Osiris et Jésus

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Si l’on en croit les Textes des Pyramides, l’histoire de Jésus doit beaucoup à celle d’Osiris, qui s’est pourtant déroulée deux mille cinq cents ans plus tôt. Voici les faits tels qu’ils sont contés par la tradition et vérifiés par deux des plus pertinents égyptologues, Jean Yoyotte et Marthe de Ruspoli. 

 

Une première question se pose quant à la réelle antiquité d’Osiris, contestée par Jean Yoyotte. « Les temps originels de la civilisation égyptienne remontant à 8000 ans au moins, il convient à qui veut tenter d’en percer le mystère de balayer de sa mémoire Isis et Osiris, qui n’en font pas partie. » (source)Robert Charroux, Le livre du passé mystérieux

Effectivement, il n’est pas du tout question d’Osiris ni d’Isis dans la protohistoire égyptienne. Osiris n’est pas mentionné à l’époque des rois semi-divins, ni au temps de Ménès, ni dans l’Abydos ancien. « Osiris ne fut qu’un tard venu à Abydos. Identifié au dieu local Khentamentiou sous la Ve dynastie, soit vers 2300 AEC, il vit sa popularité croître lentement mais sûrement, si bien qu’à compter du IIe millénaire, sa personnalité oblitère définitivement celle de son obscur devancier. » (source)Jean Yoyotte cité par Robert Charroux, Le livre du passé mystérieux

D’innombrables ressemblances amènent le chercheur à penser que les personnages mythiques de Jésus et d’Osiris ne font qu’un. La princesse Marthe de Chambrun Ruspoli a mis en lumière les emprunts que la Bible et les Evangiles ont fait à ce dieu récent. Marthe de Ruspoli a su trouver dans les papyrus et les textes égyptiens les traits essentiels d’Osiris qu’on retrouvera plus tard dans le personnage de Jésus. Elle cite le récit du déluge trouvé dans les textes des Pyramides de Saqqara (IIIe dynastie), le jardin d’Eden, la Terre Choisie d’Amenta, l’arbre de vie du roi Pépi (VIe dynastie, 2280 AEC) (source)Marthe de Chambrun Ruspoli, L’épervier Divin, éd. Mont-Blanc, Genève 

Les papyrus d’Ani et de Hunefer nomment Osiris « seigneur de justice » (Maat) « seigneur saint », comme on appellera Jésus. Ils parlent du serpent humain Sata ou Seth, qui donnera le Satan chrétien.

Ces mêmes papyrus mentionnent les Fils des Ténèbres et évoquent la passion d’Osiris après un souper au cours duquel « le Roi distribua le pain et les viandes consacrées en son nom de Seigneur de la Nourriture Divine. Ce seigneur saint passa ensuite sa coupe à chacun. »(source)Papyrus d’Ani, chapitre 17 et Pyramide de Teta, 214, éd. Maspéro « Osiris connaît son heure et sait qu’il a vécu sa période de vie… Osiris a peur. Osiris a la terreur de marcher dans les ténèbres… Ceux qui veulent se défaire de moi et me faire du mal sont les fils des ténèbres, dit-il… » (source)Pyramide d’Unas, ligne 419 éd. Maspéro et Papyrus de Hunefer chap. 17

« Père d’Osiris ! Atoum dans les ténèbres ! Prends Osiris à tes côtés ! » (source)Pyramides, 1265-1266, éd. Mercer  Plus tard, quand les fils des ténèbres viennent capturer le Messie égyptien, Osiris leur dit : « Je suis votre Seigneur. Venez prendre place dans mes rangs. Je suis le fils de votre Seigneur et vous m’appartenez par mon divin père qui vous a créés… Je suis le Seigneur de la Vie. » (source)Papyrus de Nu, chap. 40, cité par Robert Charroux, Le livre du passé mystérieux

Ce sont les paroles de Jésus, sur le Mont des Oliviers, telles qu’il les a prononcées 2300 ans plus tard !

