Spirales

 

Spirale Première

Sur les sentiers de haute solitude
Va le guerrier bardé d’incertitude
Cri vrillant la nuit

Il bave au jeu du volte-monde
Ombre parmi les tombes
Il a chaud l’escargot

Elle anime elle oriente
Et son vide est élan
Elle écaille elle arbitre
Et son cours est troublant

 

Spirale 2

Notre génération a dû rompre
S’opposer aux lois parentales
Nous avons infléchi la course
Et pour des raisons comparables
Nos enfants vont rompre à nouveau

Nos parents n’étaient plus tuteurs
Nous ne serons pas les auteurs
Du nouveau monde qu’on voit poindre
Nos enfants n’ont pas à nous suivre
La spirale a monté d’un cran

Sans désir sans fin sans rancune
Aucun d’eux ne peut plus rejoindre
La troupe en rang
Et s’ils renient le bon apôtre
À qui la faute ?

D’un empan la marche est plus haute
Leur solution n’est plus la nôtre
Mais nos victoires ne font qu’une

 

 

Spirale 3

Ami
Tourne la vie
À ton avis
Qui te dévie ?
Ma mie
Que je t’envie !

 

Spirale divine

Sur le parvis
D’une immense ordalie
Allah s’allie
À Yahveh fils d’Élie
Jésus relit
Son évangile au lit
Guili
Fait Madeleine
Pleine
Du fruit de son chéri
Qui rit
Et la monte à l’envi
C’est la vie
Et le vit
Que Dieu vit
Fit envie
À Lévi

 

 

Spirale 4

Le tortillon des vers de vase
Les lueurs aux ciels de Van Gogh
Les escarboucles des girolles

La spirale d’incarnation
La montée d’une incantation

Forme pure ordre inné
À l’appétit d’un ogre avide
La répartition spontanée
Des particules dans le vide

À l’absolu nul n’est tenu
Toth est venu
Sur l’avenue
Tout est velu
Au contingent tout évolue

 

Spirale suivante

Mirage
Et la bévue
S’arrête au cœur de ton corsage
La rage
D’exhiber tes fruits défendus
Troublant ma vue
Visitant ta jupe fendue
Mal défendue

Spirale orale
Plus nue que nue
Ô râle
Du moribond dans l’inconnu

 

Spirale suivie

Aime oie
Un mois
Fais-moi
Deux mois
D’émoi
Dame Oie
Se noie

 

 

Spirale vitale

Un membre de l’orchestre
Est entré dans ton cul
Chantez lutins agrestes
Au lutrin des cocus

Quand j’écris j’utilise
Surtout mon inconscient
Conscient je déverrouille
La valise
Je me grise
De mots venus d’ail heure
Dérouilleurs

 

Spirale ressort pour le confort

De brume et d’onde
La fronde
La folie dévergonde
Débonde
Et gronde
La foule immonde
Émue par la faconde
D’une élue de Gironde
Ronde et gironde
Qui fonde
Nos amours rubicondes
Les blondes
Qui nous ouvraient leur monde
Au fil de l’onde

 

Spi râle

Cheminées du zine
Magma maximal
Café Mélusine
Ou Torah du mal

 

 

Oui. T’auras du mal.

 

L’humanisme du 18e siècle a défini l’être humain de façon beaucoup trop restrictive : il l’a défini comme être pensant au lieu d’être vivant.
Claude Lévi-Strauss