
Si la côte de granit rosevoir plus bas ou la forêt de Fontainebleau possèdent d’étranges rochers sculptés, de nombreuses régions du globe ont aussi leur bestiaire de pierre : on jurerait que la nature s’est amusée à reproduire des formes improbables, humaines ou animales — surtout animales.
Artefacts ?
Robert Charroux en a tiré d’étonnantes conclusions : ces bestiaires de pierre seraient les laboratoires où la nature a élaboré les formes animales.
Par une prosopopée hardie, Charroux prête à la nature un comportement humain, trop humain qui discrédite sa jolie thèse. Une touche de fraîcheur dans ce monde de brute ? Ou une sacrée dose de naïveté ?
Charroux est un des premiers auteurs que j’ai lu dans ce domaine. Il a pondu de très nombreux bouquins dans la collection J’ai Lu à couverture noire. Il y a bien des énigmes à y découvrir, mais les solutions qu’il propose sont parfois, disons, un peu rapides… Il fait partie de ceux que j’appelle les rêveurs de réalité.
Certains m’y classeraient volontiers, mais ils se tromperaient : pour moi, ce qu’ils tiennent pour réalité, voilà le rêve. Notre vie est un rêve, comme le temps, comme l’espace, comme la matière. Mais restons-en aux rochers inexpliqués…
Forêt de Fontainebleau (France)
Sans aller jusqu’à faire de la nature un artiste sculpteur, on peut tout de même se demander si ces formes animales sont vraiment naturelles. Ou si quelqu’un n’aurait pas un peu aidé la nature. Ce quelqu’un, un géant amoureux des grosses pierres du monde entier, sans doute appartenait-il à la civilisation mégalithiques.
Il n’a pas sculpté tous ces rochers sans aide, ni sans outils. Une technologie de fusion du roc, comme ces tunneliers modernes… Voir ci-contre la Pierre d’Ostel, dans l’Aisne (France). Sur la carte postale d’époque, on peut lire « ancien monument druidique« voir ci-dessous… On croyait alors que ces pierres étranges avaient servi jadis à des rituels, ce qui est fort probable.
Cette civilisation des mégalithes pourrait nous en remontrer sur bien des chapitres. Encore faudrait-il admettre son existence. Les traces qu’elle nous a laissé sont banalisées, antidatées ou tout simplement ignorées, comme ces pierres pourtant éloquentes. Il s’agit d’une technique antique de travail de la pierre qui respecte les lignes du vivant.
Aucun dolmen, aucun menhir n’est équarri ni poli. L’aspect brut des mégalithes témoigne du profond respect de la nature qui animait leurs auteurs.
Ce n’étaient pas des artistes, au sens actuel du terme. Comme l’art nègre si mal nommé, ces non-oeuvres ne sont pas de l’art, elles appartiennent au registre sacré, spirituel, interdit aux profanes. La nature a bon dos, vraiment.
En tout cas, pour moi, l’affaire est claire : ce sont bel et bien des artefacts, des produits fabriqués. Je chasse le naturel, reviendra-t-il au galop ?
Cérémonie « druidique » près de Vire, Normandie
Si les Druides et les Druidesses de la haute antiquité ont joué un rôle qu’aucun prêtre, aucun pasteur, aucun rabbin ne pourrait assumer, les druides d’aujourd’hui sont des caricatures. Des enfants qui se déguisent pour jouer à faire semblant.
Ploumanac’h, Bretagne
Les magnifiques rochers arrondis de la Côte de granit rose, en Bretagne, nous cotemplent depuis des milliers d’années. les formes arrondies si harmonieuses, leur taille souvent monumentale et surtout leur nombre ahurissant dans un si petit périmètre posent bien des questions, sans apporter la moindre réponse satisfaisante.
Pourquoi ces rochers sculptés seulement ici ? Le granit rose n’est pas rare en Bretagne. Mais la mer n’a daigné travailler que ceux-ci. On est en droit de se demander pourquoi.

