La fête du flip

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Tandis que souffle sur le monde un vent de liberté, les maîtres de la peur attisent la haine et le repli sur soi.

Tandis que les dictateurs aux abois écrasent les révoltes dans un bain de sang, la France et le reste du monde regardent ailleurs. 

 Egoïsme, refus, besoin de trouver un coupable à cette crise. La montée inquiétante des néo-fascismes dans les démocraties nanties répond, de manière significative, à la montée de la liberté dans les dictatures pauvres. 

On craint le pire, on refuse le meilleur. En face de cette complexité croissante née de la mondialisation, n’avons-nous d’autre réponse que la peur, d’autre réaction que la fermeture sur soi ? 

Où est le beau temps de la France, terre d’accueil ? L’heureux temps où la France révolutionnaire ouvrait aux peuples du monde la voie qu’elle se refuse aujourd’hui pour elle ? 

Je traverse une grave dépression pour me soigner je cultive la haine de l’autre. Qui suis-je? La France. (Fred Testot et Omar Sy)

« A longueur de web se propagent des fausses découvertes, des attaques d’araignées géantes et autres comètes percuteuses… au lieu de véhiculer la désinformation et de prendre peur au moindre frisson du soleil, véhiculons la confiance et la joie d’être.

Cherchons les pièces du puzzle qui manquent à l’autre histoire de l’homme qu’article après article, jour après jour, raconte la saga d’Eden. » (source)LZ

 

Même pas peur !

 Avoir peur ? Oh que non. Je ne suis pas un adepte de la théorie du complot. Je ne cultive pas la peur pour le plaisir. Je n’ai pas besoin de ma dose régulière de grand frisson. Je n’ai pas peur du noir. Si je n’aime pas le brun, c’est juste sur les chemises.Les chemises brunes : nom donné aux fascistes dans les années 30  Et je ne suis pas le seul.

Alors pourquoi tant de trouille ? D’où vient cette culture du frisson, cadeau d’un dieu moqueur ? S’il y a du danger, la peur ne donne pas d’ailes, au contraire : elle paralyse les muscles et le cerveau. Et s’il n’y a pas de danger, à quoi bon la peur ?

 

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Sans doute y voit-on de bonnes raisons. Des états-voyous veulent bomber la planète. Des pandémies nous menacent, et le courage avance masqué. Des seringues peuvent nous rendre complètement piqués. 

 Un vaste complot, encore un, réunissant tous les leaders oxydantaux,pur cynisme vise à supprimer les deux tiers de la population mondiale.  La crise n’en est qu’au début : demain 30 millions de SDF en France ?

De sécheresse en inondations, le changement climatique nous talonne. La mer va monter de plusieurs mètres, les cyclones se multiplient, trop de virus foisonnent, le sida tue autant d’Africains chaque mois qu’un tsunami majeur.

Tout ça, bien sûr, résulte d’un complot. Il est assurément planétaire, mais il n’est pas si caché que ça.

 

Tripalium

 Le complot consiste à faire bosser le maximum de nègres pour empocher le maximum de sale pognon qui pue. 

Ce foutu complot, on se le tape depuis deux millénaires, et sans doute plus. On y participe, docile et crétin, chaque fois qu’on exalte les vertus du travail.

Travail vient du latin tripalium, ou pal triple : un instrument de torture sur lequel il ne faisait pas bon se trouver. Pourtant, c’est notre lot à tous. Si l’on croit nos plus vieux documents, les textes assyriens compilés par Sénachérib et Assurbanipal, des surhommes nous ont créés, à l’aide de puissantes manips génétiques, en nous programmant pour un seul but : travailler à leur place. 

Nous sommes nés dans l’esclavage. Nous avons été conçus pour servir une race supérieure en manque de main d’oeuvre.

« Dans les champs de mon père, la moisson est abondante mais il y a peu d’ouvriers » a dit Jésus. Ce n’était pas une parabole, mais l’énoncé d’un fait. Au boulot ! Padre Padrone attend sa moisson.

  

Cultiver son jardin

Aime-toi et tu aimeras les hommes et les dieux. Travaille, oui, mais toujours à ce que tu aimes. Poursuis librement ta quête, réalise tes aspirations, accomplis ce pourquoi tu es venu sur terre. Sans qu’il soit jamais question de sale pognon.

Ne perdez pas confiance en l’humanité. L’humanité est un océan. Si quelques gouttes de l’océan sont sales, l’océan ne devient pas sale pour autant. (Mohandas Gandhi)

Pourtant, me direz-vous, il en faut de l’argent. Pas tant que ça, croyez-moi. A vivre en ville, c’est sûr. En ville, on doit payer pour tout. Mais nos campagnes sont pleines de gens qui ne gagnent presque rien et qui vivent bien.

 

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Tous les loisirs y sont gratuits, comme les légumes du potager et les oeufs du poulailler. Il y a la cueillette dans les bois, la pêche à pied, l’air du temps, toujours en plein soleil même sous la pluie. Bon, mais il y a des limites au délire Larzac et fromage de chèvre. 

On ne peut pas tous vivre à la campagne. On ne va pas raser toutes les villes. Pourtant, la nature y manque tellement que par tous les moyens, les urbanistes y réintroduisent des espaces verts : dans les squares, sur les terrasses, jusque sur les murs végétalisés. Il faut cultiver son jardin, même sur un balcon. L’utopie libertaire de la ville verte devient réalité. D’urgence, stopper les pollutions, y compris la pollution lumineuse. Il est vital de voir le ciel étoilé au-dessus de nos têtes. Il est vital de suivre les phases de la lune, même si c’est entre deux falaises vitrées, du fond d’une cour. Il est vital de marcher pieds nus sur la terre nue.

Rêver, c’est résister. Quand on donne ici, on reçoit d’ailleurs, telle est la règle du Vivant. C’est l’anti-capital. Et quand on garde, on perd tout. L’argent et tout le bling-bling qu’il offre, nul ne l’emporte au paradis. Un linceul n’a pas de poches. Etre en paix avec soi-même permet d’accepter la vie. Refuser la peur permet de s’ouvrir à l’amour. 

Accepter que le monde change permet de l’aider par le rêve.

 

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Chemin d’éden

« Ce monde dans lequel on veut t’obliger à vivre n’est qu’une réalité possible, mais il en existe d’autres. L’énergie qui meut le monde n’a pas à être nécessairement le pétrole, la force nucléaire ou la violence masculine ; les fortunes n’ont pas à être obligatoirement accumulées par une minorité de la population au prix de la faim de la plus grande partie de l’humanité ; la maison dans laquelle tu vis n’a pas à être tracée par une simple règle, ni les édifices construits sans amour par une industrie inhumaine, avec de fausses fenêtres et de l’air conditionné insalubre à l’intérieur. Cesse de craindre les maladies, tu peux être ton propre médecin. » (source)Alejandro Jodorowsky

Au-delà de nos solitudes, nous sommes unis sur terre. Il est temps d’en prendre conscience afin que les premiers éveillés touchent le coeur des autres ♥ et qu’ainsi l’éveil se répande sur les humains comme une pandémie.

…and the world would be as one. (John Lennon)

 

Qui donc a besoin de Dieu ? Pas moi, en tout cas.
Stef Kervor