D’autres niveaux de réalité

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Tout être vivant possède une aura, les animaux, les plantes, les humains. Même les artefacts ont des auras :  mégalithes, cathédrales, pyramides, mais aussi maisons, voitures, bateaux, sculptures, jusqu’aux modestes épouvantails.

Les roches, les montagnes, les rivières ont des auras. Pour le clairvoyant, le spectacle du monde subtil est un festival de couleurs mouvantes, tourbillonantes, des spirales d’énergie active.

Du Van Gogh sous acide, avec des couleurs fluos et pastels mordorés. Dans cette riche palette vibratoire, l’absence d’aura se voit comme le nez au milieu de la figure. Elle trahit un intrus de première catégorie. Aux yeux du profane, l’homme, la femme ou l’enfant qui vient vers lui n’a rien de particulier. Vraiment rien. C’est quelqu’un d’une banalité à faire peur.

Ce qui pourrait être le premier indice. Aux yeux du clairvoyant, par contre, cette même personne est très inhabituelle. Elle apparaît dans son seul corps physique, sans aura ni corps d’énergie, sans la moindre trace de luminosité.

Cet être a un aspect plombé. Son corps physique est opaque, en creux dans le paysage où les tourbillons lumineux sont omniprésents. Alors on peut être sûr d’avoir affaire à un être interplan, ou allié.

Que leur nom ne vous trompe pas, ces alliés ne sont guère amicaux. Ils viennent d’un plan de réalité étranger à notre univers, d’où leur nom d’interplans. Ce pourrait être des extranéens, ce mot que la NASA utilise pour désigner les pilotes d’OVNIs. Extranéen signifie littéralement qui vient du néant. La CIA et la NASA ont l’air d’en savoir très long sur ces gens-là. Comme les extranéens, les alliés n’ont rien à voir avec notre monde. Ils ont trouvé un moyen de se glisser dans ce plan. Passagers clandestins. Infiltrés. Ils passent par les points telluriques négatifs, par les points d’eau ou encore par le biais des séances de spiritisme ou des envoûtements type vaudou.

Ils s’infiltrent à travers le moindre interstice énergétique : l’inconscient d’un imam manipulateur, d’un prêtre suborneur, d’un rabbin calculateur, d’un yogi simulateur…

L’interplan prend l’apparence d’un être humain, mais son imitation est grossière. Plusieurs indices le trahissent : l’absence de luminosité, l’absence d’ombre et surtout l’absence de regard.

Ces êtres n’ont pas d’ombre. Ils ne laissent pas non plus d’empreinte sur le sable ou la terre meuble.

Ils se déplacent en silence, dans la plus grande discrétion. Ils ont l’air de sortir de nulle part : l’instant d’avant la place était vide. Ils surgissent le plus souvent à proximité des chakras de la terre, c’est à dire des points surchargés en énergie cosmo-tellurique. Vous êtes en méditation dans un de ces lieux puissants, quand un ou plusieurs promeneurs débouchent d’un chemin désert. Parfois ils surgissent d’un bouquet d’arbres isolé, au milieu d’un chemin désert.  Parfois ils sortent d’une ruine, d’une dénivellation ou de n’importe où, mais toujours de manière hautement improbable. 

Si vous avez un doute sur un promeneur louche, cherchez son ombre. S’il en a une, ce n’est qu’un cinglé de plus. S’il n’en a pas, de deux choses l’une : ou bien le soleil est voilé, dans ce cas vous n’en avez pas non plus. Ou bien c’est un allié. Un interplan. Un visiteur du néant. Si vous l’osez, regarde-le dans les yeux. Juste un bref coup d’oeil, inutile de lui ouvrir la porte en grand. Un bref regard suffit amplement.

Les yeux des alliées n’ont rien d’humain, vivant ou mort. Oui, les morts ont un regard. Les zombis, eux aussi, ont des yeux bizarres.

Mais ce sont des yeux d’humains, même s’ils sont morts. Les yeux des alliés ne ressemblent à rien de connu, humain ou animal. Tous les yeux sont plus ou moins brillants, colorés, expressifs. Pas ceux-là. Au lieu d’émettre un quelconque signal coloré, même terne, même faible, on dirait qu’ils absorbent toute luminosité, à la manière des trous noirs. Leurs yeux sont vides, mais d’un vide actif qui vrille notre conscience. Ils s’expriment par les yeux et ne parlent jamais autrement. Ces visiteurs sans ombre et sans empreinte n’appartiennent pas à notre univers. Ils viennent d’un autre plan de réalité. 

