L’effet de voûte

L’effet de voûte si prenant dans les cryptes romanes se retrouve aussi dans beaucoup d’autres lieux bien antérieurs : les grottes préhistoriques, les grottes creusées plus récentes, les abris sous roche, les temples troglodytes comme Petra en Jordanievoir l’image précédente procurent les mêmes sensations proches de la transe. Cet effet quasi magique se retrouve dans le terme envoûtement, qui vient justement du mot voûte.

Depuis l’aube des temps, les humains ont recherché les grottes. Non pour y vivre, mais pour en recevoir les bienfaits énergétiques et sonores. Pas plus que les dolmens ou les abris sous roche, les grottes n’ont servi d’habitation. Ce sont des temples, des lieux de méditation ornés de pétroglyphes ou de peintures rupestres, comme les grottes préhistoriques de France et d’Espagne.

Des grottes sonores

Mais elles possèdent une autre qualité remarquable. De récentes recherches en acoustique ont montré que la plupart des grottes peintes, Lascaux, Altamira, Chauvet, Niaux, Pech Merle et d’autres à travers le monde présentent d’indéniables qualités sonores. Ces qualités ont été sciemment recherchées par les néolithiques. Elles proviennent d’un aménagement, et ne sont en aucun cas l’œuvre de la nature.

« C’est à la fois par passion et par hasard que je me suis intéressé à l’acoustique des grottes ornées. Bien que professeur dans un département de philosophie, je suis aussi spécialiste de l’art et de la musique antiques. A ce titre, j’ai travaillé à la résonance des édifices, en particulier celle du chant chrétien antique dans les chapelles romanes. C’est pourquoi en 1983, à l’occasion d’une visite de la grotte préhistorique du Portel en Ariège, je me suis mis très naturellement à y faire des sons. J’ai alors constaté que certaines salles résonnaient peu alors que d’autres avaient une acoustique excellente, particulièrement celles qui étaient peintes. Je me suis alors interrogé sur le rapport entre la qualité sonore des grottes et l’emplacement des peintures.

«Dans les douze sites majeurs que j’ai étudiés depuis, et en l’absence de modifications géophysiques importantes par rapport à l’époque paléolithique, j’ai relevé une coïncidence entre l’acoustique des salles et l’emplacement des peintures. Si grande qu’elle ne peut être accidentelle. A l’évidence, les hommes du paléolithique choisissaient les endroits les plus sonores pour peindre. Dans la grotte de Niaux en Ariège, le Salon Noir, cette rotonde remplie de peintures d’animaux, résonne comme une chapelle romane ! Dernièrement, j’ai étudié la grotte Kapova, dans l’Oural, en Russie. De simples « hmm » dans des niches très décorées font gronder l’ensemble de la grotte. Dans d’autres sites, le nombre d’images augmente d’une salle à l’autre avec le nombre d’échos… » (source)Olivier Rescanière, Pourquoi les grottes ornées résonnent-elles si bien ? (voir l’article complet)

Les néolithiques utilisaient ces grottes comme lieux de méditation ou de transe musicale. Elles sont non des refuges, mais des temples. Ainsi en Inde, les grottes Barabar sont non seulement remarquablement polies et belles mais aussi permettent d’améliorer tous les sons à l’intérieur des grottes. (source) Elles ont été creusées de main d’homme – quand je dis de main, je devrais plutôt dire de laser tant le poli et la finition en sont impressionnants. Il est indiscutable à mon sens que les bâtisseurs de ces grottes cherchaient cet admirable effet acoustique que l’on peut encore entendre de nos jours.

Le plus curieux dans ces grottes acoustiques réside dans le savoir-faire des bâtisseurs et/ou des utilisateurs. Les connaissances acoustiques spécifiques mises en œuvre dans ces réalisations remontent aussi bien à la préhistoire qu’à des époques beaucoup plus récentes. Comment expliquer qu’elles soient si répandues dans l’espace et dans le temps ? Ce savoir-faire résulterait-il d’une initiation ? 

Un mystérieux savoir-faire

C’est sur ce point précis que je veux mettre l’accent ici : l’étrange permanence d’un savoir-faire que malgré toute notre science, nous semblons avoir oublié. A la Chaise-Dieu, en Auvergne, se trouve une abbaye bénédictine qui a donné son nom à la ville. Fondée en 1043 – la grande époque de la construction sacrée – on y trouve une pièce carrée nommée la salle des échos. Si l’on s’un tient dans un des coins, on entend le plus petit murmure émis dans le coin opposé. Il y a plus fort. Si quatre personnes occupent simultanément les quatre coins, chacun entendra les chuchotements émis dans le coin opposé, mais pas du tout ceux des deux autres coins. J’ai expérimenté la chose quand j’étais adolescent, j’avoue que ça m’a marqué.

« Une pierre volcanique, la phonolite, transmet très bien les sons : les voûtes en phonolithe de la salle de l’écho de l’abbaye de la Chaise-Dieu permettaient de confesser les lépreux à 8-10 mètres de distance. Pour les curieux, c’est toujours une expérience étonnante : un chuchotement est parfaitement audible dans l’angle diamétralement opposé. » (source)

Je doute que la phonolite suffise à créer cet effet. Un milliardaire étasunien a voulu reproduire cet effet à domicile. Il a fait exécuter un relevé très précis de la salle des échos, s’est procuré de la phonolite et fait réaliser la construction par des compagnons du Tour de France. La salle semblait conforme, mais l’écho n’a jamais été au rendez-vous. Un savoir-faire, indiscutablement, s’est perdu.

