Hatchepsout reine mâle

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« Mon autorité inébranlable se dresse comme les montagnes, le brillant disque solaire étend ses rayons sur mon auguste personne et mon faucon s’élève au-dessus de la bannière royale pour l’éternité ».

Voilà Hatchepsout dans tout son manque de modestie. La belle Egyptienne adore parler d’Elle à la troisième personne. Fille du pharaon Thoutmosis I, la singulière reine Hatchepsout a régné plus de 20 ans sur l’Egypte. Et son règne a changé la face du monde. C’était il y a trente-cinq siècles.

Je dis la reine, je devrais dire le roi : sa virilité s’impose d’emblée sur le peuple comme sur les puissants. Mariée à Thoutmosis II, son demi-frère, et tutrice de Thoutmosis III, son neveu, elle ose défier la tradition en montant sur le trône divin, alors réservé aux mâles. 

En l’an 7 de sa régence, Hatchepsout est couronnée non pas Reine, mais Roi d’Égypte, sous le nom de Maâtkarê Hatshepsout. Son nom masculin signifie « maât est le ka de Rê » soit : « la Vérité est l’âme du dieu-soleil ». Dès son couronnement, elle se fait homme. Elle troque la robe-fourreau et la couronne de reine contre le pagne court des hommes, le némès et la fausse barbe. Ainsi travestie, elle devient l’égale des pharaons, maintenant l’ordre de Maât et pouvant accéder à la personnification vivante d’Horus, stade ultime de l’éveil pour ces grands initiés que sont les pharaons. 

Hatchepsout fait sculpter un très grand nombre de statues qui la montrent sous son aspect viril; elle entend être prise pour un roi.

Hatchepsout continue pourtant à vanter sans pudeur sa grâce féminine : « La regarder était plus beau que tout ! Sa splendeur et sa silhouette étaient divines, c’était une jeune fille d’une beauté resplendissante » Pas gênée, la mère Hatchepsout, un culot monstre. Une sacrée paire de couilles pour aller avec. Elle consacre son règne à un programme architectural d’une ampleur ébouriffante, tout en maintenant la paix civile et la sécurité des frontières.

Son ambiguïté savamment contrôlée servait à merveille ses desseins et sa grande ambition. La femme Pharaon règne comme un homme, mais le monarque absolu sait se muer en courtisane sensuelle: « Sa majesté se mit avec ses propres mains de l’huile d’ani sur tous les membres. Son parfum était celui d’une haleine divine, son odeur allait jusqu’au pays de Pount. Sa peau était en or, elle brillait comme les étoiles » écrira-t-elle pâmée.

Narcissique et magique, Hatchepsout veut d’abord plaire à son mentor, Hapouseneb, grand prêtre d’Amon, qui a l’âge d’être son père. 

Deuxième personnage de l’état, pape du clergé, Hapouseneb pratique un tantrisme puissant. Il parvient à contrôler Hatchepsout en la maintenant dans un état permanent d’excitation sexuelle non assouvie. (source)JL Bernard, Aux origines de l’Egypte

On a vraiment du mal à réunir les deux aspects, masculin et féminin, si contradictoires de la personnalité du roi-reine. 

 

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Le plus haut fait de Hatchepsout reste l’expédition vers le Pays de Pount, en l’an 8 de son règne, de laquelle, elle ressort glorifiée : les bateaux reviennent chargés de produits de luxe (myrrhe, ébène, encens, ivoire et or).

Les relations commerciales, interrompues depuis presque trois cent ans avec le Pount, reprennent grâce à Hatchepsout. Les scènes sculptées sur les parois de la deuxième terrasse du temple de Deir-el-Bahari sont de magnifiques témoignages de son voyage.

Le pays de Pount n’est pas une île ordinaire. Les historiens et autres spécialistes assermentés assez remontés se crèpent le chignon quant à sa localisation exacte.

Selon moi, Pount était une île magique, une autre Atlantide localisée dans l’océan Indien. On la connaît aussi sous le nom de Lémurie.

Cette île abritait un peuple au savoir immense, aux moeurs raffinées, qui produisait un artisanat d’une exceptionnelle qualité.

Les Pountiques présentent toutes les caractéristiques des dieux d’avant. Ils en sont. Ils sont arrivés de leur étoile sur un grand vaisseau-mère, Hyperborée, qui a semé trois vaisseaux-îles sur les océans du globe : dans l’océan Atlantique, c’est Atlantide.

Dans l’océan Indien, c’est Pount ou Lémurie. Dans l’océan Pacifique, c’est Mu, le fabuleux empire des Naacals du colonel Churchward.

 

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On peut toujours chercher ces îles géantes au fond des océans, on ne les y trouvera pas. Elles ont pris leur envol. Elles ont regagné les soutes de vaisseau-mère et tous ce beau monde divin est reparti chez lui, au Paradis.

Rétablir le commerce avec Pount est d’une importance capitale : depuis trois siècles, les élites Egyptiennes étaient privées de la technologie divine, notamment de celle des pièges à foudre qui permettent l’éveil, ce don d’Isis.

Avec l’aide de Pount, Hatchepsout met fin à cette disette. Elle fait construire une machine à foudre dans le temple funéraire de son père à Karnak. Elle prend soin d’y élever deux paires d’obélisques en granit, l’une dressée dans la salle hypostyle de Thoutmosis I, l’autre « les obélisques orientaux » adossée à la paroi est.

Sur l’une de ces « flèches du ciel », on peut lire : « Je l’ai fait pour lui avec affection comme le fait un roi pour un Dieu. C’était mon désir de le faire dorer à l’électrum. »

L’électrum, alliage métallique connu dès la haute antiquité, est un mélange d’or et d’argent en proportion variable. Il était jadis réputé pour ses vertus magiques, qui ne sont autres selon moi que sa grande conductivité : comme son nom l’indique, l’électrum est un excellent conducteur électrique.

Ces obélisques étaient des capteurs de foudre, des « flèches du ciel » d’une haute efficacité. L’ensemble formait une machine parfaite, conçue pour éveiller les pouvoirs latents des grands initiés. Hatchepsout l’a fait « pour lui », mais qui ça ? Pour son père défunt qui s’en fout ? Ou pour donner l’éveil au tout puissant Hapouseneb, son amant et son gourou ?

 

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C’est possible. Certains le croient. Quant à moi, je pense qu’elle l’a fait pour le fils adoptif dont elle s’est occupée depuis qu’elle l’a recueilli sur le Nil, tout bébé, dérivant dans un berceau d’osier tressé. Eh oui, la reine mâle Hatchepsout serait la mère adoptive de Moïse. Et son initiatrice.

Brisée par une sombre affaire de trahison, Hatchepsout abdique après vingt ans de règne, laissant son neveu Thoutmosis III coiffer la double couronne d’Égypte.

Le même Thoutmosis III, quelques années plus tard, sera englouti avec toute son armée sous les eaux de la Mer Rouge. Thoutmosis III est sans doute le pharaon de l’Exode.

Il fut noyé en tentant de rattraper Moïse avec la poignée de fuyards qui allait devenir le peuple hébreu.

 

Le chemin de la sagesse et de la liberté est un chemin qui mène au centre de soi-même.
Mircea Eliade