Ainsi nous fonctionnons avec une énergie de type liquide, notre environnement fait une grande place à l’eau.

On sait que le foetus commence sa vie humaine dans cet élément, et que notre corps est composé à 75 % d’eau. Or deux conditions sont nécessaires à l’apparition de la vie, l’eau et la foudre. Les interplans viennent d’un monde dominé par la foudre.

 

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Issus d’un autre plan de réalité, du néant ou d’un univers parallèlle, les alliés sont électriques, leur environnement est de feu, de lumière et de sécheresse. Leur contact est grésillant, il peut nous brûler, nous geler jusqu’aux fibres ou simplement nous agacer, selon leur charge énergétique et la nôtre. Ils ne peuvent pas nous blesser, pourtant.

Ils adorent notre monde et les sensations qu’il leur donne. Ils imitent l’apparence humaine pour mieux nous séduire. Ils éprouvent un grand plaisir à se glisser dans notre monde aquadominant et cherchent un guerrier ou un sorcier pour transformer leur visa touristique en permis de séjour. En effet, certains sorciers ont une passion pour ces créatures d’outre-monde.

Les sorciers yaquis les nomment des alliés et les mettent dans des gourdes. Au Moyen Orient, ce sont des djinns, on les met dans des lampes à huile.

Les chamanes et les sorciers de ces différents pays se comportent de la même façon avec ces interplans.

Ils les domptent en les vidant de leur énergie, on dit qu’ils les harnachent. Harnacher un allié, c’est l’empoigner vigoureusement et le tenir plaqué sur le sol jusqu’à ce qu’il se vide de son énergie.

Les secousses peuvent être fortes, il convient de ne pas lâcher prise.  Quand il a perdu toute son énergie, il se regonfle avec l’énergie aquadominante de notre plan. L’allié est harnaché.

Désormais il va rester dans ce plan de réalité, serviteur fidèle du sorcier harnacheur qu’il aidera dans ses entreprises magiques. Le sorcier enferme son allié dans un petit récipient spécial, gourde ou  lampe à huile. Ce curieux récipient devient la résidence de l’allié, et reste invisible la plupart du temps.

Dans le vaudou, les loas sont des alliés divinisés, ce qui est d’une grande imprudence. Les fidèles sont chevauchés, c’est à dire possédés par ces alliés. Le corps du possédé tient lieu de récipient, gourde ou lampe magique.

Cependant, méfiance ! Il ne s’agit pas d’une expérience parmi d’autres, comme prendre l’ayahuasca ou faire un saut à l’élastique.

Comme tous les rites de possession, les pratiques vaudous de Haïti, du Brésil ou d’Afrique de l’ouest sont des exercices périlleux. 

Trop périlleux pour s’y risquer quand on n’a pas d’expérience. Et quand on en a, on s’y risque encore moins.

Il est hasardeux de laisser la place à d’autres entités. Elles attendent ça depuis si longtemps !  Comment être sûr qu’elles s’en iront sans faire d’histoire quand le sorcier le leur dira ?

Si elles refusent de laisser la place au légitime propriétaire quand il sort de sa transe, il retrouve un corps physique déjà occupé par un autre. Et quel autre ! La cohabitation n’est jamais plaisante, mais avec un loa, c’est l’horreur.

On n’a plus qu’à supporter, stoïque, ses pieds froids dans les nôtres. Encore faut-il que le loa nous laisse partager le corps qu’il possède, et souvent il s’y refuse.  Alors vous n’avez plus qu’à suivre votre corps occupé, en planant au-dessus de lui. En attendant qu’un sorcier vous délivre de ce cauchemar et vous rende votre corps. 

Mais l’attente peut être longue… Dans la transe, pas d’après-vente.
Et les bons exorcistes ne courent pas les rues. 

Toute réalité existe dans l’esprit. Le phénomène externe, ce qui apparaît, n’est que son expression extérieure. L’univers visible est le reflet de l’invisible. (Platon)

 
Non nobis, domine, non nobis, sed nomini tuo da gloriam ——– Pas pour nous, seigneur, pas pour nous, mais pour la gloire de ton nom
Devise templière