à la garde d’une fée que je garde contre Elle. Son bonheur me regarde et son œil me rencarde. Ce gardiennage croisé est un lien noble et sain qui bannit l’algarade. Il y faut beaucoup d’amour, du silence, de l’admiration. Peu de quant à soi. Se taire. Trop parler nuit. Trop gratter cuit.

C’est le moment de pratiquer mon culte du silence.

 

Elle est née fée

 

Qui me fée tant d’effée

 

La douceur envers soi aide à être doux avec autrui.
Brene Brown