Ésus Christus

 

Plusieurs chercheurs mettent en doute l’existence historique de Jésus. Celle du Christ, par contre, n’est pas remise en question. Et pour cause ! Ce titre a été souvent porté. Prométhée, Orphée, Dionysos, Apollon, Rama, Ésus, Mithra… De multiples christs ont régné sur le monde celte et méditerranéen depuis l’aube des temps, bien avant l’époque romaine.

 

Ésus

Allez, grâce à Oui qui paie dia, offrons-nous un bon petit coup d’onomastiqueLes Scolies de Berne, commentaire antique et médiéval (entre le IVe et le IXe siècle de notre ère) de la Pharsale de Lucain l’assimilent au dieu Mars romain, ou à Mercure, et précisent qu’on apaisait Ésus en suspendant un homme à un arbre jusqu’à ce que, par suite de l’effusion de son sang, il ait laissé aller ses membres.

Le nom d’Ésus est un élément des noms propres gaulois Esunertos (« celui qui a la force d’Esus») et Esugenos (« né d’Ésus » ou « bien né», équivalent à Eugène en grec). Selon Joseph Vendryes, le nom « Esugenos » se retrouve en gallois sous la forme d’Owain et en irlandais dans Eogain. On le retrouve en breton, en particulier sous les formes Yves, Erwann et Youenn, selon le chanoine F. Falc’Hun. Julius Pokorny ajoute le gallois Ywein, devenu Yvain dans la littérature médiévale française. (source)

Yv l’ancêtre

Le dieu Ésus réputé cruel n’est autre que le bon Saint Yves des Bretons. Il n’était pas un saint au sens chrétien du terme, parce qu’il vivait longtemps avant l’apparition de la religion de Jésus. N’importe. Les prénoms Yves, Yvon, viennent de lui. Le prénom russe Ivan peut se lire IV AHN en langue d’or, à savoir YV l’ancêtre. Les villes bretonnes d’Yvignac la Tour, Yffignac, Yvias lui sont dédiées. Toutes trois situées dans les Côtes d’Armor, avec un spécial dédicace pour Yvias, comme on le verra plus loin.

 

Plusieurs indices montrent que le culte de Mithra ne s’est pas propagé d’Iran vers les terres celtes, mais qu’il s’agit du culte d’Esus qui est partie de Celtie pour gagner l’Iran. Dans les Côtes d’Armor encore, le village de Lanleff et son temple circulaire caractéristique du culte mithriaque. Ce petit bijou de temple paraît très antérieur à la conquête romaine.

Esus est un christ, un initié oint de l’huile druidique, un sauveur des hommes empêtrés dans leurs rivalités stériles, un envoyé d’Hyperborée descendu en Armorique, dans cette région qui est la mienne et qu’on appelle les Côtes d’Armor.

Toujours en Bretagne, en Ille et Vilaine cette fois, la racine ESus se retrouve dans la ville d’Essé, au pays de la magnifique allée couverte de la Roche aux Fées. Aux fées, vraiment ? Ou à Ésus Christ ??

Autre chose : Ésus appartient-il à la grande famille des dieux Ases qui régnaient sur le nord de l’Europe ? La question mérite d’être posée, même si la réponse demeure en suspens. La parenté lexicale m’incite à le croire, et l’époque aussi, qui est la même… Si l’Ase Thor est le pendant masculin de la déesse Hathor d’Égypte, pourquoi Ésus ne serait-il pas de la même famille ?

 

Eugène

Esugenos, d’après Wikipédia, signifierait bien né, soit Eugène en grec. Certes, j’y souscris… Mais qu’entend-on par « bien né » ? Très probablement d’origine noble, voire d’origine divine ou semi-divine, c’est à dire issu des dieux d’Hyperborée. Seraient Esugenos ceux et celles qui viennent de la planète errante, les enfants du grand vaisseau-mère habité par les dieux d’avant. Pour aller plus loin encore, je hasarderais cette hypothèse : bien né(e) serait celle ou celui qui aurait été créé in vitro, créé et non engendré, conçu dans un labo de génétique, et non par les voies naturelles.