Ci-dessus le rocher du Gorille. Ils n’ont pas tous un nom, certains en portent plusieurs, d’autres aucun.
La côte de granit rose s’étend sur vingtaine de kilomètres de Perros Guirec à Ploumanac’h, dans les Côtes d’Armor. Mais ce sont surtout les quatre kilomètres de Ploumanac’h qui rassemblent un maximum de scluptures monumentales. En tête d’article figure un de ces rochers de granit rose.
Quand on y est, on a souvent bien du mal à se représenter la taille réelle de ces massifs granitiques sculptés. Sur la photo qui suit, je me suis glissé dans l’un d’eux pour vous donner l’échelle réelle du mastodonte.
Le Mastodonte, Ploumanac’h
Si je ne m’étais pas entouré d’un cercle plus clair, vous ne m’auriez même pas remarqué… Rien ne remplace une visite. Pas même ces magnifiques photos qui ne sont là que pour vous donner envie de venir voir par vous-même. Vous ne serez pas déçus.
Ces sculptures monumentales vous laisseront le souffle coupé. Elles sont toutes magnifiques, impressionnantes, incroyables. Tout comme celle qui suit, le fameux Roc de l’Otarie.
Roc de l’Otarie, Ploumanac’h
Ar Manac’h
En breton, plou manac’h se traduit par la paroisse du moine. Car le moine, ar manac’h, était une personne essentielle à la vie quotidienne — surtout grâce au précieux livre qu’il apportait une fois l’an et qui contenait des conseils agricoles, les horaires de marée et mille autres indications indispensables. Ce livre d’ailleurs portait son nom, l’almanach, livre du moine…
L’enfant lit l’almanach près de son panier d’oeufs.
Et, en dehors des Saints et du temps qu’il fera,
elle peut contempler les beaux signes des cieux :
Chèvre, Taureau, Bélier, Poisson, et coetera.
Ainsi, peut-elle croire, petite paysanne,
qu’au-dessus d’elle, dans les constellations,
il y a des marchés, pareils avec des ânes,
des taureaux, des béliers, des chèvres, des poissons.
C’est le marché du Ciel sans doute qu’elle lit.
Et, quand la page tourne au signe des Balances,
elle se dit qu’au Ciel comme à l’épicerie
on pèse le café, le sel, et les consciences.
(Francis Jammes)

Ici j’ai posé sous un dolmen tout ce qu’il y a de naturel. C’est la mer qui a porté cette roche pour la poser délicatement sur deux supports providentiels… Oui, ici comme ailleurs, tous les étranges rochers du monde sont exclusivement l’œuvre de la nature.
Mais il en existe beaucoup d’autres… Allez-y voir, vous m’en direz des nouvelles. Et sur votre route, arrêtez-vous chez moi à Erquy, plus beau bourg d’Europe. Que dis-je ? Du monde !!!
J’arrête ici mes vantardises. Il me faut clore cette revue avec le prodigieux requin de granit, qu’on appelle aussi Tête de requin.
La Tête de Requin, Ploumanac’h
Ardèche
Voyez ci-dessous la Roche des Amants, au bois de Païolive, Ardèche (France). Ce rocher figuratif ne fait pas l’unanimité sur son sujet, puisqu’il est aussi connu sous le nom de Rocher de l’Ours et du Lion…
Rien n’empêche de penser, vue leur étreinte, que l’Ours et le Lion étaient aussi amants…

Païolive est une étonnante mer de roche pétrifiée et de chêne blanc qui se prolonge sur plus de 16 km près des Vans.
Le bois de Païolive forme une série de labyrinthes, comme certaine colline de la forêt des Trois-Pignons à Milly-la-Forêt ci-dessous.
Dans les deux cas, et dans d’autres, ces labyrinthes ont été créés par l’érosion: ce sont les géologues qui l’affirment, il faut les croire. Mais j’avoue avoir du mal…
Et toujours la même question revient :
pourquoi l’érosion ici et pas partout ?
Pourquoi ces « phénomènes naturels »
sont si localisés ?
Forêt des Trois-Pignons, Milly la Forêt
Païolive est un océan minéral et végétal qui contient des sculptures naturelles ou prétendues telles. Une curiosité de la nature, la faune et de la flore y sont exceptionnelles.
La région a été habitée par l’homme dès le Paléolithique supérieur, voire plus tôt encore, comme en témoignent les célèbres peintures rupestres de Chauvet à Vallon Pont d’Arc. Le plateau de l’Ardèche possède de vastes pierres dressées (menhirs de dolmens), érigées voici des milliers d’années.
Ou peut-être des millions d’années, qui sait ? Ainsi, tel ou tel rocher en forme de dinosaure aurait-il été taillé par un diplodocus artiste et mégalo ? En tout cas, j’ai grand peine à y voir l’œuvre de la nature…
Y avait-il une lignée humaine à ces époques reculées pour sculpter ces formes animales ? Des géants peut-être ? Des cyclopes de 50m de haut ?
Païolive, la Tête de Tintin
En tout cas, le nom de ce rocher, lui, ne date pas de la préhistoire…
Islande
Terre de glace et de feu, l’Islande possède de nombreux rochers aux formes tourmentées, façonnées par la lave en fusion qui s’est solidifiée au contact des eaux glacées. Certains de ces rochers sont tout de même troublants.
Ici, une monumentale tête de pachyderme semble issue des profondeurs du temps, un temps qui n’était pas le nôtre, mais celui des grands animaux et des géants.