Et Osiris continue : « Puissent ma chair et mes membres ne pas être tailladés à coup de couteau ! Puissé-je ne pas être fouetté ! »(source)Papyrus de Hunefer chap. 57 Jésus, lui, fut fouetté. « Oh ! Ne m’enchaînez pas à votre gibet de mort ! Ne m’entraînez jusqu’au lieu des supplices, où mes ennemis immolent leurs victimes ! »(source)Papyrus de Paris, chap. 180 Tout comme Jésus longtemps après lui, Osiris est crucifié sur un gibet formé d’un tronc de sycomore sur lequel un madrier est disposé horizontalement.

La croix du supplice d’Osiris a pour nom : tat. « Pépi vient à toi, Osiris! Puisse-t-il essuyer ton, visage ! » (répété quatre fois) (source)Texte des Pyramides, ligne 964, éd. Mercer Et près de mourir, le roi murmure : « Mon cœur ! Ma mère ! Mon cœur ! Ma mère ! » (source)Papyrus d’Amenhotep chap. 130 On reconnaît ici la passion de Jésus où Véronique essuie le visage de Jésus portant sa croix, puis l’épisode du légionnaire qui lui donne à boire. On est saisi ensuite par le parallèle avec les derniers mots de Jésus sur la croix : « Père ! Père ! Pourquoi m’as-tu abandonné ? »

Si l’on croit aux vies antérieures, on peut se dire que Jésus fut une réincarnation d’Osiris, mais cette version n’est pas canonique ! Sinon il faudra se résoudre à admettre que Jésus, ce cher Jésus, est de fabrication récente, sans rapport avec la conception immaculée de l’Esprit Saint. Jésus a été créé de toutes pièces, nous dit Fomenko. C’est bien possible, oui. Car il n’y a pas qu’en Egypte qu’on trouve les paroles et les actes de Jésus bien avant lui. En Inde, c’est le demi-dieu Krishna qui lui a servi de modèle.

« Krishna est venu sur la terre pour effacer les péchés du Kali YugaAge de Fer pour prendre en fardeau les péchés qui écrasent l’humanité. Sa mission remplie, il retourna au ciel, montrant ainsi la Voie à ceux qui lui sont dévoués. » (source)Baghavad Purana, 11, XXXi, citée par Robert Charroux, Le livre du passé mystérieux

 Hare Krishna, Hare Ram.

Il est des choses connues et des choses inconnues, entre les deux s’ouvrent les portes de la perception. (Aldous Huxley)

 

 

Ainsi donc

Chacun ses croyances, et les vaches sacrées seront bien gardées. Nous ancêtres ont tout gobé. Ils ont avalé des couleuvres avec l’aisance d’un charmeur de serpents. C’était compter sans le web, sans la diffusion planétaire de tous les textes jadis enfermés dans des bibliothèques strictement protégées par le Saint Siège. N’oublions pas que jusqu’à l’invention de la typographie vers 1440, tous les écrits étaient recopiés par des copistes. Des moines, le plus souvent.  Ils recopiaient dans leur couvent ce que le supérieur leur disait de recopier, omettant et ajoutant ce qu’il leur indiquait. Le contrôle de l’église catholique a été quasi total pendant tout ce temps.

Une foule d’anecdotes bidons, pleines d’erreurs et d’anachronismes, a été ajouté par les copistes. Que ceci n’empêchent pas les croyants de croire, ni les incrédules de ne pas croire. Je suis mythologue, je porte sur toutes les mythologies un regard critique : est-ce vrai ? Est-ce déformé ? Est-ce exagéré ? Pour quelles raisons ? Mon travail n’a d’autre but que de regarder en face la vérité — si une telle chose existe ! — avec un œil critique et l’esprit débarrassé de tout a-priori. C’est pour cette raison que vous êtes nombreux à me lire. Vous savez que vos convictions vous appartiennent. Elles vous aident à vivre, loin de moi l’idée de les dynamiter, du grec ancien dunamos, qui veut dire ange.

Toutes les croyances sont infiniment respectables, bien que je préfère m’aligner sur l’éternel principe d’incertitude, il est bon de croire sans y croire.

 

« Il ne manque à l’oisiveté du sage qu’un meilleur nom et que méditer, parler, lire et être tranquille s’appelât travailler. »
La Bruyère