Astral 10

 

La nuit, quand je vous suis sur les chemins du Rêve, je suis trop occupé pour avoir un rêve à moi. Les vôtres m’occupent à plein temps. Je somnole, je prends des notes et même si parfois j’oublie un de vos rêves, rien qu’à lire vos compte-rendus la matin, tout me revient comme si j’y étais. De fait j’y étais…

 

Mi-journée du 31 aout

Mais il y a l’heure de la sieste. Quand je suis seul à dormir, j’ai remarqué chez moi une activité onirique intense. Aujourd’hui j’ai décidé de faire comme vous : demi-sommeil et prise de notes. Mes amies, mes chers amis, la vérité m’a transpercé de sa foudre éclair comme un coup de tonnerre. Flash !(pléonasme itératif fréquentatif qui répète plusieurs fois la même chose) J’ai tout vu. Tout compris. Le meneur de la meute rêveuse a tout noté. Ami lecteur, chère lectrice, voici en exclu v.o.s.t. 4D le premier Rêve Réel de Xavier.

Je marche à contre-vent, courbé dans un blizzard qui blanchit la rocaille, les rondins et les arbres morts. La peur n’est pas en moi, soudain elle montre le bout du nez. Avant qu’elle m’ait bouffé c’est moi qui l’ai croquée. Dans mon rêve, j’ai trouvé le moyen définitif de me débarrasser des émotions négatives. Le dragon contre qui je me bats depuis des mois m’a au moins appris ça : me nourrir d’émotions. Cette sale bête bouffe mes émotions positives, mon énergie blanche, et il me refile en échange sa noirceur et ses émotions basses. Alors je les bouffe ! Et au lieu de leur céder, je m’en nourris. Au lieu de me traîner comme une épave, je retrouve vigueur et force d’âme.

Je me rendors. Plein soleil ! Sur un fleuve dans une jungle dense, je me laisse porter dans un canoë d’écorces blanches, du bouleau.   Sur les deux berges, tous crocs dehors, des grands chiens — des loups ? des hyènes ? — hurlent en me dévorant des yeux. Soit ils ne savent pas nager, soit ils ont peur de l’eau et du foutu courant. Comme c’est bon de les regarder se sortir les boyaux à force de feuler !

C’est tout pour aujourd’hui.

 

Un des deux rêves effacés au réveil

 

Nuit du 30 au 31 août

(K) – Distribution de miel dans un self, il y a énormément de monde qui attend avec des plateaux vides. Un serveur me jette un sachet de noisettes en attendant. Je plaisante avec une serveuse pour patienter, ça l’amuse. Pas mieux, ce rêve a effacé les deux autres.voir l’image ci-dessus Tout ira bien.
Oui, tout ira bien, cher K ! Merci de le dire. Il y a souvent des scènes de la vie quotidienne dans tes rêves. Elles sont déformées, décalées, parfois grotesques, mais l’habillage au réveil reprend souvent cette apparence. Ton « vrai » rêve n’était pas ainsi, tu t’en doutes. Et les deux autres effacés au réveil, l’image qui précède va te rappeler quelque chose…

 

(A) – Cette nuit j’ai fait une rencontre dans un lieu d’apprentissage (université ?). Encore une scène de bouffe, dans un restaurant. Puis retour dans l’université, décorée pour Noël bien avant l’heure!
« Encore une scène de bouffe » ! Tu ne crois pas si bien dire ! Mais qu’avez-nous tous à rêver de bouffe ? S’rait-y pas le Rêve qui nous croque ? En tout cas, les loups ne m’ont pas dévoré. C’est moi qui ai bâfré… les ondes du dragon noirvoir premier texte ! Merci à lui de m’avoir appris un si beau tour !

 

(Y) – Un endroit à la montagne où un tas de gens sont rassemblés. Un géant met des masques ou du tissu sur leurs tête. Je croise une ancienne amoureuse dans une côte bien raide, je lui parle mais elle ne me répond pas, distante. Devant une usine désaffectée, je fais demi tour. Sans transition, voilà ma mère et une de mes cousines beaucoup plus jeune qu’aujourd’hui. Je me trompe de route et je retrouve finalement mon père.

Je n’ai pas tout compris, même pendant le rêve cela semblait décousu. 

