Les Druides celtes

Dernière modification le 18/09/2014 à 17h48

Emblématiques figures de la Gaule et des terres celtes d'antan, les   Druides sont les invisibles habitants de nos forêts, comme les Sylphes et les Elfes.

 

Mages, sages, professeurs, guérisseurs, les Druides gaulois hantent encore l'imaginaire de la vieille Europe. De la Galice à l'Ecosse, de l'Irlande à la Bretagne, du Pays de Galles au Pays Arverne, l'image du druide en robe blanche vibre encore dans le gui des chênes.

 

De nombreux Grecs     venaient étudier en Gaule, tout en maudissant le mauvais temps… et la     rareté des taxis, déjà, à cette époque !On connaît tous Panoramix. Mais ce que Goscinny ne dit pas, c'est la place sacrée que le druide occupe dans la vie gauloise. Il est à la fois professeur, prêtre, guérisseur, stratège ou chef de guerre, et magicien par dessus le marché. Son côté sorcier le rend dangereux, sa science fascine.

Dans le récit Táin Bó Cúailnge, le druide Cathbad provoque la mort d'un émissaire qui a parlé sans permission, car "Nul ne parle avant le roi, mais le roi ne parle pas avant son druide".

 

Entrelac celte

 

Son côté prof vaut au druide des étudiants sans nombre, venus de toute l'Europe. En Gaule, les universités druidiques étaient aussi réputées, sinon plus, que celles d'Egypte. Bien des jeunes Grecs y sont venus étudier l'astronomie, les sciences naturelles et les mathématiques, toujours selon la tradition orale. C'est pourquoi nous n'avons aucun texte rédigé par les Gaulois eux-mêmes, car les Druides dédaignaient l'écriture, convaincus que la parole écrite est morte et ne peut donc donner vie à rien de sain.  (source)Wikipédia

 

Druide enseignantComme dans les écoles coraniques, la transmission du savoir était orale et les étudiants savaient par coeur des milliers de stances et de lois naturelles. Les seules sources écrites dont nous disposons sont latines, principalement la Guerre des Gaules de Jules César. Mais César, pour justifier ses massacres aux yeux du sénat, a rabaissé le degré de civilisation des Gaulois. Il existe également des sources galloise et irlandaise tardives, datant du moyen-âge, mais dignes de foi pour certains auteurs.

 

Les Druides   ont utilisés les menhirs, les dolmens et les cromlechs pour leurs   rituels initiatiques, mais rappelons qu'à leur époque ces monuments   étaient déjà d'une grande antiquité.

 

Depuis les Romains on a longtemps pensé que le mot druide était associé au chêne, à cause des rites druidiques sur cet arbre. Les philologues ont établi que ce terme spécifiquement celtique, présent tant dans le texte de Jules César que ceux du Moyen Âge, provenait de "dru-wid-es" qui signifie "très savants". On remarquera toutefois que chêne se dit derw en breton, dervo en gaulois, daur, dar en irlandais. En gallois, chêne se dit derw et druide, derwydd. Cette thèse est réfutée par Guyonvarc'h et Le Roux.

 

Le gui   était précieux pour les Druides, surtout le gui de chêne, qu'ils   récoltaient avec une     serpe en or, seul métal qui ne corrompt pas la précieuse sève

 

Pour ces universitaires de la celtitude, il n'existe aucune possibilité immédiate de relier le nom des druides à celui du chêne. Libre à eux de le croire ...et à nous d'en douter. J'ai la conviction que le druidisme est une religion - ou une sagesse - bien antérieure aux Celtes. Elle démarre avec Ram le Bélier, guérisseur qui s'est rendu célèbre en éradiquant la phtysie pulmonaire qui décimaient les Hyperboréens. Et avec quoi a-t-il terrassé cette infection ? Avec le gui du chêne...

 

Les druidesses sont des   femmes de grands pouvoirs, cachées dans l'île magique d'Avallon,   peut-être une évocation d'Atlantide ?"Chez tous les peuples gaulois sans exception se retrouvent trois classes d'hommes qui sont l'objet d'honneurs extraordinaires, à savoir les Bardes, les Vates et les Druides : les Bardes sont les chantres sacrés, les Vates sont les devins qui président aux sacrifices et interrogent la nature, enfin les Druides, qui, indépendamment de la physiologie ou philosophie naturelle, professent l'éthique ou philosophie morale." (source)Strabon, Géographie, IV, 4.

