Quelle vérité ? Qui croire ?

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Si la foi est utile, le doute l’est juste autant. Comment croire ? Qui croire ? Et croire à quoi dans ce monde de mensonges ?

Il était une secte oubliée, contemporaine de Zoroastre, les Véristes ou adeptes de la vérité. Cette secte est à l’origine de l’expression: « Toute vérité est bonne à dire. » Tel était leur credo.

Bien sûr, en termes de logique et de démocratie, le fait est incontestable : nous méritons tous toute la vérité – même sur les extraterrestres. Pourtant, dans la vraie vie, c’est autre chose. Elle bémolise, la vraie vie. Elle met des mais.

« Toute vérité est bonne à dire » mais pas n’importe où. Pas n’importe quand. Ni avec n’importe qui.  Le résistant à son tortionnaire. Le docteur à l’enfant mourant qui ne sait pas que ses parents sont déjà morts. Le médium qui voit la mort sur la personne en face de lui -dont la seule chance de survie est qu’il se taise. Dans ces cas comme dans mille autres, toute vérité n’est pas bonne à dire, bien au contraire. 

Quelle vérité au fait ?  « A chacun sa vérité, » disait Pirandello. Ce qui est vrai pour l’un peut être mauvais pour l’autre. Nous n’avons pas tous le même chemin, ni le même stade d’évolution. Ce qui est utile pour l’une est nuisible à l’autre. Si la vérité elle-même perd son caractère absolu, que croire?

Peu importe. Vous pouvez avoir confiance en vous. Vous pouvez compter sur Allah, Yahvé ou Elijah. Vous pouvez compter sur Wakan Tanka, Kwai long ou Quetzalcoatl. Vous pouvez croire ce que vous voulez, l’important est de croire. Sans y croire !

 

Homme, si tu projettes Ton esprit par delà lieux et temps Tu peux à chaque instant Vivre dans l’éternel. (Angelus Silesius)

Croire… mais toujours avec un doute !

La foi fait l’homme, dit Lao Surlam. Il n’y a que la foi qui sauve, ajoute l’adage. Croire, c’est avant tout assurer son salut. Pour beaucoup de gens qui ne souhaitent pas aborder certaines questions dérangeantes, la foi est un bouclier, un soutien de chaque instant.

Devrions-nous dire à tous ces êtres de lumière qu’ils ont tort au nom d’une vérité supérieure hors de portée ?  De quel droit ? Au nom de quoi ? Qui décide de ce qui est vrai et ce qui ne l’est pas ? Qui décide de ce qu’il faut dire ? Qui sait où il faut aller ?

 

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Chrétien croyant, prêtre et philosophe, Jacques Durandeaux a donné un témoignage vrai et sincère sur cette question importante :

« Je suis sûr que Dieu est là, je soupçonne sa présence. Mais aucune parole sur Dieu n’est bonne, les comportements religieux sont toujours suspects, et les critiques de Marx ou Freud sont fondées.

Alors, comment vivre? Si tout s’écroule, objet d’une critique cohérente, ma première décision sera de me comporter selon ma conscience. Alors j’ai compris que j’étais un philosophe et un croyant.

Philosophe, parce que je me méfie constamment du croyant que je suis. Croyant, parce que le message chrétien me concerne. Je peux m’identifier à lui. Le croyant en moi provoque le philosophe et le philosophe ne parvient pas à réduire le croyant. Et ce dialogue est source de vie « (source)Jacques Durandeaux, « Question vivante à un Dieu mort », DDB, 1967

Croire, parce que la foi déplace les montagnes. Sans y croire, car la naïveté est un péché impardonnable dans ce monde de prédateurs. Pensez-y, l’utilisation de nos pouvoirs divins est en jeu. Sans la foi, pas de dieu. Et dieu c’est toi, si tu y crois.

Sans y croire, bien sûr! Si tu es assez naïf pour te prendre pour dieu, l’Intention va te flanquer une bonne raclée. C’est le risque. Tu as tout pour être un dieu, c’est ton destin, mais surtout, n’oublie pas que tu es mortel. L’ego est un obstacle à l’illumination. 

Croire pour vivre, vivre pour croire, et en croyant, donner la vie. Le monde est ce que tu crois qu’il est. Inutile de jouer les ânes bâtés. Si tu changes ton point de vue, le monde change aussitôt. Et ton destin, pareil.

Suffit d’y croire dur comme fer. Mais sans y croire du tout, pas si bête !

Le doute est un état mental désagréable, mais la certitude est ridicule. (Voltaire)

 

Au crépuscule, il n’y a pas de vent, il n’y a pas de cris d’animaux, il n’y a que du pouvoir.
Carlos Castaneda