Le mystère le plus grand

Le plus grand mystère est en toi. N’en doute pas. Ne le crois pas, et pourtant sois-en sûr. Mobilise l’énergie pour quitter ton armure et sortir de ta forteresse. Elles t’empêchent de vivre.

Contrairement à ce que tu crois, l’excès de protection menace ta survie. Tu es prisonnier de toi-même. Et tu ne cherches pas la sortie. Ou tu la cherches dans la mauvaise direction.

C’est la grande découverte que j’ai pu faire lors des dernières Rencontres d’Erquy. S’enfermer frileusement à l’intérieur de soi n’est pas vivre. La vie est risque. Le guerrier doit vaincre son premier ennemi : la peur.

Se connaître soi-même… Oui, c’est un bon départ. Mais atteint-on jamais la ligne d’arrivée ?

Moi, je me connais bien, dit-il dans le silence.

Assis sur le volcan tu contemples l’aurore. La mer est aux lointains couleur pourpre et nacrée, on y voit des dauphins et d’autres cétacés s’élancer, c’est assez balaise à mater. Je ne veux pas troubler la belle qualité de silence qui nous enveloppe. Je m’adresse à lui sans ouvrir la bouche. « Tu te connais dis-tu, connais-tu ton aurore ?  Ton zénith ? Ton déclin ? Peux-tu descendre en toi ?

En moi ? Ouah l’autre ! Bien sûr que je peux. Je me connais comme moi-même ! Ouaf ! Je peux descendre quand je veux. Jusqu’où ? Jusqu’au bout. Quand tu veux je te montre. Là maintenant ? D’accord. Regarde.

Nous n’avons échangé aucune phrase, aucun mot. Je me suis servi de la perception directe, qu’on appelle improprement la transmission de pensée. Il a tout compris, sa réaction en témoigne.

Et alors là, chapeau le camelot, il se désape grande classe, trottine tel un félin vers le plongeoir, le grand, l’autel le plus haut. Et il plonge.

Des caméras sous-marines suivent sa course effrénée vers les profondeurs de lui-même. Il semble que rien ne puisse le ralentir. Les eaux d’un bleu lumineux se parent d’émeraude et d’ultramarine.

Plus il s’enfonce, plus l’obscurité gagne du terrain. Dans l’ombre naissante se meuvent les fantômes de ses terreurs enfantines. Il les ignore, magique, cambré tout entier dans son plongeon, monolithique, superbe.

La nuit des grandes profondeurs cache la descente irrésistible de l’explorateur de lui-même. Que voit-il dans tout ce noir ? Rien. Que tchi. Keud. Nib. Il n’y voit que du feu.

Seuls les enfants du feu comprennent le bleu. (Carl Sandburg)

Riche comme tu l’es, tu peux mieux faire. Sers-toi de toutes tes ressources. Les as-tu seulement recensées ? 80 % de ta puissance est inutile, inutilisée. L’essentiel de ton énergie disponible est immobilisée, mobilisée par des tâches contre-productives.

Rich as you are! You received so many precious gifts, some will surprise you when you find out. They’re all in you. All are you. Why not using them frankly? Don’t be so shy. The most beautiful fruit are waiting for your mouth. Go and pick them all. (trado)Riche comme tu l’es ! Tu as reçu de nombreux dons précieux, certains te surprendront quand tu les trouveras. Ils sont tous en toi. Ils sont toi. Pourquoi ne pas t’en servir franchement ? Ne sois pas timide. Les plus beaux fruits attendent ta bouche. Va les cueillir tous.

Sois fier de ce que tu es. C’est tout ce que tu as, et tu ne connais pas ta richesse.

Comment puiser à pleines mains dans ton trésor intérieur ? Mobilise toute ton énergie en l’économisant, afin qu’elle ne te fasse pas défaut au moment opportun.

Sois avare d’énergie pour toi-même. L’énergie dépensée pour toi seul t’épuise et ne se renouvelle pas.

Sois généreux pour autrui. Donne de l’amour, donne la fleur de ton cœur, elle est inépuisable. Tout ce que tu donnes te remplit de joie. Tout ce que tu reçois te vide de haine. L’équilibre réside dans le partage. Nos corps sont des forums, des hubs, des vases communicants.

Ne te ferme pas aux influences extérieures; elles te nourrissent. Ferme-toi aux effluves externes, elles te polluent. Équilibre dans le déséquilibre. Le monde vacille, en suivant le mouvement, tu le compenseras. Crois-le sans y croire. Au guerrier il est demandé tout et son contraire.

L’étudiant s’interroge. Comment concilier les opposés ? On ne peut pas. Donc le mental disjoncte, dépassé par les événements. Sans mental, la tête est vide, les pensées ne sont plus, les images non plus. Tu redeviens la cire vierge telle qu’avant le sceau d’infamie.

As-tu remarqué combien l’énergie d’un petit enfant semble inépuisable ? Elle s’épuisera pourtant avant ses vingt ans. Ton passé est une mine qu’il t’appartient d’explorer en creusant tes propres galeries à l’intérieur de toi-même.

Il ne tient qu’à toi de la récupérer, car elle est toujours là, quelque part en toi. Éveille-toi. Va libérer les réserves d’énergie bloquées depuis l’enfance dans ton inconscient – c’est à dire dans ton corps.

Se connaître, c’est augmenter sa puissance. Il en faut pour gagner la liberté totale. Tu as besoin de toute ton énergie disponible. Les bulles d’énergie gelées dans tes profondeurs inconscientes protègent des secrets d’enfance que tu te caches à toi-même. En terme d’énergie, ce faux luxe te coûte très cher.

Ces bulles secrètes distordent ton schéma énergétique. La circulation du vril est ralentie. Certains de tes chakras tournent à vide – ou ne tournent pas du tout. Ils s’arrêtent, ils repartent, comme le cœur épuisé d’un mourant. Tout ça peut être réparé. Il y a deux routes.

Cultive l’impeccabilité. Sois tendu vers ton but, quel qu’il soit. Fuis les pensées négatives, les circonstances troubles et les personnes hostiles. Garde-toi pourtant de stigmatiser quiconque. Saches que la négativité commence en toi. Accepte ta part de ténèbres.

FIAT LUX
Que la lumière soit

Que serait la lumière sans les ténèbres ? Le jour sans la nuit ? La montagne sans vallée ? Où que tu ailles, qui que tu sois, n’oublie pas ta vraie nature. Souviens-toi que tu es cela.

Tat Twam Asi
Tu Es Cela

Changer tout pour une vie qui vaille le coup. Changer tout, changer tout, changer tout.
Michel Jonasz