Les colibris du Pérou — les vrais colibris de Nazca, pas ceux en couleur pour les touristes — sont de redoutables dragons, nos maîtres. Ils le sont encore dans l’ombre. Maintenant revenons avant la fin de la guerre. C’est stupéfiant : tous vos rêves se rejoignent. J’hallucine !
(A) – Aucun souvenir pour cette nuit.
Ton cas n’est pas unique. D’autres rêveurs ont eu une nuit sans rêve, ou plutôt sans souvenir.
(D) – Cette nuit avant le premier réveil pas de mémoire. Et pendant que je somnolais, j’avais des images qui se sont envolées. En rapport avec le château et le « GEN » du tanker… C’est fou tous ces rêves !
Oui c’est fou. Et le plus beau reste à venir.
(E) – Je me suis vu en extérieur dans une ville qui d’Allemagne ou de Suisse. Il fait beau. Les passants sont bien habillés comme avant guerre. Un gros véhicule décapotable est passé, à l’arrière un mec avec une sale gueule, patibulaire mais presque.aurait dit Coluche. Puis je suis dans un amphithéâtre, les gens sont debout, très énervés. Il n’y a que des hommes. Je suis mal à l’aise. Je crois que j’étais en Allemagne et que j’étais juif.
Tu es en Bavière, l’Allemagne qui ressemble à la Suisse. Tu vois passer un gradé nazi. Tu es juif dans un camp de concentration.
(K) – Je suis dans une station de montage, pas de neige, pas de touristes. Des bungalows de récup sont installés entre les barres d’immeubles, c’est la débrouille. Des gens filent leurs plans pour trouver ou récupérer ça ou ça. Mes enfants ados et moi descendons une colline, une montagne par des chemins creux guidés par des bergers peu loquaces accompagnés de chiens envahissants. J’arrive pas à garder mes gosses avec moi, faut toujours que je fasse demi-tour pour les retrouver.
— Surveillez un peu vos chiens, dis-je aux bergers qui s’en foutent.
On arrive en bas de la pente où coule une rivière, il faudra suivre la rive avec les pieds dans l’eau.
— Y a pas un autre passage ?
Il faudrait remonter tout en haut et contourner par un autre sentier. Bon, on entre dans une cabane en pierre où les bergers se retrouvent et parlent à mots couverts :
— C’est pas facile pour les revendeurs en ce moment.
Ça doit pas être des dealers mais leur revendeurs de fromages. J’ai encore perdu mes enfants. Je passe sous la maison pour sortir et tombe sur une épave de moto encore en bon état. Faudra que je leur demande si je peux la récupérer.
Que d’habillage ! Tu as tout mais dans le désordre. Tes enfants sont un groupe d’enfants juifs à qui tu dois faire passer la frontière allemande vers la Suisse. Les bergers sont des passeurs qui ne franchissent pas la frontière. Ils vous confient aux revendeurs qui vous planquent dans une ruine, la cabane en pierre.
Voilà pour aujourd’hui. Je viens de lire Astral 13 et je pense à ce que tu as écrit sur les notes qu’il faut prendre. Les rêves que je fais dans ce cadre sont clairs et je m’en souviens parfaitement même plusieurs jours après, alors qu’habituellement c’est beaucoup plus vague et ça s’estompe très vite.
Tu n’es pas au Moyen-Âge, habillage. Tu es en tenue de parachutiste avec le béret, en 1943, dans un blockhaus des Alpes entre l’Allemagne et la Suisse neutre. L’énorme planche est un canon longue portée. Vous êtes nombreux à tenter de le mettre en position de tir. La pièce où tu vis est comme tu la décris. La bataille a bien eu lieu. La grille devant tes yeux est sur une fenêtre longue et étroite du blockhaus. Un guide de haute montagne (ton vieil Indien!) te permet de fuir l’approche des troupes nazies.
Tu te souviens bien de tes rêves réels, mais l’habillage fausse tes souvenirs. Lis les deux rêves précédents, c’est hallucinant.
Vos rêves bizarres deviennent des récits passionnants. Voici votre éveil à une autre réalité...
L'énormité d'une vieille histoire : celle de notre maison, la Terre et ses vénérables montagnes.
"Nous méritons toutes nos rencontres." Sans doute, mais en tirons-nous partie à chaque fois ?