Le vajra d’Indra

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Foudre diamantine, pureté du cristal transparent, pureté de l’esprit libéré de sa gangue d’inepties, la foudre assainit l’esprit et le rend parfait comme un diamant sans défaut.

Passionnant mystère du vajra ! J’ai déjà expliqué sa légende et son utilisation dans un autre article. Ce qui m’intéresse ici, c’est de réfléchir au curieux double sens de ce mot, qui ne cesse de me questionner. 

Le mot sanskrit vajra signifie à la fois la foudre et le diamant. Voici pourquoi. La clé de cette énigme nous est donné d’emblée dans un texte obscur des manuscrits retrouvés à Nag Hammadi, intitulé « Foudre, esprit parfait » et sous-titré « le don d’Isis ».

Isis la Déesse fait don aux hommes de l’esprit parfait à condition qu’ils se soumette à son mortel baiser.

S’ils survivent, ils seront semblables aux dieux. S’ils périssent, qu’importe ? ils ne méritaient pas de vivre.

Le baiser mortel de la Déesse, vous l’avez compris, c’est la foudre. Dans les Temples d’Isis, les requérants se glissaient dans un sarcophage de pierre en attendant que l’éclair tombe sur un capteur au-dessus de leur tête, pour conduire l’influx surpuissant jusqu’à la pierre de leur caveau.

 

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Les survivants sont les élus. Quant aux blessés, on les sacrifie illico. Autres temps, autres moeurs. Il a fallu attendre Quetzalcoatl en Amérique et Ashoka en Asie pour que les sacrifices d’êtres vivants soient abolis.

Mais le sont-ils vraiment ?

 

Ce qui ne nous tue pas nous rend plus fort. (Friedrich Nietzsche)

 

On a vu à quel point les civilisations antiques étaient centrées sur l’éveil et l’esprit parfait qu’il donne aux éveillés.

On a vu comment ils ont utilisé les techniques les plus dangereuses, les plus folles aussi, pour parvenir à leurs fins. 

Ils ont pratiqué des trépanations pour titiller l’épiphyse – la glande de l’éveil, nichée au coeur de la masse cérébrale. Ils ont utilisé la foudre dans des pièges de pierres polarisées où ils captaient la puissance de l’éclair pour la transformer en boules de foudre, beaucoup moins dangereuses.

 

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Augmenter brusquement la tension du système nerveux pour déclencher la montée d’énergie de la kundalini, tel était le but recherché. Et non pas griller vif le malheureux sujet !  

Mais attention, l’influx nerveux est un courant, il a une vitesse, un débit et surtout un sens. Une brutale inversion du sens de l’influx nerveux provoque à coup sûr la mort du sujet. De nombreuses techniques, en Asie surtout, ont été élaborées en vue d’inverser l’influx nerveux. Beaucoup d’entre elles utilisaient les vertus de certaines modulations sonores, des sons vibrants, stridulants, ou qui apparaissent à l’oreille comme dédoublés voire impossibles à localiser.

Le vajra originel avait les pointes ouvertes, c’était alors un puissant émetteur sonore, un instrument de musique si l’on veut.

Mais sa musique était particulière. Elle donnait au corps le la cosmique, si je puis dire. Elle réorientait chaque électron du corps vers sa modulation de fréquence optimale, celle qui lui permet au mieux d’émettre et de recevoir les ondes cosmiques.

On l’imagine, l’usage d’un tel instrument est délicat, car sa puissance peut tuer s’il tombe dans des mains profanes.

Écoutez les mots du Rigveda: « Maintenant, je décris les faits glorieux d’Indra, qui détient Vajra. Il a tué le serpent et a fait couler les eaux. Il a brisé les cœurs des montagnes. Il a tué le serpent qui se réfugiait dans la montagne.