L’hypothèse n’est pas aussi hasardeuse qu’elle y paraît, puisque, comme chacun sait, le hasard n’existe pas. Hasard est un autre nom pour Osiris : asar, ousir… Et puis, comme le grand Jung l’a montré, les coïncidences n’existent pas non plus. Il faut y voir des synchronicités.

Les dieux d’avant avaient deux façons d’engendrer des êtres humains. Les manips génétiques avaient leur préférence, car ils pouvaient en contrôler tous les paramètres, à l’opposé de la loterie copulatoire. Si ces coquins de dieux d’avant pratiquaient volontiers la brouette javanaise, ils ne jouaient guère à la roulette russe.

La mythologie grecque cite plusieurs exemples de dieux ou de déesses issus du labo. Devinette : je suis née par le génie génétique, sortie du cerveau de mon puissant paternel, le dieu des dieux, Zeus. Qui suis-je ? Facile ! On a reconnu Athéna, grande déesse à qui nous devons tant. Esugenos, en français Eugène ou Eugénie, signifie pour moi issu de la génétique. Comme on l’a noté, j’adore mêler la langue des oisons à la poussiéreuse étymologie… ou à l’antique onomastique.voir plus haut, toujours plus haut

 

Le pilier d’Ésus

Ésus est sculpté sur le pilier des Nautes, en train d’abattre un arbre. Le bas-relief est surmonté du nom Esus. Sur un relief de Trèves (Allemagne), il est montré avec un taureau et trois grues. Sur le pilier des Nautes, le taureau à trois grues est appelé Tarvos trigaranus. (source)

 

Qu’est-ce que le pilier des Nautes ?  Le pilier des Nautes est une colonne gallo-romaine monumentale érigée par les Nautes de Lutèce au 1er siècle, sous le règne de l’empereur Tibère. Ce pilier est exposé dans les thermes de Cluny. Il s’agit de l’empilement de quatre blocs ou autels qui ont été mis au jour lors de la construction d’une crypte sous la cathédrale Notre-Dame de Paris, le 16 mars 1711. (source) Ces autels dédiés aux dieux romains et gaulois furent offerts au peuple de Lutèce par la confrérie des Nautes, mariniers de la Seine.

Daté du 1er siècle, le pilier des Nautes serait le plus vieux monument de la ville de Paris, et la confrérie des Nautes la plus ancienne société de ce pays qui était la Gaule romaine. Ce pilier sacrificiel est l’apanage du dieu gaulois Ésus. Couvert du sang des victimes, il figure sur toutes les images d’Ésus. En Gaule gallo-romaine, les cultes celtiques étaient vivaces, et les dieux gaulois régnaient encore sur la Gaule. Le pilier d’Ésus était dressé à chaque carrefour.

La croix vient du pilier

Le lecteur avisé aura compris que ce pilier a inspiré la croix de Jésus. Toute nouvelle religion se doit de respecter les pratiques de l’ancienne religion à laquelle le peuple est attaché par la tradition de ses ancêtres. Aussi a-t-elle soin de respecter les symboles du culte précédent, en y ajoutant ses propres symboles.

 

Sans tapage, les piliers d’Ésus furent changés en croix. Et les cohortes de pèlerins arpentèrent longtemps encore les anciens chemins sacrés. Sans ambage, les vieux temples furent recyclés en églises. La foule des fidèles n’est pas déroutée, les habitudes sont restées. Sans ramage, les druides gaulois furent changés en évêques. Et le peuple galvanisé a bâti les cathédrales. Pour le christ Jésus ou pour le christ Ésus ? En latin, pas de J. On écrivait Iésus. Une simple barre verticale à ajouté devant Ésus, et voilà Iésus qui sort du chapeau.

Qu’importe l’époque, qu’importe la religion, la substitution du dieu est universelle : chacun y trouve son compte. Les sanctuaires deviennent des temples ou des chapelles. Les cathédrales deviennent des mosquées et les mosquées des cathédrales.

