Le corps glorieux

Certains pensent comme moi qu’après la mort du corps, l’âme vit encore. D’accord. Mais d’abord qu’est-ce que l’âme ? Combien d’humains en ont conscience ? Combien doutent de son existence ? Pour eux, la mort est la fin de tout. La survie de l’âme, ça leur fait une belle jambe !

Et qu’est-ce que tu peux faire avec une seule jambe, même belle, sans le reste du corps ? Rien. T’as même pas de mains pour prendre ton pied.humour Si c’est ça la mort, autant vivre tout de suite.gag La vie, c’est dans un corps. Sinon pas d’accord. D’où jouir de tout ce que donne la matière. Beaucoup de gens font ça. C’est la philosophie du milieu. Celui de la mafia, des gangs et des yakuzas.

Le yakuza dans le jacuzzi

J’accuse ! dit l’Émile. Le Zola, hein. Pas l’Émile de Jean-Jacques Rousseau ni l’Émile et une nuit. Mais de quoi suis-je accusé ? Voilà : j’ai médit des yakuzas. En fait le yakuza a une morale bien plus élevée que la loi du milieu (à ne pas confondre avec la voie du même nom – rien à voir). Le yak n’est pas un voyou. Héritier des samouraïs légendaires, il fait régner l’ordre, pas le désordre.

Il y a trente ans le Japon se flattait d’avoir une petite criminalité quasi inexistante. Je suppose que c’est encore le cas. Les yakuzas y veillent. Et les îlotiers aussi, qui les renseignent. Et les yaks nettoient la saleté sans que la police nippone ait besoin d’intervenir. Les mafias chinoises font la même chose dans les Chinatown du monde occidental. Mais c’est un autre débat. Maintenant que j’ai lavédans le jacuzzi ? les yaks de l’affront bien involontaire que je leur avais fait subir, puis-je reprendre le cours normal de mon exposé ? Merci. C’est bien aimable à vous.

À mon corps défendant

Je ne suis pas un saint, ni un élu, ni un juste. Sinon je le saurais. Je n’ai pas choisi la voie de la débauche, ni celle de l’exaltation des sens par les plus viles passions matérielles, corporelles, physiques. Ai-je eu tort ? Certains le croiront. Peu le diront. Beaucoup s’en foutront. Ils ont tous raison.

Dans la perspective matérialiste, assurément. Si l’on n’a qu’une vie, il importe de profiter de son corps tant qu’il est là. Sports extrêmes et jouissance sans entraves, c’est ici et maintenant. Les allumés qui croient à une vie après la mort seront baisés dans les grandes largeurs. Notez qu’ils n’en sauront rien, puisqu’ils ne seront rien.

Une fois mort, sans ton corps, tu peux t’asseoir sur la fête du calbar. Du moins c’est ce que j’ai toujours cru. On verra qu’il n’en est rien.

Donc j’y perds. Ça ne veut pas dire que j’ai eu tort. Ce que je perds ici, je le gagne sur un autre tableau. La maîtrise de ce corps est le chemin que j’ai suivi. Il m’a été d’une aide précieuse dans la tâche qui consiste à me passer de lui. C’est bien généreux de sa part.

L’occidental a une bien curieuse vision du corps. C’est le grand inconnu. Le cerveau gauche n’y comprend rien, donc l’occidental, roi du mental, n’y comprend rien non plus. Il voit le corps comme une entité distincte de lui-même, largement réfractaire à toute coopération. L’oriental est plus pragmatique. En Asie le corps est un instrument, un moyen mis à la disposition d’un être pour progresser. L’idéal du yoga est le contrôle total du corps. Les arts martiaux asiatiques témoignent de la même aspiration. Tout Breton que je sois, je suis un oriental : je guette la lumière du soleil levant.

L’Orient désigne le monde spirituel où se lève le pur soleil intelligible, et les Orientaux ceux dont la demeure intérieure reçoit les feux de cette éternelle aurore. (Henri Corbin)

Dans les rencontres, dans les rêves, dans les livres, dans chaque parfum de fleur des champs, dans la lenteur du temps qui passe, dans la vitesse du temps passé, dans tes yeux de fleur, dans l’eau de ton cœur, dans la joie d’aujourd’hui et le bonheur d’hier, à toute heure je cherche la lumière.

À l’aurore j’admire le père des splendeurs qui s’élève, radieux, dans le brouillard des champs. Midi, roi des étés, ton absence est famine où la gloire illumine une orbe à ton côté.

Et dans la paix des soirs, j’attends le jour, demain, le soleil souriant de retour à l’orient.

Le ciel de gloire

Les chrétiens proposent une alternative intéressante au corps physique. Le corps glorieux. Expression chrétienne qui désigne le corps de Jésus après sa résurrection. Ce terme théologique s’applique aussi au corps des élus après la résurrection des morts. Si le corps glorieux n’est pas physique, il est tout de même un corps. Dites, ça ressemble beaucoup au corps astral, ça. Alors ce corps glorieux est tout de même un petit peu physique. Tout comme le corps astral. Deux étiquettes pour le même flacon.