« Même pendant le rêve cela semblait décousu » :  On n’est JAMAIS pendant le rêve. On est forcément juste après au réveil. Et l’habillage programmé par le cerveau a déjà eu lieu. Seul un témoin extérieur, non concerné par ton rêve, en aura un souvenir non déformé. C’est mon rôle.

Très érotique ce rêve ! Et ça transparaît malgré l’habillage… Je croise / ancienne amoureuse / (côte) bien raide / ne répond pas / distante.  Comme dans la chanson : « quand j’avance tu recules / comment veux-tu que je t’encule ? » 

 

(S) – Peu de souvenirs et très mélangés… 🤔 Séance de mises en mini-bocaux d’un onguent thérapeutique et magique ?
Oui, il y a bien eu une séance de cueillette, de préparation et de confection d’un onguent pour guérir la blessure de quelqu’un que tu connais bien… Et pour faire cette potion, il faut « peu d’ingrédients et très mélangés »… Quasiment ta première phrase !

Cette fois je t’en dis long. Parce que tu es à deux doigts du voir.

« Voir » est une façon particulière de savoir quelque chose sans l’ombre d’un doute.

Carlos Castaneda

 

Allongé dans une semi pénombre

 

Nuit du 31 août au 1er septembre

(E) – Je suis allongé dans une semi pénombre, au dessus de moi sont penchées des silhouettes à la tête ronde. Je ne distingue pas leurs traits, ils sont gris bleus, j’ai l’impression d’être un bébé dans un berceau.lien vers Très grande main Sur ma gauche une silhouette gigantesque qui ressemble à Goldorak. Tout est sombre et brusquement très nette la tête d’un chat tricolore (blanc, noir, beige) qui disparaît presque aussitôt.
Encore un chat !! Décidément… Et l’impression d’être un bébé dans un berceau, je l’ai éprouvée récemment…

Les silhouettes grises commencent à s’élever comme des ballons à l’hélium. Leur nombre semble infini, en montant elles longent une vaste structure métallique bleutée. Je me dis qu’il faut monter avec elles pour savoir ce qu’il y a plus haut et instantanément je m’élève.
Ces silhouettes sont des voladores pour Casteneda et son clan de sorciers. Ici on les appelle des archontes ou des dragons, c’est selon. Vous êtes nombreux à les rencontrer dans vos rêves réels, car notre expérience les intéresse… Nous nous approchons de leur domaine, et je fais tout pour vous éloigner d’eux. Une première expérience fâcheuse m’a suffi. 

Les silhouettes autour de moi sont si nombreuses que j’ai l’impression d’être dans un nuage. Je décide d’accélérer et je me mets à dépasser de nombreuses silhouettes. Je suis pris d’une légère euphorie quand une pensée traverse mon esprit. « Je suis une bulle et je fais la course avec des bulles » . Je m’arrête net et je me retrouve au milieu d’un champs de bataille au petit matin avec des silhouettes de Goldoraks un peu partout. Je réalise qu’il s’agit de samouraïs et que je suis au Japon ….

Je me déplace dans des paysages du Japon médiéval avant de me réveiller.

 

Nos maîtres reptiliens

 

Si jeune et déjà sexy !

 

(M) – Cette nuit, dans un restaurant, circulation difficile, nécessitant le contact avec le dos des gens assis, entre les tables, les banc et les murs. Bonne humeur générale. Dans le même esprit je porte une amie qui se pend dans mon dos et se frotte sur mes fesses. Fin. Je me suis dis, on reste dans le thème de la sensualité, manger, boire et toucher.

Pour la séance de pinceau sensuel, c’est pendant les vacances, chez mes grands parents, j’avais peut-être dix ans, avec ma petite sœur de deux ans de moins, ma tante de deux ans de plus, sa voisine. Une douleur me piquait côté vagin, que je n’arrivais pas à enlever, j’ai demandé qu’elle regarde et me soulage, ce qu’elle a fait après coup : c’était un fétu de paille mal placé. Je me suis allongé, elles m’ont caressé avec un pinceau, délicatement et très efficacement, jusqu’à l’explosion des sens. C’est le premier souvenir sensuel. Je l’ai reproduit, seule.

 

(S) – Dernière mise en place, rangement, débarras des encombrants avant ouverture du supermarché de l’astral. Bienvenue aux heureux participants!

 

 

Astral Tours

 

Ma présence n’est pas ici. Je suis habillé de moi-même.
Paul Eluard