
Très tôt j’ai compris que ce qu’on nous enseignait dans les manuels avait un côté provincial, sans imagination, qui manquait d’air, a écrit . Ce savant pas comme les autres m’a toujours plu. Couronné de succès dans ses nombreuses reconversions, il est toujours resté fidèle à lui même et qui mieux est, sans jamais se prendre au sérieux — signe majeur du génie. Il a presque tout compris : son seul oubli, les ondes scalaires…
Sa vie
Né le 13 juillet 1932 à Montréal et mort le 13 octobre 2023 à Paris 13e, cet astrophysicien franco-canadien d’origine québécoise fut aussi un vulgarisateur scientifique limpide et passionnant. Ses deux ouvrages majeurs sont Poussière d’étoiles et Patience dans l’azur.
Inscrit à la Faculté des sciences de l’Université de Montréal, il obtient une licence de physique (1953), puis présente, à l’Université McGill, un mémoire de maîtrise intitulé Formation of Positronium in Hydrogen and Helium (1955). Il poursuit ses études en astrophysique nucléaire à l’Université Cornell. En 1960, il soutient sa thèse de doctorat, intitulée Thermonuclear Reaction Involving Medium Light Nuclei. Il commence sa carrière de chercheur en astrophysique.
À partir des années 1970, il pratique avec succès la vulgarisation scientifique. Partageant son temps entre la France et le Québec, Reeves devient militant écologiste au début des années 2000.
Sa grande clarté d’esprit et sa modestie plus grande encore méritent bien que soit humblement salué cet honnête homme. (en lire davantage).

Ses livres
Poussière d’étoiles
On m’a dit : tu n’es que cendres et poussière. On a oublié de me dire qu’il s’agissait de poussière d’étoiles.
Ce livre voudrait être une ode à l’Univers. J’ai tenté de rendre hommage à sa splendeur et son intelligibilité,
d’exprimer à la fois sa créativité et sa richesse.
J’ai voulu donner à contempler. Et à comprendre.
Très tôt j’ai compris que ce qu’on nous enseignait dans les manuels
avait un côté provincial, sans imagination, qui manquait d’air.
Patience dans l’azur
Patience, patience,
Patience dans l’azur !
Chaque atome de silence
Est la chance d’un fruit mûr !
Paul Valéry, étendu sur le sable chaud d’une lagune, regarde le ciel. Dans son champ de vision, des palmiers se balancent mollement, mûrissant leurs fruits. Il est à l’écoute du temps qui sourdement fait son œuvre. Cette écoute, on peut l’appliquer à l’univers. Au fil du temps se déroule la gestation cosmique. À chaque seconde, l’univers prépare quelque chose. Il monte lentement les marches de la complexité.
Dans quelques décennies, nous ne serons plus, mais nos atomes existeront toujours, poursuivant ailleurs l’élaboration du monde.
Si la nuit n’était pas noire, il n’y aurait personne pour s’en rendre compte.
Notre univers s’étend comme gonfle dans le four un pudding aux raisins, dans un espace qu’il crée lui-même.
L’univers est une machine à faire de la conscience.
À l’échelle astronomique, la lumière progresse à pas de tortue. Les nouvelles qu’elle nous apporte ne sont plus fraîches du tout !
En science comme ailleurs, l’inertie intellectuelle, la mode, le poids des institutions et l’autoritarisme sont toujours à craindre.

