Le Kalevala et la Genèse

 

Le Kalevala est une épopée aux sources lointaines, seule son écriture est récente. Le Dr Elias Lönnrot l’a rédigé au 19e siècle sur la base de poésies populaires de la mythologie finnoise qui se sont transmises oralement depuis des lustres.

Charles Perrault et les frères Grimm ont fait de même pour les merveilleux contes de fées qu’ils ont fixés par écrit. Pour cette raison, je considère le Kalevala et même les Contes de la Mère l’Oie à l’égal de mythologies plus anciennes, comme le Ramayana, le Popol Vuh, le Tao Tö King ou la Bible.

Considéré comme l’épopée nationale finlandaise, le Kalevala est le fleuron de la littérature finnoise. (source)  Son vaste contenu dépasse largement le cadre d’un article. Je veux m’intéresser ici à l’origine de tout, au grand commencement. Cet épisode nous est conté dans la Bible sous le nom de Genèse. Tirée du Kalevala, voici l’histoire telle que des générations de conteurs l’ont transmise.

« Au début, il y a seulement l’Eau et le Ciel. Et le Ciel a une fille nommée Ilmatar. Un jour, cherchant une place où se reposer, Ilmatar descend dans les eaux. Elle y nage pendant 700 années et y remarque un bel oiseau aussi à la recherche d’une place où se reposer. Ilmatar lève son genou vers l’oiseau afin qu’il puisse se poser, ce qu’il fait. L’oiseau y dépose alors six œufs d’or et l’un en fer. Alors que l’oiseau incube ses œufs, le genou d’Ilmatar chauffe de plus en plus jusqu’à ce que la brûlure la fasse réagir en secouant son genou. Ce mouvement déplace les œufs qui tombent et se brisent dans les eaux. La terre est formée de la partie inférieure de l’un des œufs et le ciel de la partie supérieure. Les blancs d’œufs deviennent la lune et les étoiles et le jaune forment le soleil.

Ilmatar passe plusieurs centaines d’années à flotter dans les eaux admirant le résultat de ces œufs brisés jusqu’à ce qu’elle ne puisse plus résister à l’urgence de se développer pour continuer la création. Ses traces de pas deviennent des piscines pour les poissons et par un simple geste elle crée les contours des pays. De cette façon, elle a créé tout ce qui existe. Puis un jour, elle donne naissance à Väinämöinen, le premier homme dont le père est la mer. Väinämöinen nage jusqu’à rejoindre une terre mais, celle-ci étant stérile, il demande l’aide du Grand Ours céleste. Un garçon nommé Sampsa Pellervoinen lui est alors envoyé et celui-ci sème la flore sur la terre. » (source)

Toutes les mythologies, toutes les légendes surprennent d’abord par la magie impossible dont elles témoignent. Le Kalevala ne fait pas exception. Sans s’arrêter à cette première impression, le mythologue voit scintiller des gemmes et des pépites dans la gangue minérale improbable qui les tient emprisonnées. C’est à ce travail de découvreur que je vous convie, chers amis lecteurs. 

« Au début, il y a seulement l’Eau et le Ciel, » ainsi commence le Kalevala. A peu de choses près, c’est le début de la Genèse biblique : « Au commencement El créa le ciel et la terre. La terre n’était que désordre et chaos. » Mais la suite diffère. Tandis que pour la Bible, le dieu-déesse El et sa fratrie les Elohim aménagent la planète sauvage pour la rendre habitable, dans le Kalevala c’est une femme, Ilmatar, qui débute les travaux. Sans grand effort. Il lui suffit de tendre un genou pour que l’oiseau-venu-d’ailleurs y dépose ses oeufs.

Le Kalevala ne dit pas d’où vient cet oiseau, mais il vole au-dessus de l’eau qui recouvre toute la terre. Dans l’oiseau, on reconnaît l’engin volant qui apporte les dieux venus du ciel. La Genèse biblique dit la même chose :« L’Esprit de Dieu planait à la surface des eaux. » Rien n’empêche d’y voir un engin volant nommé l’Esprit de Dieu, à l’instar de l’avion de Lindberg qui s’appelait The Spirit Of Saint Louis, l’Esprit de Saint Louis.

 

 

Et dans les oeufs que pond l’oiseau, on reconnaît les germes humanoïdes dans les couveuses qui furent le premier moyen de peupler cette planète. Le caractère technologique des couveuses est suggéré par l’oeuf en fer : les terraformeurs n’étaient-ils pas les maîtres du métal ? Les géants de la première humanité, qu’on appelle les Cyclopes, n’étaient-ils pas des maîtres forgerons ?

