Il y a moins de compte-rendus, moins de rêveurs sans doute, et aussi quelques passagers clandestins… J’ai laissé mes rêveurs s’échauffer. Pendant ces semaines de rêves réels, j’ai tout noté, les vraies histoires déshabillées telles que je les vues. Il est temps de mettre les points sur les i. Je vais dire ce que je vois. Ici commence le parler vrai.
(K) – Ma petite-fille joue dans le jardin. Quelqu’un s’amuse à l’asperger avec un jet d’eau. Je lui dis de revenir vers moi. Du coin de l’œil je vois des ombres qui poursuivent des oiseaux. Je sens quelque chose derrière moi, c’est mon chien. Alors qui court après les oiseaux ? Je ne vois plus rien. Je fais le tour du bassin et tombe sur un ours doré, blond roux, les yeux écarquillés, aussi surpris que moi. Je me dis que ça va sûrement se gâter dans pas longtemps, ce qui me file des jetons archontiques et je me réveille. J’ai mis un petit moment avant de retrouver mon calme. Ce rêve, je l’ai appelé Ours doré.
Ours doré ? Voilà un surnom qui t’irait comme un gant… Repasse ce rêve en te mettant dans la peau de cet ours-là. C’est l’ours qui arrose ta petite fille avec le jet d’eau. Cet ours peut devenir méchant, d’où les jetons archontiques…
(A) – Cette nuit, j’étais dans un lieu de vacances. Pas mal de personnages en binôme, dont un frère et une sœur. Deux autres personnes sont mal en point, il faut les achever et cacher leur mort mais ça n’affole personne. Après tout ça, chacun repart chez soi. Spécial !
Un frère et une sœur ? La sœur c’est toi. Et le frère, tu vis avec. En frère et sœur. Auriez-vous un secret enfoui tous les deux ?
(E) – Je me trouve dans une grande gare dans les années avant-guerre. J’accompagnais un groupe d’adultes, il me semble que j’avais une certaine responsabilité car j’étais en retrait à remplir des formulaires. Comme je craignais de rater le train je demande au groupe d’avancer sans moi, je prévois de les rejoindre à l’issue des formalités. Lorsque je les retrouve, ils vont tous dans une direction sauf une jeune femme de 30/35 ans, mince, cheveux longs, châtains, ondulés, manteau clair. Je ne la connais pas. Elle est accoudée à un guichet en discussion avec le préposé. Elle se tourne vers moi et me dit qu’elle ne suivra pas le groupe et s’en retourne d’où nous venions. Je fais un signe au groupe, leur dit de continuer sans moi qui prends la décision de suivre la jeune femme. Moins hollywoodien que le rêve de la la nuit précédente, mais il me semble plus important sans que je puisse dire pourquoi.
Oui il est important. Tous vos rêves deviennent très important au fil du temps. Il en faut pour descendre profond dans l’inconscient, lieu des horreurs cachées et des secrets enfouis. Celui-ci parle de ta vie précédente. Votre groupe voulait fuir ce pays qui devenait trop dangereux pour eux. Mais la jeune femme, ta fiancée, refuse la parano. Elle veut rentrer chez elle. Tu l’accompagnes. Erreur grave. Mais votre train roule vers une voie dynamitée. Tu seras tué dans l’accident.
(S) – J’ai dû régler un problème d’angle de polarisation dans une monture 🕶 en taillant les verres à la main 😓
Toi aussi tu brûles. Mais tu n’arrives pas encore à lire l’histoire ou sa copie habillée par ton cerveau, alors celui-ci te montre à quel point il est difficile d’y voir clair. Mine de rien, c’est la vérité vraie.
(A) – Mes rêves : 1 Les naufragés : je ne sais pas à quoi ça correspond. 2 Le pain à ordures ! Est-ce pour croquer le négatif ? 3 Encore à table ! 4 Puis un voyage en Corse en famille avec une personne en plus, Ingrid. On mange encore ! Petit plat pleins de légumes mode printanière. Cette nuit a beaucoup tourné autour de l’alimentaire…
Les naufragés, c’est ta famille d’avant. Dans ta vie précédente, pendant la dernière guerre. Le pain à ordures est une sorte de gâteau qu’on fait avec tous les restes, y compris épluchures, os broyés, etc. Si on en a, il est meilleur avec un peu de farine. Ou une patate. En Corse, par contre, les restrictions n’ont pas été si dures. Isolement ? Mentalité corse ? Dans la montagne, on trouvait encore de bons légumes bien accommodés.
(K) – Je voudrais sortir de la gare mais je suis chaussé de skis. Je traîne des pieds, ça avance pas mal quand même. Je cherche des cheminements où je ne serai pas à contre sens. Tant pis je prends les sens interdits, y a pas beaucoup de monde. ‘Tain là ça force à mort, ça glisse pas ! Je me retrouve dehors sur la route de la gare, encore en sens interdit ! Oh tant pis, je suis sorti.
Encore une gare, décidément ! Les voyages et la nourriture sont une constante riche de sens. C’est en période de guerre que les restrictions alimentaires pèsent et que les voyages deviennent vitaux. L’exode rural, le rapatriement des troupes anglaises à Zuydcoote, le déplacement vers la France libre de Pétain, etc… Sortir de la gare est sans doute le moment le plus risqué. Tu as vécu une aventure dans une vie d’avant où tu as vécu toutes ces choses. La suite au prochain rêve.
(A) – Cette nuit j’ai vu une carte géographique avec un continent qui ne ressemble à aucun connu. Puis une lumière vive et une croix qui marquait un lieu. Après ça, il y avait des étoiles et des nuages qui en s’écartant laissait apparaître un centre bleu foncé. Plus tard j’ai rêvé de salle de jeux la nuit, un espèce de casino mais avec d’autres types de jeux, je suis sortie. Plus tard, je rentre à nouveau, c’était un autre décor avec d’autres jeux…
Toujours l’exploration de ta vie précédente. Ce continent, c’est l’Antarctique. Il existe de très antiques cartes qui en montrent les contours précis. Donc un relevé aérien antérieur à la glaciation… « Après ça, il y avait des étoiles et des nuages qui en s’écartant laissait apparaître un centre bleu foncé. » Tiens donc ? Il y avait des engins volants dans la préhistoire ? Tu ne remontes pas jusque là : ton rêve est daté de la dernière guerre. Les Allemands avaient des casinos partout, ils adoraient jouer notre argent sur les tapis verts…
"Nous méritons toutes nos rencontres." Sans doute, mais en tirons-nous partie à chaque fois ?
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