Citations
Reeves a tout compris
Le drame de l’existence humaine est de devoir renoncer un jour à être dans la lumière.
Les hérésies jouent un rôle essentiel. Elles tiennent les esprits en état d’alerte.
Estimer correctement son degré d’ignorance est une étape saine et nécessaire.
La question n’est pas de savoir si Dieu existe ou non. Mais plutôt : qui est-Il, et à quoi joue-t-Il ?
Devenir adulte, c’est reconnaître, sans trop souffrir, que le Père Noël n’existe pas.
C’est apprendre à vivre dans le doute et l’incertitude.
Devenir adulte, c’est développer, au travers des expériences,
sa propre philosophie, sa propre morale. Éviter le prêt-à-penser.
Toute philosophie est indissociable du monde émotif duquel elle émerge.
Son intérêt vient du fait qu’elle témoigne d’une expérience humaine,
d’une rencontre d’un monde intérieur avec le monde extérieur.
Les choses sont ce qu’elles sont parce qu’elles étaient ce qu’elles étaient…
Personne ne sait comment sont exactement les choses quand on ne les regarde pas.
Les nombres ont-ils un mode d’existence en dehors de la tête de celui qui les pense ?
Pour tirer le meilleur parti des connaissances acquises, pour en extraire toute la richesse,
il importe de ne pas s’y habituer trop vite, de se laisser le temps de la surprise et de l’étonnement.
Comme la femme enceinte ne sait pas ce que son ventre prépare,
nous ignorons quelles merveilles peuvent encore surgir du développement de la complexité cosmique.
Reeves a tout décrit
L’homme est un accident de parcours, dans un cosmos vide et froid. Il est un enfant du hasard.
Observer, c’est perturber.
L’Espace prend la forme de mon regard
Regarder “loin”, c’est regarder “tôt”.
Actuellement, l’homme mène une guerre contre la nature. S’il gagne, il est perdu.
L’homme est fou. Il adore un Dieu invisible et détruit une nature visible,
inconscient que la Nature qu’il détruit est le Dieu qu’il vénère.
Les mots « espèces nuisibles » et « mauvaises herbes » ne sont que le reflet d’un préjugé séculairement ancré,
selon lequel les plantes et les animaux sont là pour nous servir ou nous réjouir,
et que nous avons sur eux un droit discrétionnaire.
Ces mots sont la traduction directe de notre égocentrisme (ou anthropocentrisme),
de notre ignorance et de notre étroitesse d’esprit.
Les animaux considérés comme nuisibles ne le sont que par nous,
et il en est de même des herbes prétendues mauvaises.
En réalité, nous ne sommes qu’une espèce parmi tant d’autres.
Quand nous malmenons une espèce, nous nous malmenons nous-mêmes.
Pour explorer le champ des possibles, le bricolage est la méthode la plus efficace.

Reeves a tout déduit
Si la nuit n’était pas noire, il n’y aurait personne pour s’en rendre compte.
Les hérésies jouent un rôle essentiel. Elles tiennent les esprits en état d’alerte.
Estimer correctement son degré d’ignorance est une étape saine et nécessaire.
Les nombres ont-ils un mode d’existence en dehors de la tête de celui qui les pense ?
Distinguer le “raisonnable” et le “rationnel”. Le premier inclut l’intuition et l’affectif.
Le second n’implique qu’un déroulement correct du processus logique.
Reeves a tout induit
Qui serait assez téméraire pour affirmer que nous connaissons et percevons toutes les forces,
toutes les ondes et tous les moyens de communications ?
Notre univers s’étend comme gonfle dans le four un pudding aux raisins, dans un espace qu’il crée lui-même.
En science comme ailleurs, l’inertie intellectuelle, la mode,
le poids des institutions et l’autoritarisme sont toujours à craindre.
Pour tirer le meilleur parti des connaissances acquises, pour en extraire toute la richesse,
importe de ne pas s’y habituer trop vite, de se laisser le temps de la surprise et de l’étonnement.
La science moderne est un admirable monument qui fait honneur à l’espèce humaine
et qui compense (un peu) l’immensité de sa bêtise guerrière.
À l’échelle cosmique, l’eau liquide est plus rare que l’or.
Des catastrophes « arrivent ». Puis, elles « sont arrivées ». Et on passe à autre chose.

Ami Hubert
Ses yeux bleu pâle
Percent l’opale.
Son regard troue la nuit.
Son esprit d’or
Est mirador.
Son esprit voit la vie.
Ses mots subtils
D’où les tient-ils ?
Son discours fait envie.
Cosmologie
- Reeves a tout compris
- L’œuf de Planck
- L’univers hologramme
- Les ondes cosmiques
- Sagittaire A*
- Réalités multiples
- Les mondes branaires
- Cinq mondes possibles
- Big Bang, Trous Noirs
- Les parois du Bocal