Le Kalevala évoque la terraformation de notre planète avec une grande économie de mots et de moyens : Ilmatar n’a qu’à marcher pour créer des lacs et des mers, elle n’a qu’à vouloir pour que se dessine la forme des continents. Cette facilité rend compte de celle des terraformeurs, aidés par une technologie ultra performante et des ouvriers gigantesques qui ne l’étaient pas moins.

Quant à l’origine céleste des terraformeurs, c’est le Fils qui la donne : ils viennent de la Grande Ourse. Le fils, c’est à dire Adam, ou le Christ. En Väinämöinen s’incarnent les deux principes, comme s’incarnent dans Manou l’archétype d’Adam et celui de Noé. Le Grand Ours qu’il invoque doit absolument lui fournir des graines, car la terre est stérile. Stérile, vraiment ? Précision que ne donne pas la Bible : « Elie dit : je veux que la terre se couvre de végétation, que viennent des plantes à graines, et des arbres fruitiers de toutes les espèces, couverts des plus beaux fruits. » 

On pourrait croire que la planète portait déjà en elle toutes les graines nécessaires à la flore que nous connaissons. Le Kalevala est plus précis : la terre était stérile. Les graines sont venues de la Grande Ourse à bord de navettes subluminiques. Mais voilà, la Bible ne le dit pas, c’est dommage, ça aurait empêché nos chers spécialistes de gamberger à des graines venues toutes seules à travers l’espace vide. Bande de ringards ! L’espace n’est vide que pour des yeux vides.

A l’époque, l’espace était trop plein. Une gigantesque étoile brillait de tous ses feux à une grande proximité du pôle nord. La masse énorme de cet astre artificiel occupait tout le ciel du nord, et sa lumière était éblouissante. Sans compter les navettes, qui rejoignaient le sol terrestre sur des plates-formes comme l’astroport de Baalbek. Sans compter les vols spatiaux subluminiques qui reliaient le vaisseau-mère à la mère patrie, quelque part dans la Grande Ourse. Et qui revenaient chargés du nécessaire, comme les graines ou tout autre support génétique.

On le voit, la tradition finnoise ne se démarque pas des autres. Elle se prête aussi bien qu’elles à mes délires. On peut donc la reconnaître sans hésiter pour du haut antique authentique. Et on va finir par y croire, à l’autre histoire. Tout concorde. Le code est partout le même, la matrice est tout le temps sensible. Pourtant il y a des nuances, des petits détails qui divergent. Et même des gros.

La principale différence tient dans le sexe d’Ilmatar. A l’origine, selon le Kalevala, il n’y avait qu’une femme sur terre. La Bible nous dit le contraire : que l’homme est venu d’abord. C’est faux. La Bible chrétienne a censuré Lilith, la première femme. Le Kalevala en conserve la mémoire. Une, ou des femmes ? Ilmatar serait un nom collectif, comme les Elohim ? J’ai tendance à le croire. Ilmatar évoque la Grande Déesse, et l’interminable règne du matriarcat, puisqu’au départ, et durant des millénaires, il n’y eut que des femmes sur terre. Durant des millénaires, comme je le crois — ou durant 700 ans, comme l’indique le Kalevala ? La reproduction était assurée par la génétique et les couveuses, les humaines créées par les dieux/déesses reptiliens leur servant surtout de jouets sexuels.

 

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Ilmatar, dont le nom se décompose aisément en il, qui correspond au el biblique, et matar, qui évoque étroitement le mot latin mater, qui a donné mère, mais aussi matière. Il ou El, tel est le nom du premier visiteur. Sur ce point, de très nombreuses traditions se recoupent. Mais la mythologie finnoise précise qu’il s’agit d’une femme, et j’applaudis cette vérité. Oui, ce sont surtout des femmes qui sont venues du ciel.

Sumer parle du dieu Anu. Les Tuatha d’Irlande appelaient leur déesse Danaan. Anu, c’est Ana des Tuatha (d)Ana-Ahn, Anna l’ancêtre qui devient Anne dans la tradition celtique, la même Anne que l’église catholique ajoutera vite fait aux récits évangéliques pour rassurer les fidèles de la Vieille Religion.

Ilmatar est la mère, elle est même la seule terre, puisque l’oiseau ne trouve nul autre endroit sec où pondre à part son genou. En bon français son nom devrait s’écrire Ellemater. Elle ma Terre. Avec tous ces mythes qui racontent la même histoire, les plus sceptiques de mes lecteurs finiront par la tenir pour vraie. Un grand pas sera fait pour s’extraire du Mensonge.

Vous ne me croyez pas ? Laissez-moi deviner : vous êtes archéologue. Vos semblables, ces pros de l’aventure humaine, seront les derniers à percevoir sa lumière qui éblouit déjà le reste des humains.

La guerre à la drogue ne peut pas être gagnée car c’est une guerre contre la nature humaine.
Keith Morris