Le balancier

…Qu’s’aviez ses gains

 

À mon âge on intéresse qui ? Je vous le demande. Je suis lu, m’aime-t-on ? Même pas. Est-ce qu’on m’aime pas ? Même ton. J’en suis là, j’en suis las. Il fait si chaud depuis dix jours que j’ai froid en dessous de 21°. À 19° j’allume un ti feu dans la cheminée. Vieillir, dit-il. Pour mieux sentir qu’on ne sent plus rien. Et pour mieux voir qu’on est miro.comme le peintre.

 

À mon âge on intéresse qui ?

Vieillir c’est mourir un peu tous les jours. Partir, ya le temps. Haletant, j’arrête. Ne plus vieillir encore. Je ne dis pas que je vais rajeunir, je veux refuser le temps — qui, si l’on croit Einstein, n’existe pas. Que ma vie soit un long instant plein de sève, un éternel printemps. Je suis né au printemps et j’en suis bien content.

Le temps est une illusion obstinément persistante.

Albert Einstein

Le monde matériel ! Suis-je matérialiste ? Ni ça ni rien d’un dialecticien. Dans la pensée marxiste, le matérialisme dialectiqueou dialectique matérialiste, ou diamat, est l’emploi de la méthode dialectique pour analyser la réalité à travers le prisme du matérialisme. Il se situe dans le prolongement du matérialisme historique, conçu par Karl Marx et Friedrich Engels.

Le petit bourgeois se noie dans les eaux glacées du calcul égoïste

Karl Marx – Friedrich Engel

La religion est l’impuissance de l’esprit face à des événements qu’il ne peut comprendre.

Karl Marx

 

Marx et son frère jumeau, les fameux Marx brothers

 

Elle m’a tué

Va le balancier longtemps vers la droite. Et vers la gauche aussi longtemps. À ceux qui s’en étonnent, gens du centre, timides, je répondrai ceci : s’il reste au centre, le balancier ne bouge pas. D’où nous vient l’énergie dans ce cas ? Pour qu’il balance, il doit quitter le centre et n’y rester jamais. J’aime ce qui bouge et le balancier aussi. 

Une femme, une autre encore. Elles n’arrêtent pas d’arriver. La dernière arrive un jour, on n’en sait rien. Heureusement.

Elle m’a tué. Comme je vous le dis. Elle m’a aimé, c’est du passé. Elle est toujours près de moi, à petits feux Elle me zigouille. C’est ainsi. M’aime-t-Elle ? Oui. Me hait-Elle ? Oui aussi. Comportement basique. L’opération amour haine. Le fameux alphabet. 

C’est ce que j’appelle une AIME HAINE OPÉ.
CUL EST RESTÉ ?
pas toujours hélas.

 

Termine a tort

Elle n’est pas la dernière, c’est l’autre que j’attends. La camarde. Elle vient sans crier garde un soir qu’on l’attend pas. À mon âge, ils sont rares ces soirs-là. On l’attend à chaque instant…

Il ne rapporte rien
Qui se perde ou se garde,
L’Étoile du matin
Est a qui la regarde.
Il a gagné, perdu,
Mais voici la camarde,
Tremblant sous quelques hardes
Clovis est revenu.
(Leny Escudero)

La camarde connaît son monde : le monde des non-vivants. Pas encore morts, pas complètement, mais plus du tout vivant. 

 

Retuer

Voilà, j’arrive ! Une minute ! Qu’on soit à la fin de cette journée. On m’a hypnotisé. Je dois tuer quelqu’un. Disons retuer. Cette personne est morte et c’est moi qu’on a désigné pour en finir avec elle. En finir ? C’est très clair. Je vais arrêter définitivement ses réincarnations. Pourquoi ? J’en ai reçu l’ordre. De qui ? 

Est-ce que je sais ? Un ordre autorisé. Ne me demande pas qui ou quoi l’y autorise, je n’en sais rien. Trop de risques ? Aucun. Il est mort. Il ou elle. Je ne sais pas qui c’est. Oui, comme tu dis. Drôle d’histoire. Pas drôle du tout. Ni pour moi ni pour cette personne que je dois terminer. Qui va jouer son rôle ? Qui dois-je terminer ? Facile : je dois terminer la première personne que je verrai.

 

 

De travers

Quand il fut de l’autre côté, la première personne qu’il vit fut son reflet dans le miroir des vies. Sur le  côté du miroir, se trouvait un bouton marqué ERASE.

Il s’est rasé.

Depuis le début, l’imbécile a tout compris de travers. Tout le temps. Quand on lui dit « je t’aime » il entend « fous le camp« . Pour la première fois de sa vie et de sa mort, ce défaut lui a sauvé la vie. La mort ?

Sauf si les seuls élus sont LES ÉRASÉS 

Elle est née fée

 

Vieux mais toujours vert

 

Non tutti i corsi sono ladri, ma buona parte — Tous les Corses ne sont pas voleurs, mais une bonne partie / mais Bonaparte.
proverbe italien