Le Credo dit : « Je crois à la résurrection de la chair« . Et l’apôtre Paul : « Le Christ transfigurera votre corps pour le faire comme son corps de gloire. » (source)Ph 3.21

Et aussi ceci  : « Leur corps, semé corps animal, ressuscitera corps spirituel. Et ils seront purs comme les anges de Dieu dans le ciel. » (source)1 Corinthiens 15 : 44 et Matthieu 22 : 30 Tout un programme qui fait envie… Bref. Le corps glorieux c’est celui de Jésus ressuscité, qui monte au ciel quarante jours après sa résurrection.

On peut y voir une abduction par des extra-terrestres, les fameux anges de son Père qui est dans les cieux. Si c’est le cas, ça n’arrange notre problème. Y a-t-il un autre corps après la mort ? Jésus l’inconnu répond carrément oui. Sans ambage, sans parabole ni langue de bois. Cash. Oui, si vous êtes élu, vous jouirez d’un corps de gloire après la résurrection. Ah d’accord ! Encore faut-il être élu. Je me doutais bien qu’il y avait un piège.

On n’a rien sans rien. Si tu es pieu comme un piquet, alors là oui, t’as des chances. Sinon passe ton chemin. Tu mourras en mourant. Et pourtant…

La gloire des corps

…Il se trouve que j’ai vécu quelque chose qui ressemble à la jouissance physique alors que j’étais en astral. J’aurais dû tilter illico, une telle preuve devait me sauter aux yeux, mais diable, la chose était si belle, tellement belle, il m’aura fallu plus d’un an pour comprendre sa portée métaphysique.

Si l’on peut connaître ce plaisir-là, éprouver ce bonheur charnel dans ce monde-ci, alors qu’on n’est pas ressuscité des morts, avec une telle intensité, une telle grandeur, un tel éclat… Alors on le vivra dans l’autre monde. « La mort n’est rien que je redoute j’y laisserai tous mes chagrins » dit le chant scout. Oui, voilà ce qu’on laisse ici-bas derrière soi. L’infinie douleur de l’apprentissage.

Mais d’un autre côté, si ma découverte n’est pas illusoire, on ne renonce à rien qui soit joie, jouissance, jouvence, jeunesse, joliesse, jubilation, justesse, jobi, joba et j’en passe. Hallucinant ! On pourrait jouir de son corps astral après la mort du corps physique ? Eh oui, mes bons amis, c’était écrit. Je viens de redécouvrir dans ma chair subtile (?) la notion chrétienne de corps glorieux. Elle parle de la réalité, l’autre réalité.

Le manteau du juste

Un corps glorieux est le manteau du juste après la mort du corps. L’âme change de véhicule. Et ça peut même se faire pendant la vie !! Pas besoin d’être chrétien, pas besoin d’être un juste, pas besoin d’être mort, pas besoin d’attendre une hypothétique résurrection.

Il y a donc transmigration, d’une certaine façon, quand l’âme / esprit passe du corps physique au corps glorieux. Et cette transmigration n’est pas réservé aux croyants chrétiens, dont je ne fais décidément pas partie. J’ai longuement évoqué mes doutes quant à l’existence historique de Jésus, rien moins qu’attestée par les sources historiques extérieures à l’église.

Alors ? transmigration ou pas ? Cette dernière question m’a titillé, j’ai repris mes recherches. Que je n’arrête jamais bien longtemps. Et ce que j’ai trouvé m’a laissé bouche bée.

Jésus ressuscité dit aux onze Apôtres : « Voici les signes qui accompagneront ceux qui deviendront croyants : en mon nom, ils chasseront les esprits mauvais ; ils parleront un langage nouveau ; ils prendront des serpents dans leurs mains, et, s’ils boivent un poison mortel, il ne leur fera pas de mal ; ils imposeront les mains aux malades, et les malades s’en trouveront bien. »

Le Seigneur Jésus, après leur avoir parlé, fut enlevé au ciel et s’assit à la droite de Dieu. »  (source)Évangile de Jésus-Christ selon saint Marc (16, 15-20) Si Dieu conduit la soucoupe volante, plaignons Jésus : il est à la place du mort. Normal, il sort d’en prendre.

Blague à part, j’hallucine à nouveau. Moi qui ne suis ni croyant, ni pratiquant, ni sympathisant d’aucune secte ou religion – c’est la même chose – j’en ai cependant tous les signes. Je chasse les esprits mauvais, je parle en langues, je ne crains pas les serpents, je suis immune, je guéris les malades par imposition des mains.

Mais je ne fais rien de tout ça au nom de Jésus, de Satan ni de quiconque. Pourquoi ça marche, dans ce cas ? Moi qui fus un enfant très chrétien, moi qui voulais entrer dans les ordres, et moi qui ai complétement changé d’avis en rencontrant de mauvais prêtres. Qui suis-je ? Que suis-je ? Un chrétien d’honneur ??? Pourquoi moi ? 

En tout cas, si j’en ai tous les signes, je suis chrétien. Nom de Jésus ou pas, la transmigration, c’est gagné pour moi. Si j’arrive à la vivre de mon vivant, puisque je fais l’amour en astral, pourquoi pas après la mort ? Dès que je suis mort pour de bon, je vous tiens au courant.

 

Beaucoup de bruit pour rien.
Willy Shakespeare