Fée ce que veut

Elle haine et fée qui me fée tant d’effée

 

Fée un jour, fée toujours. Elle peut bien me renier, c’est elle qu’elle trahit. Elle peut bien se prendre pour ce qu’elle n’est pas, elle s’éveillera, c’est inévitable. Mais pour l’instant je suis incapable de dire quand. Ni où. Ni comment. Quelle importance ? Je suis heureux de son bonheur. Je n’attend rien qui passe.

À moi l’âme UR qui dure.

 

 Superflu.

La colère qui m’a saisit n’était pas la sainte colère des évangiles. Écrits par d’autres qui ont vécu longtemps avant, et qui, chose curieuse, portaient les mêmes noms : Iahn pour Jean, Lug pour Luc, Marc’h pour Marc, Myrdinn / Merlin pour Matthieu. Bref passons.

Elle est ma fée, elle est d’abord la fée de ce monde qui en a tant besoin. J’ai passé l’âge de croire aux fées. De toute mon âme, je souhaite qu’elle s’éveille, humble et pure comme elle sait l’être. Comme elle l’est. Sans doute lui ai-je raconté trop d’âneries ? Saurai-je jamais tenir ma langue ? L’enchanteur ému d’assister à l’éclosion d’une fleur nouvelle, enchanteresse. Divine.

Ma tête est vide. Je suis livide sur mon lit vide. Là il faudrait…

 

Comment allez-vous ?

Que faudrait-il ? Ma tête est vide, mon cœur aussi et mon corps ne me dit rien. Je est un autre. Elle va venir me voir, aujourd’hui, demain, plus tard. Je lui dirais : Comment allez-vous ce matin ? Si elle ne vient pas, je lui laisserai un mot : Si vous avez besoin de moi, je suis à côté, n’hésitez pas.

Pourquoi la vouvoyer ? C’est venu comme ça. Marquer la distance. Nous ne sommes plus ensemble, comment désormais ? Elle est fée, je suis limace. Enchanteresse ? À grand mal je progresse. Elle danse ? Sur mon ventre j’avance. Voici l’enchanteur inutile. Il a joué sa partition, plus courte qu’il aurait voulu, trop longue pour Elle. D’autres missions l’attendent. Je comprends. Et je pleure.

 

 

Tragicomédie

Un an ? Trente ans ? Un mois ? Moins que ça ? Pour quelques temps encore, je dois jouer la comédie du monde. Il y a si longtemps que j’y joue, j’en connais les ficelles. C’est comme parler une langue étrangère. Ou sa vieille langue natale quand on a passé sa vie ailleurs. Je suis ainsi, prenez-moi comme je suis. Laissez-moi là, c’est mieux.

Vide. Depuis tant d’années j’attendais ce vide intérieur. Cette accalmie que je souhaite durable. 

Beau ciel, vrai ciel, regarde-moi qui change !
Après tant d’orgueil, après tant d’étrange
Oisiveté, mais pleine de pouvoir,
Je m’abandonne à ce brillant espace,
Sur les maisons des morts mon ombre passe
Qui m’apprivoise à son frêle mouvoir.

~~Paul Valéry, Le cimetière marin

 

Déférence gardée envers Paul Valéry,
Moi, l’humble troubadour, sur lui je renchéris,
Le bon maître me le pardonne,
Et qu’au moins, si ses vers valent mieux que les miens,
Mon cimetière soit plus marin que le sien,
Et n’en déplaise aux autochtones.

Georges Brassens, Supplique…

 

 

Les lendemains qui chantent

Je veux bien, mais qui chantent quoi ? Ma solitude ? Si toi aussi tu m’abandonnes ? Capri c’est fini ? Ne me quitte pas ? She’s gone ? Tu t’en vas ? Bye-bye love ?

Que chantent-ils à l’enchanteur, ces lendemains qui enchantent et font peur ? Reviens veux-tu ? J’attendraiSeul dans ma chambre ? Sans toi ?

Pfff… Qu’est-ce que j’en sais ? Les lendemains chanteront-ils la victoire ou la défaite qui pèse ? Jour de gloire ou vendredi 13 ? Ma chère langue française, t’as de ces rubriquesd’accès lubrique ! Heureusement la page se tourne, ces manies s’oublient, d’autres arrivent. Elles disent la même chose, mais pas pareil. La vie c’est comme ça. Une vraie recette de cuisine. Les mêmes ingrédients pas dans le même ordre, sans compter le tour de main. Demain. Chantera-t-il ? Vous le saurez demain.

 

Elle est née fée

 

Ranafout !

 

Très tôt j’ai compris que ce qu’on nous enseignait dans les manuels avait un côté provincial, sans imagination, qui manquait d’air.
Hubert Reeves