L’orchestre de Saïs

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« Le premier temple égyptien fut construit à Saïs il y a 16.000 ans Cette date est exacte, car il fut érigé par Thoth au début de l’histoire d’Egypte, fait qui est confirmé par une tablette découverte par Schliemann en Crète, sur laquelle on peut lire :

« Les premiers Egyptiens étaient des Atlantes dirigés par Thoth, dieu de l’Histoire. Ils s’installèrent sur les rives du Nil à Saïs où ils construisirent leur premier temple. » (source)James Churchward, L’univers secret de Mu

Ces lignes sont écrites par Churchward. Qu’on appelle aussi le Colonel, et qui est le père de la théorie de Mu, continent englouti dans l’océan Pacifique. Il a consacré plusieurs ouvrages à ce continent qu’il appelle la Mère Patrie. 

Dans le petit monde des aventuriers du passé lointain, le Colonel James Churchward est incontournable. Avec Thor Heyerdahl, Robert Charroux ou Frederick Mitchell-Hedges, Churchward fait partie des pionniers de l’archéologie new look, lorsque des explorateurs non-universitaires mais très médiatisés se prenaient pour Indiana Jones, qui d’ailleurs n’était pas encore inventé.

Sans doute l’un d’entre eux lui a-t-il servi de modèle ? Non, puisque Spielberg prétend avoir imité Tintin, mais oui, le petit reporter franco-belge.

S’il y a un pionnier de la nouvelle archéologie digne d’inspirer le personnage d’Indiana Jones, c’est Heinrich Schliemann. Découvreur ô combien romantique du site de Troie, il a parcouru les collines turques avec son exemplaire de l’Illiade à la main, il s’en est servi pour reconstituer la bataille sur le terrain.

Schliemann a fait plusieurs fois le tour d’une colline tout comme Achille autour de Troie, et ses fouilles ont révélé pas moins de sept villes bâties les unes au-dessus des autres. Il en a conclu que Troie était la quatrième, moi je veux bien, vive Indiana Jones.

Or le colonel Churchward nous apprend que son fils, Paul Schliemann a fait d’incroyables découvertes lors de ses fouilles à Saïs, en Egypte. Il nous les raconte lui-même.

« Nous avons creusé le sol pendant cinq mois pour découvrir les ruines de l’ancien temple de Saïs, en Egypte. Entre autres choses intéressantes, nous avons mis à jour une chambre funéraire des célébrités musicales de l’époque. Dans une catacombe de la 3e dynastie, nous avons trouvé une collection tout à fait insolite d’instruments de musique.

Elle contenait aussi un papyrus qui n’a pas encore été déchiffré, mais j’ai l’impression qu’il est rédigé dans une langue musicale égyptienne qui nous est inconnue. Une inscription en hiéroglyphes dit que les instruments de musique appartenaient à l’orchestre du temple de Saïs et qu’ils furent utilisés pour les cérémonies du couronnement du pharaon Amenemhat I.

Ces instruments imitent, par exemple, le mugissement du vent, des vagues de la mer, le chant de certains oiseaux et diverses voix mystérieuses. (…) S’y trouve une énorme trompette de bois qui produit le son du lion rugissant, tandis que leur flûte lance les sons les plus doux qu’il m’ait été donné d’entendre. Elle a un timbre envoûtant, magique, même si l’on n’en joue qu’une seule note.

(…) Ces instruments sont en bois ou en porcelaine. Il n’y a qu’un seul cuivre, ou métal semblable. Les cordes de leurs harpes sont faites d’un matériau totalement inconnu de nos jours. Elles sont extrêmement fines et résistantes, et ressemblent à du fil d’argent. Il y en a d’autres qui ont été filées avec des cheveux longs pris sur la tête d’une beauté de l’époque.

Pour exécuter le majestueux cantique au soleil, il ne fallait pas moins de soixante-quinze musiciens et quatre-vingts choristes. L’instrument qui semble le plus important produit un son creux, monotone, tout à fait envoûtant. Cet instrument est formé d’un crâne humain creusé pour évoquer la gorge de quelque monstre surnaturel.

Il est évident que cet instrument avait un registre de sons incalculable, il jouait dans l’orchestre un rôle unique. Une inscription sur le plus petit os nous dit qu’il pouvait produire non seulement le son d’autres instruments mais aussi celui de la voix humaine. On l’appelait la gorge morte. » (source)Paul Schliemann, cité par James Churchward,  L’univers secret de Mu

 

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Oui, cet instrument-là avait un rôle particulier, celui du soliste. Ou plus précisément du maestro, du meneur de transe. Car on a reconnu les instruments de transe musicale, avec la douceur de cette flûte et les mugissements du vent. L’auteur signale des instruments à vent et à cordes, mais il ne nous dit rien des percussions. Or il devait y en avoir dans un orchestre de ce type.

J’entends distinctement le son de cette gorge morte. Il s’apparente à la mélopée profonde du didgeridoo. Plus musical toutefois, d’un registre infiniment plus étendu, il peut produire des grondements telluriques qui font vibrer le sol sous les pieds des danseurs, ou exhaler une plainte dont la suavité fait fondre mon coeur de pierre.

Loué soit Schliemann pour cette découverte, essentielle pour les ethnomusicologues, les sonologistes, les tapeurs de patte et autres amateurs de transes planantes. Je vois les danses qui vont avec. Splendides. Comme Jean-Paul Sartre et Bigard, je me méfie de la transe sans danse. Ils ont raison dans leur délire. On les oubliera d’autant plus vite.

Qui se souvient encore de nos maîtres ? Qui se souvient des dieux d’avant ? A Churchward, à Schliemann, Charroux, Von Daniken, Heyerdahl, à tous les pionniers de l’archéo-rêve, je tire mon chapeau à colombes. Ils ont vu juste, ils ont déchiré un coin du voile d’Isis, maintenant on n’a plus qu’à tirer pour la foutre à poil.

Isis, vierge païenne, vierge et mère génétique, mère et femme d’Horus, fille et femme d’Osiris, grande éveillée, maîtresse de la foudre, généticienne hors pair, amante alchimique, dernière des Matriarches.

Et Schliemann de conclure avec brio : « Les Egyptiens apportèrent la culture de l’Atlantide à leur colonie du bord du Nil. J’ai trouvé au cours de mes diverses fouilles que plus l’Egypte est ancienne, plus elle est cultivée. La nation a tout simplement dégénéré après la disparition de l’Atlantide. » (source)Paul Schliemann, cité par James Churchward,  L’univers secret de Mu

Je n’aurais pas mieux dit. Platon ajouterait que l’Atlantide a disparu il y a 12.500 ans. L’Egypte n’a cessé de décliner depuis cette date. Comme tout le reste de la planète, comme nos ambitions, comme notre force, comme nos talents, comme nos pouvoirs.

Comme nous, mes doux lapins.

 

Le hasard n’existe pas. Tout ce qui arrive est voulu.
Bouddha