Big Bang, Trous Noirs

 

L’Homme l’a vécu, conçu, réalisé. Le Big Bang est une œuvre humaine. Je vois des humains qui assistent au Big Bang. Ils nous ressemblent comme des frères — en plus grands sans doute. Je crois que ces grands êtres qui nous ressemblent sont les auteurs du Big Bang. Ils regardent à travers une surface transparente et de l’autre côté il y a… le Big Bang !! Boum badaboum, v’là l’univers qui déboule !!

 

Univers fécond

Ces humains pourraient être à l’origine de tout le bazar. L’univers qu’ils ont créé est un organisme vivant. À l’image de leurs créateurs humains, il est né, il vit, il mourra. L’univers est comme nous tous. Juste un peu plus grand…

Ces gars-là ont imaginé et réalisé un univers auto-reproducteur. Voici comment. Les trous noirs débouchent sur des fontaines blanches.  Elles donnent sur un autre univers qui se crée à mesure avec ce qu’elles expulsent. Sort à jet continu. Ce nouvel univers jaillit par chaque trou noir peut ainsi créer d’autres univers qui se reproduisent à leur tour grâce aux fontaines blanches. Ainsi se forme le multivers.

Le cycle est perpétuel. Notre univers est fécond. Un nouvel univers émerge à chaque instant. Et l’instant peut durer un siècle ou une nanoseconde. C’est selon. Les trous noirs absorbent toute la matière qui entre dans leur sphère d’attraction. Ils absorbent aussi la lumière. On peut même y ajouter les âmes des défunts, toutes espèces confondues. C’est du moins ce que croient les guerriers du nagual.

Un guerrier traite le monde comme un mystère infini, et ce que les gens font comme une folie sans bornes. (Carlos Castaneda)

 

Chacun des univers ainsi créé peut se reproduire de la même façon, injectant matière, lumière et conscience dans d’autres univers fœtus. En grandissant, ces derniers se reproduisent à leur tour. La vie est un processus pérenne, inextinguible. Un phénomène universel, ou pour mieux dire, multiversel.

 

 

Fontaines blanches

Un trou blanc, aussi appelé fontaine blanche, est un objet théorique susceptible d’exister au sens où il peut être décrit par les lois de la relativité générale, mais dont l’existence dans l’Univers est considérée comme hautement spéculative. (source)

Les astrophysiciens connaissent bien les trous noirs, et depuis longtemps. Pourtant ils n’ont jamais pu observer de fontaine blanche. Ce qui ne signifie pas qu’elles n’existent pas. L’absence de preuve n’est pas la preuve de l’absence. Disons que si elles existent, elles sont bien cachées. Il se pourrait que notre univers n’en comporte pas parce qu’il est le premier. Il serait alors l’univers mère à partir duquel tous les autres se créent.

Nous sommes ici sur le terrain des hypothèses. L’astrophysique reste réservée, l’unanimité des chercheurs n’est pas atteinte, loin de là. En tant que voyant, j’accepte volontiers cette hypothèse comme base de réflexion, et je laisse mon imagination s’en emparer.

Délire ? Oui, certainement. Mais dé-lire dans le sens de « sortir du lire« . Refuser le credo de l’imprimé qui s’est imposé au 19e siècle, ère du positivisme et du triomphe de la raison. De nos jours, il exerce encore son diktat sur bien des gens, à tort ou à raison. Mais plutôt à tort…

 

L’œuf et la poule

J’ai vu qu’à l’origine de tout, il y a un groupe de chercheurs qui s’affairent dans un labo. Il se peut que ces chercheurs mesurent 7000km de haut. Allez savoir ! Il se peut qu’ils soient plus grands que le multivers lui-même. Quelque soit leur taille, ils n’en sont pas moins humains.

S’il s’agit vraiment de l’origine de tout, d’où sortent ces chercheurs en blouses blanches ? Et leur labo, qui l’a conçu pour eux ? Que l’homme accède au statut de créateur divin par leur intermédiaire, l’idée m’enchante. Mais eux-mêmes, qui sont-ils, d’où sortent-ils ? Qui les a créés ? Se sont-ils faits tout seuls ?

