La sagesse de Lama

 

Après avoir conquis la moitié du monde, de l’Europe jusqu’à l’Inde et même au-delà, Rama se transforma en pacificateur et en instructeur. A moins qu’il ne l’ait toujours été. On dit qu’il se battit très peu.

Il est intéressant de noter que le vaste périple qu’il entreprit avec son armée à travers l’orient, depuis la Palestine jusqu’en Inde puis jusqu’au Tibet, est devenu par la suite l’itinéraire du Lama, gigantesque pèlerinage que bien des hommes pieux ont suivi à l’imitation du grand Rama, père de toute sainteté. Même Jésus est supposé avoir suivi ce pèlerinage, puisque, aux dires de certains, le Christ aurait fini sa vie terrestre en Inde et puis au Tibet, tout comme son illustre prédécesseur Ramos, dit Ram, dit Rama. (source)

A partir de son installation en Inde, on donne au grand Ram les qualificatifs attribués à son frère Cuchulainn, qui sous le nom de Kukulkan ou Quetzalcoatl pacifia les Amériques et apporta aux indigènes l’instruction, les sciences et techniques, tout comme le fit Rama dans son vaste empire indo-européen.

Rama répandit les usages et la religion d’Atlantide, il favorisa la recherche de l’éveil par la foudre ou par d’autres moyens. « Son système fédératif donna à cette immense portion du monde deux mille ans de paix druidique. Cela tient en deux mots : fédération et arbitrage. » (source) Cela tient aussi à la science sacrée des Atlantes, comme le partage de la société en quatre collèges ou castes, qui fut longtemps la règle au Tibet comme en Irlande, en Egypte et en Méso-Amérique : toutes les terres qui ont gardé l’héritage atlante.

Ce système des quatre collèges, appelé quadripartition fonctionnelle, sera balayée par la triade celtique et la tripartition qui s’ensuivit, et que Georges Dumézil a cru éternelle. En Inde, le système initial des quatre castes vient aussi de Rama, mais ce système a été gauchi au fil du temps par la multiplication des castes et des sous-castes, il est aujourd’hui plus un handicap qu’un facteur d’équilibre.

Le nouveau culte de Rama se développa en un ensemble de pratiques qui donneront naissance à l’Hindouisme et au Lamaïsme qui fut le Bouddhisme primitif, tandis que le Shivaïsme primordial, pratiqué par les premiers occupants Dravidiens, se trouvait relégué au second plan. Ce phénomène hélas est inévitable. Toute nouvelle religion efface la précédente, et pour imposer sa suprématie, elle transforme les dieux d’avant en démons. Le cas se retrouve à toutes les époques.

Ainsi le Judaïsme a détrôné l’ancien culte babylonien dans lequel le principal administrateur de la Terre, appelé Saddam, est devenu Satan, prince de la matière et principal démon.  Les Dravidiens noirs ne purent éviter cette déchéance et leur dieu unique Shiva, créateur de toutes choses, est devenu un des dieux secondaires de la nouvelle religion, un dieu destructeur, farouche et volontiers porté sur les armes de destruction massive. Rama eut toutefois la sagesse de ne pas transformer tout à fait Shiva en démon. Shiva devint le troisième dieu, certes dangereux, associé aux dieux du panthéon hyperboréen, Vichnou et Brahma.

Ainsi grâce à la sagesse de Rama, le Shivaïsme a toujours droit de cité en Inde, où sa pratique côtoie celle des Hindouïstes héritiers du culte hyperboréen. En Europe, les curés chrétiens n’ont pas eu la même tolérance envers la Vieille Religion des Hyperboréens.

 

 

A l’instar de Salomon, autre grand roi qui se réclamait de lui, Rama se servit moins des armes que de son charme. Sa conquête fut surtout celle des coeurs.

« Le prestige et la sagesse de Rama firent plus que les armes  pour confédérer ces vastes territoires aux populations disparates. Finalement, il établit sa capitale à Oudh (Ayodhyâ), délégua ses pouvoirs à un chef temporel assisté d’un conseil de druides, et se retira au Tibet, dont il fit le premier pays neutre de l’Histoire. Il y prit le titre religieux de Lama. » (source)

Ou bien ce titre fut-il formé à partir de son nom, ce qui peut s’expliquer. Dans la prononciation indienne, la différence entre le R et le L est imperceptible. Les Indiens ont tendance à rouler le R, qui sonne tout à fait comme un L européen. Ainsi Rama put aisément devenir Lama. Notons aussi que dans la prononciation indienne, Rama se prononce Ram, le dernier a ne se prononce pas. Ainsi psalmodie-t-on « Hare Krishna hare Ram ». Toujours est-il qu’il imprima durablement son empreinte sur le Toit du monde.

 

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Son exemple de méditant et ses pouvoirs, au sens chamanique ou druidique du terme, ont exercé une profonde influence sur le peuple des cimes, déjà frottés de magie et de coutumes hyperboréennes dans un lointain passé. Cette renaissance spirituelle fit éclore une sorte de secte de magiciens, les Böns, opposés au culte de Lama,et farouches défenseurs des pratiques ancestrales. Les magiciens Böns furent tolérés par Lama qui les traita avec respect, non sans les avoir remis à leur place grâce à sa propre magie.

Ainsi Lama le sage initia une nouvelle pratique religieuse, le Lamaïsme, encore pratiquée. Le piquant de l’affaire, c’est que le Lamaïsme est considéré comme le Bouddhisme tibétain. Or Lama a fondé le Lamaïsme plusieurs millénaires avant la naissance de Bouddha. Cette apparente contradiction est simple à résoudre. Quand le Bouddhisme s’est répandu, il a si bien épousé le Lamaïsme qu’il a pris la place du fondateur, et Lama est devenu Bouddha. Mais la religion, disons plutôt la pratique spirituelle, est restée la même. 

Les religions passent, les temples demeurent. Mais le nom de Rama n’a pas été perdu, puisque les Hindous l’honorent encore et que les religieux du Tibet portent encore le titre de Lama, sans savoir d’où il vient.

 

L’ignorance n’est point le manque de savoir, mais le manque de connaissance de soi ; sans connaissance de soi il n’est point d’intelligence.
Jiddu Krishnamurti