Sardaigne
Des rochers aux formes étranges, on en trouve sur tous les continents. Voici, en Europe encore, les fameux rochers sculptés de Sardaigne, qui compte plus d’une merveille archéologique. Ou géologique ?
D’abord ce récif qui offre au visiteur du ciel une magnifique silhouette animalière que vous n’aurez aucun mal à identifier.

Ces rochers ont vraiment l’air d’avoir été façonnés par la seule nature, comme les rochers de Fontainebleau ou ceux de Ploumanac’h. Leur aspect naturel, voilà ce qui les rend si troublants. Mais ils sont naturels, protestent les esprits forts. Faut-il les croire ? En général, on appelle esprit fort quelqu’un qui n’en a pas du tout, et qui se tient à ce qu’on lui a dit.
Les formes arrondies, langoureuses, des rochers léchés par les vagues de Ploumanac’h contrastent avec les rocs à éclats qui semblent avoir été taillés à coup de silex, tels ceux de Capo d’Orso en Sardaigne, comme l’éléphant immergé ci-dessus.
Nouvelle-Zélande
Tout ça fait beaucoup d’éléphants, me semble-t-il. On retrouve -comme par hasard- cette puissante silhouette dans beaucoup d’autres rochers autour du monde.
Ici en Nouvelle-Zélande, une terre qui n’a jamais, à notre connaissance, connu d’éléphants vivants, en dehors de ceux qu’elle a dans ses zoos éventuels.

Hawaï
Encore un autre, décidément ! Il nous vient de Molokaï, à Hawaï, USA. Mais qu’est-ce qu’ils ont tous avec ces grosses bêtes ? Des animaux sans défenses, d’ailleurs.
Juste une ébauche de défense, dans l’ombre, à la commissure des lèvres. Le réalisme des représentations est trop parfait pour qu’on l’attribue aux éléments aveugles.

Ou alors, il faut admettre que le vent, le feu, la glace, le séisme, le glissement de terrain et toutes les causes qui ont contribué à cette oeuvre sont des entités conscientes, comme nous, et artistes, meilleurs que nous.
En tout cas, si vous avez connaissance d’un rocher éléphantesque ou animalier dans votre entourage ou dans vos promenades, n’hésitez pas à m’envoyer une photo. Il y en a combien sur cette planète ?
Sahara
Parfois, comme on l’a vu, la nature a fait l’ébauche et un sculpteur a terminé l’oeuvre. Ces sculptures ne sont pas l’oeuvre du hasard, chacun sait qu’il n’existe pas.
Certaines formations rocheuses, comme celle qui suit au Sahara, sont réputées entièrement naturelles. Rien n’empêche cependant qu’un artiste inconnu les ait un peu arrangées…

Pérou
Au pays des merveilles mégalithiques, outre les gigantesques blocs taillés à la perfection, on trouve aussi des rochers qui ont l’air naturel, mais qui n’en ont pas la chanson. Ici ce bloc imposant décore la cour d’un hôtel touristique à Cuzco.
On y trouve des cupules et des cuvettes en grand nombre, dont la répartition affectent une forme spiralée. Ces cupules étant destinées à recueillir l’eau de foudre, c’est à dire l’eau de pluie lors d’un orage, on comprendra qu’il n’était pas ainsi à l’origine, mais couché avec la face aux cupules vers le haut.

Thaïlande
En Thailande, dans le parc naturel de Phu-Pha-Toep, de nombreux rochers bizarroïdes font le régal des promeneurs. Malgré le bagout des géologues, on prête beaucoup à la nature, ce me semble.
Le rocher de la Pagode à Phu-Pha-Toep
Dans la mesure où nous savons à présent que la Civilisation des Pyramides était planétaire, dans la mesure où nous avons trouvé des mégalithes et des murs cyclopéens sur les cinq continents, on peut se demander si ces rochers ne sont pas une catégorie de dolmens qui nous avait échappé jusqu’à présent.
À voir ces étonnantes merveilles, on ne sait que penser. L’incertitude de leur origine les rend d’autant plus fascinantes Sont-elles des artefacts ? Sont-elles purement naturelles ?
Tous les amoureux des pierres à travers le monde sont aimablement priés de m’envoyer leurs photos d’étranges rochers, là où ils vivent, ou ailleurs. Si les photos sont assez nombreuses, une nouvelle approche du mégalithisme deviendra possible grâce à vous.
La civilisation des pyramides
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