Selon moi, il s’agit du principal savoir-faire de la construction sacrée, l’utilisation des pierres polarisées. Pour faire comprendre ce dont il s’agit, je dois entrer dans le cœur de métier des tailleurs et des maçons de pierre médiévaux.

Lit et délit 

« Les pierres sont taillées suivant leur lit, cela signifie que dans la carrière où elles se font formées au cours des époques de formation de la Terre, et pour les calcaires, les dépôts successifs obtenus par sédimentation se trouvent toujours dans une situation horizontale, par rapport au sol. On va donc tailler la pierre de telle façon que les lits successifs vont se retrouver horizontalement dans la construction, afin de présenter une meilleure résistance à la compression. Un compagnon qui taillerait une pierre de telle façon que le lit de la pierre se trouverait placé verticalement, serait chassé du métier pour avoir « taillé en délit », obligeant le maçon montant le mur à « placer en délit ». De là l’expression « commettre un délit ».  (source)Les secrets des bâtisseurs, de Maurice Vieux, p171

C’est aussi pourquoi on dit d’une pierre qui s’use et perd ses strates qu’elle se délite. L’explication de M. Vieux est tout à fait exacte, mais incomplète. Il y a une autre façon pour le maçon de placer en délit, et elle n’a rien à voir avec la résistance des matériaux. Le délit dont parle M. Vieux ne s’applique qu’aux roches friables, comme le calcaire. Celui dont je veux vous parler s’appliquer, lui, aux roches les plus dures qui ne risquent pas de s’effriter.

Il faut savoir que la construction dite sacrée, pour les cathédrales gothiques, les églises romanes et autres édifices religieux, est un phénomène localisé dans le temps. Il a duré un peu plus de deux siècles, de l’an mille à la chute de l’ordre du temple au 13e siècle. L’esprit s’est incarné à cette période en Europe, comme il semble s’être incarné ailleurs à d’autres époques. Citons celle de la construction des cités des cimes dans les Andes, ou celle des cités de l’Indus en Inde, ou encore celle de la construction d’Angkor et de son réseau hydrologique.

Est-ce l’esprit qui s’est incarné, ou bien des êtres supérieurs qui nous auraient donné un coup de main ? Des voyageurs des étoiles, par exemple ? Les fameux terraformeurs dont ce site se fait abondamment l’écho ? J’ai ma petite idée sur la question, je prépare d’ailleurs un article à ce sujet, article qui, je n’en doute pas, va faire du bruit dans le Landerneau des alien-allergiques. Tant pis pour eux. Et tant pis pour moi, qui vais encore essuyer leurs foudres !

Ce n’est pas parce qu’ils sont nombreux à avoir tort qu’ils ont raison. (Coluche)

Je vais mon train, et sans me faire de peine de rien, je vais mon train, dit la chanson.

La construction sacrée médiévale repose sur un principe ignoré, celui de la polarisation alternée. Les pierres sont polarisées naturellement, c’est à dire qu’elles se souviennent dans la de la position qu’elles occupaient dans la roche mère avant d’en être extraite par les carriers. Quand je dis qu’elles se souviennent, c’est une image. Disons que ces données sont engramméesenregistrées dans la pierre. Aussi peut-on dire que les pierres se souviennent, elles enregistrent des images qu’elles peuvent restituer aux sensitifs. Cette qualité est utilisée par nos technologies modernes, avec le cristal notamment.

Cristal ta structure intime organise la lumière. Cristal clavicule tu ouvres la mémoire du monde. Cristal clairvoyant tu vaux mille fois l’or. (Lao Surlam)

Ainsi chaque bloc possède un zénith positif et un nadir négatif. Pour faire simple, la face qui regardait le ciel est chargée positivement, tandis que celle qui regardait la terre est chargée négativement. La construction sacrée tient compte de ces polarités. Après avoir posé un lit où toutes les faces supérieures sont positives, le maçon posera un autre lit où les faces inférieures seront positives. La polarisation alternée consiste à rapprocher les faces positives des faces positives, et les faces négatives des faces négatives.

Le résultat est prodigieux sur le plan géobiologique, c’est pourquoi on se sent si bien dans les cryptes et les églises romanes, tout comme dans les églises et les cathédrales gothiques. Voir à ce sujet mon article intitulé le printemps des cathédrales.

Mais il y a beaucoup d’autres bénéfices inhérents à ce type de construction. L’écho, notamment. Une acoustique exceptionnelle. Comme dans la salle des échos de la Chaise-Dieu…

Si vous voulez en savoir davantage sur ces principes, j’organise des stages pour vous apprendre à sentir la polarisation des pierres. Contactez-moi en précisant le type de stage qui vous intéresse, car j’en organise beaucoup d’autres.

 

Le verbe aimer est difficile à conjuguer : son passé n’est pas simple, son présent n’est qu’indicatif, et son futur est toujours conditionnel. 
Jean Cocteau