 

 

On retombe à pieds joints sur la plus vieille histoire des origines : qui est venu en premier ? L’œuf ou la poule ? Faut-il croire que tout ce cycle vertigineux dans la durée comme dans l’étendue est un principe incréé ? Doit-on conclure qu’il en a toujours été ainsi ? Qui peut se contenter de l’hypothèse shivaïte, celle de la danse de Shiva ?

 

La danse de Shiva

Une tradition hindoue dit que Shiva, le dieu créateur universel, est en train de danser. Tant qu’il danse, tout va bien, pas de danger. Mais sitôt que sa danse finira, l’univers s’écroulera. Le tantrisme a une version plus crue : Shiva danse et ça le fait jouir. Il éjacule, et l’univers se crée et se développe. Et l’univers s’écroulera à la dernière goutte de l’éjaculat. Dans un cas comme dans l’autre, ça nous laisse peu de chances. Rien ne dépend de nous, minuscules et insignifiants que nous sommes.

Attendez ? Si Shiva était un des géants à notre image qui ont déclenché le big bang ? Pour ce que ça change… Nous sommes irrémédiablement soumis à l’arbitraire d’un surhomme tout-puissant. Pour le triomphe des religions qui l’ont toujours dit

Shiva s’arrête, l’univers meurt. L’univers d’accord, on sait qu’il est mortel. Mais le multivers ? Disparaît-il aussi ? Les enfants ne meurent pas quand le père disparaît. Les autres univers peuvent très bien survivre à la disparition de l’un d’entre eux. En définitive, ce conte nous dit que l’univers est mortel. Rien de nouveau sous les étoiles. Les astrophysiciens ont un nom pour ce phénomène final : Big Crunch, le contraire du big bang. Mais le conte shivaïte ne se prononce pas sur le sort des autres univers — tous ceux que notre univers crée par ses innombrables trous noirs.

 

Big Crunch

En cosmologie, le Big Crunch ou effondrement terminal est un des possibles destins de l’Univers. Il désigne l’effondrement de l’Univers, c’est-à-dire une phase de contraction faisant suite à la phase d’expansion. C’est donc en quelque sorte un « Big Bang à l’envers ». (source)

On a tout fait, on va tout défaire. Ici-bas c’est déjà commencé.

 

 

La solution qui permettrait d’échapper au Big Crunch est évidente sur le papier : il faudrait gagner un autre univers qui ne sera peut-être pas affecté par la disparition de celui-ci. Comment changer d’univers ? Facile, il suffit de passer par un trou noir. Tiens, tiens ?

On retrouve au bout du conte la sagesse du nagualisme. Passer par le trou noir autour duquel gravite la Voie Lactée, c’est selon eux ce qui nous attend tous autant que nous sommes. Humains, animaux, minéraux, gaz, plantes, lumière, conscience, tout y passe. Et c’est nécessaire : il faut de tout pour faire un monde.

 

Au bout du conte

J’espère que cette promenade au-delà de nos limites humaines vous a diverti. Tout ce que je vous raconte est issu de mes propres rêveries. Vous pouvez rire, hausser les épaules ou admirer mon imagination. Je n’y crois pas.

Personne n’imagine jamais rien : on se contente d’emprunter ce qui a existé déjà dans les interminables rayonnages des annales akashiques. Y sont stockées toutes les infos, toutes les aventures, toutes les histoires de tous les mondes. Pour les connaître, il suffit de s’y rendre en rêve.

 

Vol astral

Le rêve est la porte de l’éveil, c’est ce que les Loups Volants expérimentent en ce moment même. Toutes les nuits, jusqu’au 24 janvier, ils vont explorer l’infini par la voie astrale, celle du rêve. Ils y trouveront réponses à leurs questions, ou questions à leur réponses.

Ils y découvriront qu’ils n’avaient d’eux-mêmes qu’une vision partielle — et partiale. Leur véritable nature et le sens de leur existence leur échappaient totalement. Pourquoi s’en étonner ?

La vie à l’état de veille est la partie émergée de l’iceberg que nous sommes. Si on plonge en astral pour le découvrir, il se peut qu’on se découvre d’autres vies qui se déroulent en même temps que celle-ci, mais sur d’autres plans. En astral.

 

 

Il est encore temps de t’inscrire.

 

Comme une comète flamboyante, j’ai parcouru les nuits infinies, les espaces interstellaires de l’imagination, de la volupté et de la peur.
Antonio Tabucchi