 

Ces trois fonctions incarnent les trois pôles des sociétés chamaniques : le chant sacré pour le Barde, le don de vision pour le Vate, et le pouvoir d'initier pour le Druide. En vérité, il s'agit d'une déformation dûe aux Celtes. Ils avaient hérité de l'antique religion druidique des Hyperboréens. Ceux-ci organisaient la société en quatre castes ou collèges. Les Celtes, obsédés par la triade, ont ramené les quatre collèges à trois.

 

Entrelac celte

 

De fait, chez les Celtes, le druide occupe une double fonction :  il est mage guerrier dans les batailles et sage guérisseur après le combat. Tout comme Merlin, Gandalf et plus tard les Templiers, ou les moines de Shao Lin.

 

DianCecht est le dieu guérisseur de l'ancienne Irlande © Gaudenzi "Idéalement, tout pouvoir est rattaché aux druides et à l'autorité de leur science divine. Le roi est un noble investi d'un mandat de gestion temporel sur la noblesse et les classes laborieuses qui se partagent les devoirs sociaux : respectivement la protection et la satisfaction des besoins de tous." (source)Claude Sterckx, Mythologie du monde celte, page 54, Marabout, Paris, 2009 Les Druides, devins et initiateurs, sont aussi guérisseurs. "Les Tuatha Dé Danaan ont un dieu-médecin, Diancecht qui est un expert dans la magie et la médecine.

 

Il soigne et rétablit les blessés, il ressuscite les morts en les immergeant dans la Fontaine de Santé, il fabrique une prothèse au roi Nuada qui a eu le bras arraché. Les épopées sont pleines de ces guérisons, où les plantes, les incantations et les breuvages magiques sont utilisés." (source)Wikipédia

 

Ce mogramme, symbole   des premiers Chrétiens, signifie Pax Christi, la Paix du Christ. Mais déjà une nouvelle religion montrait le nez… A partir du 3e siècle de notre ère, la montée en puissance du christianisme fit reculer la vieille religion de la Déesse Mère, Bélisama, pourtant solidement implantée chez les Celtes.  La légende dit que Merlin, qui vivait au 6e siècle, à la fois païen et chrétien, fut le dernier druide et le premier évêque. Or le premier évêque officiel est Irénée de Lyon... Pourtant jusqu'au 11e siècle, voire jusqu'à  la Renaissance, on sait que les Druides exerçaient encore leur noble art.

 

A l'enseigne de la Truie     qui File, sur la butte de lacathédrale, à Chartres Les curés et les évêques n'aimaient pas beaucoup ces pratiques au fort relent de soufre. Alors le druide se cachait. Tout guérisseur qu'on soit, on n'a pas trop envie de finir sur le bûcher de la Sainte Inquisition ! A deux pas de la cathédrale de Chartres, une curieuse enseigne se balance à la façade d'un restaurant. On y voit une truie qui file. Cette enseigne n'est pas rare, on la trouve un peu partout en France. Une gentille légende bretonne dit qu'une jeune fille se serait changée en truie pour échapper à un viol.

 

La fée Clochette

 

Plus sérieuse est la version de Fulcanelli. Selon lui, la truie signifie le druide, par homophonie. Et si elle file, c'est que le druide est guérisseur. Dans la tradition irlandaise, le file est un devin qui impose les mains. A l'enseigne de la truie qui file, les initiés ou simplement les familiers de la langue des oisons savaient qu'ils trouveraient un druide guérisseur.

 

Fulcanelli le mystérieux       alchimisteQui est donc Fulcanelli ? Un bien étrange personnage en vérité. Sous ce nom sont parus jadis deux ouvrages ésotériques sur la symbolique alchimique, Le mystère des cathédrales et Les Demeures philosophales. Selon la légende, Fulcanelli serait parvenu à réaliser le grand oeuvre, c'est à dire à découvrir les secrets de la vie éternelle et de la pierre philosophale avant de disparaître mystérieusement. La légende ajoute qu'il aurait laissé un legs d'une rare importance.

 

C'est tout ce qu'on sait, même si certains chuchotent... Par les vertus d'une magie très druidique, voire alchimique, Fulcanelli aurait-il donné vie à quelque créature, un golem immortel ?

 

Druides coupant cérémonieusement le gui des chênes