Tvashta a fait le Vajra pour lui. Comme les vaches qui faisaient des sons, les eaux qui coulaient atteignaient la mer. Mighty Indra a choisi Soma et a bu de trois conteneurs. La généreuse Indra a tenu Vajra à la main et a tué les premiers nés parmi les serpents. » (source)Rigveda 1.32

« Le vajra, quand il était utilisé, était projeté vers l’adversaire. Nitin Kumar, dans son article Ritual Implements in Tibetan Buddhism, nous dit:

« Comme une arme lancée, le coup de foudre indestructible a éclaté comme une boule de feu météorologique à travers les cieux, dans un tourbillon de tonnerre, de feu et de foudre ». (source)

Aussi le vajra fit-il partie des éléments de la science antique jugés néfastes pour le genre humain, et qui, à ce titre, ont été mis de côté il y a vingt-deux siècles et conservés depuis lors par les Neuf Inconnus.

C’est aussi pourquoi une légende bouddhique prétend que la Bouddha, soucieux de préserver la santé de ses contemporains, fit se rejoindre les branches du vajra qui depuis lors a perdu toute efficacité.

Dans le bouddhisme actuel, il n’est plus utilisé que comme un objet rituel, d’une portée seulement symbolique.

Les trompettes ou plutôt les trompes de Jéricho font partie de ces antiques instruments de musique que l’on n’utilisait pas seulement pour danser.  Ou alors, pour les danses de transe. Nous en possédons encore quelques-uns, comme le bol tibétain, la trompe des montagnes, le didgeridoo australien ou la guimbarde. Certains chamanes ou maîtres d’arts martiaux connaissent encore les modulations sonores émises par le gosier humain à des fins dévastatrices. Une des plus célèbres est le KWAI, le cri qui tue du karateka. Ce cri est un certain son tenu sur une certaine note et modulé par une certaine intention. 

Il y a beaucoup de paramètres à respecter si l’on veut obtenir le parfait kwai ou -pourquoi pas?- le son précis qui fait tomber les murailles de Jéricho. 

 

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Je peux d’ores et déjà vous dire qu’il s’agit d’un fa dièse. Ou d’un ré, mais quel ré ? Le son a sa largeur, sa hauteur, sa profondeur. Il a aussi sa couleur et sa texture. Le son est multidimensionnel. Reproduire un son n’est possible qu’en devenant ce son.

De là toute vraie musique devient musique de transe. Il n’y a pas de transe sans danse… même s’il y a une transcendance. Qui sait ? Pas moi.

Et si je le savais, je ne le dirais pas. Si je le disais, vous ne le croiriez pas. Et vous auriez bien raison.

Croire sans y croire, telle est la règle. Non pas règle obscure inventée par sadisme, mais règle lumineuse pour jubiler sans se rogner les ailes. Et j’y crois. Pourtant si vous me demandez mon avis, je vous dirais que je n’y crois pas.

Il existe un moyen simple, très simple, de retrouver cette gamme de sons qui guérissent. Il existe un autre moyen presque aussi simple de fabriquer, à l’aide d’un cristal et de sa lumière polarisée, un laser permettant de faire varier l’intensité de l’influx nerveux. Ces notions ont été longuement et méticuleusement étudiées des millénaires durant, elles font partie des connaissances que l’empereur Ashoka jugea dangereuses et dont il confia la charge secrète aux Neuf Inconnus

 

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Imaginez le casse-tête : il me faut raconter à votre tête des histoires qui ne la concernent pas. Pire : qui la menacent. Seulement je n’ai pas le choix.

S’il y avait un moyen de s’adresser chez vous à quelqu’un d’autre que votre tête, vous pensez bien que je m’en servirais. D’ailleurs j’essaie d’y parvenir, du mieux que je peux, avec les images.

Distraire votre tête gourmande, lui donner un os à ronger pour que vous et moi, sans elle et sa foutue censure, on puisse avoir un vrai échange, à coeur ouvert.

Ces choses-là sont bien oubliées, pourtant elles pourront nous sauver demain.

Qui sait ? Bientôt les armées feront le siège de vos villes, bientôt les murailles tomberont au son vertigineux des trompettes. Et qui soufflera dans le didgeridoo ?

 

 Chaque vie est un conte de fées écrit par la main de Dieu.
Hans Christian Andersen