Quatre mille ans de christianisme

Ne vous y trompez pas, je viens de concentrer plusieurs millénaires en quelques lignes. Le culte d’Ésus est antérieur de trois ou quatre mille ans à l’occupation romaine de la Gaule.

Quatre mille ans ! Imaginez un peu la force de l’habitude. Difficile d’aller contre. La nouvelle religion devait s’imposer par la ruse. Sans heurter les croyances et les coutumes.  Elle a mis le temps, mais elle y est parvenue.

Oui, quatre mille ans. C’est le taureau aux trois grues qui nous donne ce marqueur historique. Il caractérise l’ère du Taureau, aux environs de – 4000 à – 2000 AEC.Avant l’Ere Commune On devrait dire l’ère de la Taure, car c’est l’apogée du matriarcat, comme on l’a vu sur le site de Çatal Höyük en Turquie.

De même, on retrouve le taureau dans la légende de Mithra : le dieu Mithra met à mort un taureau afin de permettre la régénération du monde. (source) La religion d’Ésur et celle de Mithra sont apparues en même temps. D’autres liens les unissent étroitement.

Les rapports sont si étroits entre christianisme et mithraïsme qu’on a pu écrire :

Comme le christianisme, le mithraïsme est un culte à mystères, réservé à des initiés qui cherchent une relation personnelle avec le dieu, qui le vénèrent dans des sanctuaires spécifiques, en dehors des rites traditionnels publics de la religion gréco-romaine.

 

Voilà pourquoi Mithra est un androgyne, il marque la transition vers le patriarcat de Ramos dit Rama.

Mithra Esus est un christ. Il est même à l’origine du christianisme, une religion qui aurait donc quatre à cinq mille ans. Sauf qu’elle était très différente du nouveau christianisme, qui n’a plus rien d’une religion d’éveil, contrairement au mithraïsme.

Et Jésus dans tout ça ? Il n’est censé apparaître que deux mille ans plus tard. Deux mille ans… et sept siècles. Les sept siècles qui manquent à notre histoire, ces fameux siècles qui semblent avoir disparu sous le tapis du temps.

 

 

Ainsi donc

Chacun ses croyances, et les vaches sacrées seront bien gardées. Nous ancêtres ont tout gobé. Ils ont avalé des couleuvres avec l’aisance d’un charmeur de serpents. C’était compter sans le web, sans la diffusion planétaire de tous les textes jadis enfermés dans des bibliothèques strictement protégées par le Saint Siège. N’oublions pas que jusqu’à l’invention de la typographie vers 1440, tous les écrits étaient recopiés par des copistes. Des moines, le plus souvent.  Ils recopiaient dans leur couvent ce que le supérieur leur disait de recopier, omettant et ajoutant ce qu’il leur indiquait. Le contrôle de l’église catholique a été quasi total pendant tout ce temps.

Une foule d’anecdotes bidons, pleines d’erreurs et d’anachronismes, a été ajouté par les copistes. Que ceci n’empêchent pas les croyants de croire, ni les incrédules de ne pas croire. Je suis mythologue, je porte sur toutes les mythologies un regard critique : est-ce vrai ? Est-ce déformé ? Est-ce exagéré ? Pour quelles raisons ? Mon travail n’a d’autre but que de regarder en face la vérité — si une telle chose existe ! — avec un œil critique et l’esprit débarrassé de tout a-priori. C’est pour cette raison que vous êtes nombreux à me lire. Vous savez que vos convictions vous appartiennent. Elles vous aident à vivre, loin de moi l’idée de les dynamiter, du grec ancien dunamos, qui veut dire ange.

Toutes les croyances sont infiniment respectables, bien que je préfère m’aligner sur l’éternel principe d’incertitude, il est bon de croire sans y croire.

 

 

 

 

De nos jours il ne subsiste pas le moindre vestige de la science sacrée, c’est le règne du savoir profane, de l’ignorance qui se prend pour science et se complaît dans son néant.
René Guénon