Le testament de Baltimore

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Il est un texte que j’apprécie depuis des années. Je ne saurais dire s’il s’agit d’un poème ou d’une prière, le lecteur en jugera. Les circonstances de sa découverte, assez rocambolesques, n’ont fait que renforcer mon admiration. Voici ce texte.

« Allez tranquillement parmi le vacarme et la hâte, et souvenez-vous de la paix qui peut exister dans le silence. Sans aliénation, vivez autant que possible en bons termes avec toute personne. Dites doucement et clairement votre véritéÉcoutez les autres, même le simple d’esprit et l’ignorant ; ils ont eux aussi leur histoire.

Evitez les individus bruyants et agressifs, ils sont une vexation pour l’esprit.  Ne vous comparez avec personne : vous risqueriez de devenir vain ou vaniteux. Il y a toujours plus grand et plus petit que vous. Jouissez de vos projets aussi bien que de vos accomplissements. Soyez toujours intéressé à votre carrière, si modeste soit-elle ; c’est une véritable possession dans les prospérités changeantes du temps.

Soyez prudent dans vos affaires, car le monde est plein de fourberies. Mais ne soyez pas aveugle en ce qui concerne la vertu qui existe ; plusieurs individus recherchent les grands idéaux ; et partout la vie est remplie d’héroïsmeSoyez vous-même. Surtout n’affectez pas l’amitié. Non plus ne soyez cynique en amour, car il est en face de toute stérilité et de tout désenchantement aussi éternel que l’herbe.

Prenez avec bonté le conseil des années, en renonçant avec grâce à votre jeunesse. Fortifiez une puissance d’esprit pour vous protéger en cas de malheur soudain. Mais ne vous chagrinez pas avec vos chimères. De nombreuses peurs naissent de la fatigue et de la solitude.

Au-delà d’une discipline saine, soyez doux avec vous-même. Vous êtes un enfant de l’univers ; pas moins que les arbres et les étoiles, vous avez le droit d’être ici. Et qu’il vous soit clair ou non, l’univers se déroule sans doute comme il le devrait. Soyez en paix avec Dieu, quelle que soit votre conception de lui. Et quels que soient vos travaux et vos rêves, gardez dans le désarroi bruyant de la vie, la paix dans votre âme.  Avec toutes ses perfidies, ses besognes fastidieuses et ses rêves brisés, le monde est pourtant beau.

Prenez attention. Tâchez d’être heureux. »

 

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Ce texte aurait été trouvé dans l’église Saint-Paul de Baltimore, USA, il y a plus de deux siècles. Il est devenu une légende, ou, pour être précis, une légende urbaine. La légende dit que ce texte aurait été laissé dans cette église en 1692 par un auteur inconnu. Tiens ? Qui est-ce ? Question idiote, puisqu’il est inconnu. Mais la vérité est ailleurs…
 
Le véritable auteur s’appelle Max Ehrmann (1872-1945). Il l’a écrit en 1927 et publié en 1948 dans une collection intitulée Les poèmes de Max Ehrmann, page 165. La légende vient du fait que le recteur de St Paul a repris ce texte sur un flyer portant l’en-tête de son église et sa date de fondation, à savoir 1692, date qui fut ensuite confondue avec celle du poème.

Si le recteur avait cité Ehrmann, cette belle légende n’aurait pas vu le jour, et c’eut été dommage.

Quoi qu’il en soit, ce poème-prière m’a bien souvent apporté le réconfort. Souhaitons qu’il puisse, si peu soit-il, soulager votre fardeau et vous donner la paix.

« Votre temps est limité, ne le passez donc pas à vivre la vie d’un autre. Ne vous laissez pas piéger par les dogmes – ce qui revient à vivre avec le résultat de la pensée d’autrui. Ne laissez pas le bruit des opinions d’autrui noyer votre voix intérieure. Et surtout ayez le courage de suivre votre coeur et votre intuition. Ils savent déjà qui vous voulez réellement devenir. Tout le reste est secondaire. »

Steve « I » Job


« Je me sens toujours heureux, savez vous pourquoi…? Parce que je n’attends rien de personne… Les attentes font toujours mal, la vie est courte… Aimez votre vie, soyez heureux, gardez le sourire et souvenez vous : avant de parler, écoutez… avant d’écrire, réfléchissez… avant de prier, pardonnez… avant de blesser, considérez l’autre… avant de détester, aimez…
Et avant de mourir, vivez ! »
 

William « Bill » Shakespeare

 

Les mots sont un prétexte. C’est l’élan intérieur qui nous pousse l’un vers l’autre, pas les mots.
Rumi